Mais déjà l'avenir se profile : il y a un an, le laboratoire de médecine régénérative de Wake Forest, en Caroline du Nord, a fait sensation en imprimant une vraie oreille humaine comprenant muscles, os et cartilage. Depuis lors, la technologie a fait un immense bon en avant.
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Mais déjà l'avenir se profile : il y a un an, le laboratoire de médecine régénérative de Wake Forest, en Caroline du Nord, a fait sensation en imprimant une vraie oreille humaine comprenant muscles, os et cartilage. Depuis lors, la technologie a fait un immense bon en avant. Des chercheurs de l'université Carlos III de Madrid sont en passe d'imprimer de la peau humaine. Leur machine réussit à fabriquer les différentes couches de la peau : l'épiderme et le derme, c'est-à-dire la couche inférieure et plus épaisse, qui offre à la peau son élasticité et sa résistance. Créée à partir de cellules du patient, la " bio-encre " contenant des cellules humaines pourra ensuite être transplantée pour aider les grands brûlés, par exemple. Et sans risque de rejet, puisque cette " nouvelle peau " provient du patient lui-même. D'après la start-up BioDan, qui a conçu l'imprimante, c'est la première fois que des scientifiques réussissent à créer un organe composé entièrement de cellules vivantes, et non un tissu qui comprendrait des matériaux bioactifs. La peau artificielle imprimée reste pour le moment destinée à l'industrie pharmaceutique et cosmétique. Mais cette technologie pourrait aussi favoriser l'émergence de la médecine régénérative et individualisée dans les années à venir. En France, la start-up bordelaise Poietis vient d'annoncer qu'elle lançait une plate-forme de bio-impression à cellule unique : elle parvient à imprimer, cellule par cellule, un tissu biologique. La taille des gouttes distillées, qui n'excède pas quelques dizaines de microns, permet de positionner finement chacune d'elles afin de reproduire un motif induisant l'émergence de certaines fonctions biologiques. La bio-impression 3D permet déjà de maîtriser la forme de la peau générée. Mais la technologie bordelaise marque un changement de paradigme, selon le fondateur de Poietis Fabien Guillemot. " La grosse différence par rapport à l'impression 3D, c'est que notre matière première est vivante ; donc, quand elle vient juste d'être imprimée, il ne s'agit pas d'un produit fini, car les cellules interagissent entre elles, explique-t-il. La fabrication des tissus n'est plus conditionnée par les limites des spécifications techniques des bio-imprimantes, mais guidée par la biologie et la nécessité de contrôler l'environnement des cellules à l'échelle cellulaire. " Par Dorian Peck.