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De plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer l'empreinte énergétique du numérique, que la 5G accentuera encore davantage. Partagez-vous ce constat ? Les réseaux mobiles jouent un rôle de plus en plus important dans nos vies. Toutes les prédictions vont dans ce sens. On estime que d'ici à 2025, l'utilisateur moyen consommera 1 GB de données mobiles par jour, soit plus de 30 GB par mois. La consommation électrique des réseaux mobiles suscite de vives inquiétudes, en particulier compte tenu du fait qu'ils auront une capacité beaucoup plus grande et transmettront des données à des vitesses bien plus rapides via la 5G. Mais les réseaux sont déjà en cours de développement et nous prévoyons que, pour la même couverture géographique, la consommation électrique globale des réseaux 5G sera généralement au même niveau que celle de la 4G, tout en fournissant au moins dix fois plus de capacité. La consommation d'énergie par bit de 5G représente à peine 10 % de l'équivalent en 4G. En d'autres termes, 90 % de la puissance par bit est économisée. Mais 2G, 3G et 4G continuent à fonctionner en parallèle. Collectivement, l'empreinte énergétique de toutes ces générations de réseaux s'alourdit... Oui, mais la 2G et la 3G seront progressivement supprimées à mesure que la 5G sera introduite. Cela ne peut toutefois pas être fait du jour au lendemain. Une certaine coexistence se produira encore dans les années à venir. L'utilisation des données continue de croître et, à ce titre, nous recommandons que cette croissance se produise principalement sur les réseaux 5G plutôt que sur les générations précédentes de réseaux mobiles. Quelles garanties technologiques pouvez-vous apporter pour réduire ou neutraliser la consommation des ressources indispensables aux services numériques ? Nous avons bien conscience de la nécessité de prendre des mesures en ce sens. En premier lieu, Huawei utilise des puces 5G hautement intégrées, ce qui réduit le nombre de composants et la consommation d'énergie des modules. Ensuite, via l'intelligence artificielle, nous réduisons la consommation électrique des équipements de réseaux sans fil de 10 à 15 %, sans que cela ne pénalise les performances. Au niveau de nos hardwares, nous utilisons la technologie de dissipation de chaleur biomimétique à cette même fin. Enfin, la conception modulaire de nos stations de base entièrement extérieures ne nécessitera aucune climatisation. Nous avons ainsi réussi à réduire la consommation d'énergie par site de 20 % par rapport à la moyenne du secteur. Les utilisateurs de la 5G ne devront-ils pas, tout de même, prendre conscience de l'empreinte carbone de leur consommation et de leurs équipements connectés pour préserver les ressources ? L'ère de la 5G coïncide avec des préoccupations vitales en matière de développement durable. Plus on prend conscience du comportement durable, mieux c'est. Et, bien sûr, cela aide si nous avons des réseaux avec une empreinte écologique plus faible. D'autant que les technologies numériques permettront une réduction des empreintes carbone dans d'autres secteurs. Par exemple, les solutions de visioconférence permettront aux gens de tenir des réunions à distance plutôt que de rester coincés dans la circulation. Nous restons persuadés qu'avec l'aide du numérique, on peut faire plus avec moins. La 5G peut contribuer à rendre l'Europe plus verte, plus intelligente et plus riche, tout en économisant les ressources. Pour que la 5G verte devienne un succès européen, le politique devra reconnaître le lien qui existe entre le " vert " et le " numérique ". Ce sont deux priorités absolues dans les mois et les années à venir.