Baptisé Antoine Thomas, du nom d'un jésuite et astronome namurois du XVIIe siècle, l'observatoire de l'UNamur a été installé où le fut son ancêtre jusque dans les années 1970, en haut de la faculté des sciences, au coeur de la ville.

Outre son imposante coupole entièrement automatisée pesant près d'une tonne, il se distingue par ses équipements à la pointe: un télescope solaire de grand diamètre, un dispositif d'imagerie pour observer le ciel profond en filtrant la pollution lumineuse, ainsi qu'un télescope à fort grossissement pour admirer la Lune, les planètes et les petits objets du ciel.

Une monture de très haute précision viendra s'ajouter dans les prochains jours. De quoi permettre le suivi d'astres très fins, la recherche d'astéroïdes ou encore l'observation de satellites et de débris spatiaux. Par ailleurs, toutes les images peuvent être retransmises à distance, et notamment depuis des auditoires.

"C'est vraiment une immense chance de disposer d'un tel outil", a commenté André Füzfa, professeur d'astronomie à l'UNamur et responsable de l'observatoire. "Au-delà de ses équipements, ce qui le rend unique, c'est sa position dans le centre-ville et nous avons tout mis en place pour réduire les effets de la pollution lumineuse. On peut observer et étudier presque tout ce que l'on veut d'ici et notre offre pédagogique va pouvoir largement s'étoffer."

L'outil se destine principalement aux universitaires, élèves de primaire et de secondaire mais il est aussi accessible au grand public. Ce sera d'ailleurs le cas dès ce week-end à l'occasion des Journées du patrimoine en Wallonie.

"Seules quelques personnes peuvent être accueillies dans la coupole", a souligné M. Füzfa. "Mais avec le pilotage et la retransmission à distance, on peut imaginer beaucoup de choses. Nous envisageons déjà des duplex avec des événements comme le Kikk festival ou le Festival international nature de Namur." Les particuliers peuvent également louer les installations.

Le budget alloué à la coupole et ses équipements s'élève à environ 100.000 euros. Financé par l'UNamur et le service public de Wallonie, l'observatoire a également reçu le soutien d'un large public via une campagne de récolte de dons, qui a réuni plus de 50.000 euros. Celle-ci est d'ailleurs toujours active sur le site internet de l'université afin de développer l'offre pédagogique.