Pour concevoir leur caméra, c'est dans la nature que les Américains sont allés chercher leurs idées. Ils se sont inspirés de la structure oculaire très particulière du morpho, ce papillon aux grandes ailes bleues qui perçoit très bien les rayons infrarouges. Grâce à ces lunettes, l'ensemble des tissus atteints par le cancer pourra enfin être retiré par les médecins. Ce qui n'est pas toujours le cas actuellement : parfois, un ganglion ou une tumeur maligne échappent à la...

Pour concevoir leur caméra, c'est dans la nature que les Américains sont allés chercher leurs idées. Ils se sont inspirés de la structure oculaire très particulière du morpho, ce papillon aux grandes ailes bleues qui perçoit très bien les rayons infrarouges. Grâce à ces lunettes, l'ensemble des tissus atteints par le cancer pourra enfin être retiré par les médecins. Ce qui n'est pas toujours le cas actuellement : parfois, un ganglion ou une tumeur maligne échappent à la vigilance du chirurgien, en se cachant dans des replis de chair, attendant son heure pour frapper. Autre avantage : minimiser l'ampleur des interventions chirurgicales. En étant guidés par leurs " yeux de papillon ", les chirurgiens n'auront plus à aller " fouiller " à l'aveugle dans le corps d'un patient. Enfin, comme cette petite caméra parvient également à voir à travers la peau et les tissus humains, de nombreuses interventions inutiles (comme des biopsies) pourront être évitées : des grosseurs suspectes, diagnostiquées à tort comme de possibles tumeurs, seront innocentées avant même que le chirurgien ne s'empare de son scalpel. Testées d'abord avec succès sur des souris, ces lunettes ont ensuite passé leur épreuve du feu sur des humains, des femmes atteintes de cancer du sein : les lunettes papillon ont fait mieux que les humains, elles ont détecté des ganglions lymphatiques cancéreux que les médecins n'avaient pas remarqués. Si l'imagerie infrarouge existe déjà, elle est bien moins efficace que cette nouvelle petite caméra greffée dans ces " lunettes papillon ". En outre, les systèmes actuels sont chers et complexes à manier - ce sont souvent de très gros appareils difficiles à caser dans un bloc opératoire. Cette technologie est encore peu utilisée par les oncologues, qui préfèrent bien souvent s'appuyer sur leurs seules palpations et observations, pour détecter des tumeurs. L'irrémédiable biopsie suit. Avec le risque de ne pas faire les prélèvements aux bons endroits, et de faire inutilement souffrir le patient en le soumettant à une intervention pénible. Dernier atout de poids : le très faible coût. La fabrication d'une paire ne coûte que 200 dollars, alors que le prix de l'appareil d'imagerie infrarouge le moins cher, aux Etats-Unis, flirte avec les 20 000 dollars. Un brevet vient d'être déposé, peut-on lire dans la revue Optica, qui révèle la découverte.