Selon les auteurs d'une nouvelle étude, l'origine de l'Homme se trouverait en Europe, et non en Afrique. Les scientifiques pensent avoir une bonne raison de remettre cette croyance bien ancrée en question. Ils prétendent en effet que des empreintes découvertes sur l'île grecque de Trachilos (Crète), et qui viennent d'être datées, pourraient modifier le récit de l'évolution humaine, rapporte The Independent.
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Selon les auteurs d'une nouvelle étude, l'origine de l'Homme se trouverait en Europe, et non en Afrique. Les scientifiques pensent avoir une bonne raison de remettre cette croyance bien ancrée en question. Ils prétendent en effet que des empreintes découvertes sur l'île grecque de Trachilos (Crète), et qui viennent d'être datées, pourraient modifier le récit de l'évolution humaine, rapporte The Independent. L'histoire communément acceptée de la lignée humaine a largement été établie, et ce depuis longtemps. Des chercheurs ont en effet trouvé, au milieu du 20e siècle, des traces de nos premiers ancêtres en Afrique du Sud et de l'Est. Des découvertes ultérieures semblent indiquer que nos ancêtres sont restés isolés en Afrique pendant des millions d'années, avant de finalement déménager vers l'Europe et l'Asie. Du moins c'est ce qu'on pensait. Une empreinte, récemment datée, vient semer le trouble sur cette théorie. Selon les scientifiques, elle aurait appartenu à un être humain qui a foulé le sol crétois il y a environ 5,7 millions d'années. Les humains pourraient donc avoir voyagé et exploré d'autres continents, y compris l'Europe, bien plus tôt que ce qu'on imaginait. "Cette découverte contredit le récit établi de l'évolution humaine précoce et est susceptible de générer beaucoup de débats", déclare le Pr. Per Ahlberg, un des auteurs de l'étude. "Il reste à voir si la communauté de la recherche sur les origines humaines accepte les empreintes fossiles comme preuve concluante de la présence d'homininés pendant le Miocène en Crète". Les chercheurs ont par ailleurs examiné les caractéristiques de l'empreinte, en particulier les orteils. Ils ont constaté qu'il n'y avait pas de traces de griffes, que l'individu marchait sur deux pieds et avait un "gros orteil" qui ressortait plus fort que les autres. Tous ces détails les amènent à penser que ce pied pourrait appartenir à nos premiers ancêtres. Remettre en question un lieu commun d'une telle ampleur a bien entendu fait réagir dans la communauté scientifique. Selon Robin Crompton (université de Liverpool), qui n'a pas participé à l'étude mais a déjà analysé des empreintes d'hominidés, "il n'a quasi aucun doute qu'il s'agisse des empreintes d'un animal bipède". Cependant, il n'y a aucune certitude sur le type d'animal. Ahlberg lui-même reconnait une différence : "Il y a quelque chose de presque drôle au sujet de ce gros orteil. Sa position et sa forme sont très semblables à celle de l'humain moderne, mais il semble plus mobile". Un peu comme chez les chimpanzés, fait remarquer le New Scientist. En effet, l'empreinte pourrait appartenir à une espèce de singe, sans lien avec les hominidés, qui aurait évolué pour se tenir debout une bonne partie de son temps.