Quelles sont les origines de vos ancêtres ? A quel moment devriez-vous aller dormir ou prendre un café ? Quel est votre perception du goût ? Etiez-vous prédisposé à faire des études ? Les réponses à ces questions figurent, en partie, dans votre ADN, dans cette part d'inné propre à chaque individu, bien avant les expériences qui l'ont façonné au cours de sa vie. L'interprétation des données génétiques s'est longtemps arrêtée aux portes des laboratoires. Mais la baisse du coût des technologies ouvre progressivement l'accès de cette mine d'informations à un public bien plus large. C'e...

Quelles sont les origines de vos ancêtres ? A quel moment devriez-vous aller dormir ou prendre un café ? Quel est votre perception du goût ? Etiez-vous prédisposé à faire des études ? Les réponses à ces questions figurent, en partie, dans votre ADN, dans cette part d'inné propre à chaque individu, bien avant les expériences qui l'ont façonné au cours de sa vie. L'interprétation des données génétiques s'est longtemps arrêtée aux portes des laboratoires. Mais la baisse du coût des technologies ouvre progressivement l'accès de cette mine d'informations à un public bien plus large. C'est dans cette optique qu'une spin-off de l'ULB et de la VUB, InSilico Genomics, vient de lancer Gene Plaza, une plateforme génétique en ligne accessible à tous. Une première à l'échelle européenne. A moins de disposer déjà de ses propres données génétiques, comme c'est le cas pour quatre millions de personnes à travers le monde, chaque visiteur peut y commander un kit pour prélever son propre ADN. Les quelques millilitres de salive récoltés dans un flacon sont ensuite envoyés dans un laboratoire, où l'échantillon est analysé selon la technique du génotypage. Moins onéreuse que le séquençage, celle-ci consiste à décrypter le génome à 700 000 endroits précis. Pour le moment, le processus coûte environ 300 euros. Mais les deux développeurs de Gene Plaza, Alain Coletta et Robin Duqué, espèrent ramener le prix en dessous d'une centaine d'euros, grâce à de nouvelles technologies. Un mois plus tard, l'utilisateur peut accéder à ses données génétiques, avec la garantie explicite que celles-ci resteront anonymes et personnelles. Elles pourront lui servir tout au long de sa vie. Il reste alors à les interpréter. En se basant sur les résultats de recherches scientifiques, Gene Plaza regroupe une série d'applications dont les algorithmes permettent d'apposer la grille de lecture adéquate en fonction de l'information recherchée. Pour le moment, la plateforme en propose six. Elles portent sur le poids, le sommeil, la perception du goût, la sensibilité à la coriandre, les prédispositions au névrotisme et l'analyse des origines d'un individu. A terme, Gene Plaza proposera une gamme de plus de 100 applications. Sans investir le terrain purement médical. " Il nous semblait important de rester dans le créneau du lifestyle, pour éviter de donner l'impression que l'on pose un diagnostic ", commente Alain Coletta. L'une des priorités consistera, dans un premier temps, à répondre aux craintes légitimes que ce type de révolution peut susciter. Outre la protection de ces données privées, où devra-t-on placer le curseur entre cette quête d'objectivation et le droit à une certaine innocence ? De son côté, Alain Coletta y voit surtout une opportunité sans précédent pour la recherche, si des milliers d'utilisateurs décidaient, un jour, d'autoriser l'exploitation anonyme de leurs données génétiques à des fins scientifiques. www.geneplaza.com