Le challenge n'était pas tant d'imprimer de la peau ou des os, en 3D. Ça, on y travaille déjà, sur Terre, depuis 2014, avec un succès certain ( la marque Loreal s'apprête d'ailleurs à déposer un brevet de peau bio-imprimée, afin de pouvoir tester ses cosmétiques, sans avoir recours à des animaux).
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Le challenge n'était pas tant d'imprimer de la peau ou des os, en 3D. Ça, on y travaille déjà, sur Terre, depuis 2014, avec un succès certain ( la marque Loreal s'apprête d'ailleurs à déposer un brevet de peau bio-imprimée, afin de pouvoir tester ses cosmétiques, sans avoir recours à des animaux). Le véritable défi - passionnant - était de parvenir à réaliser de la bio-impression dans les conditions s'apparentant à celles d'un voyage spatial au long cours. Il faut savoir que, dans des conditions optimales, la durée d'un voyage vers Mars oscille entre 180 et 258 jours : un périple pendant lequel le corps humain sera durablement plongé dans des conditions extrêmes et dangereuses, ce qui rendra brûlures (dues aux rayons cosmiques), blessures et autres fractures fréquentes, alors même que les spationautes ne pourront bien évidemment pas être rapatriés sur Terre, pour y être soignés. Une bio-encre contenant des matières végétales A l'heure où des missions humaines vers la Lune et vers Mars excitent toutes les grandes puissances mondiales, les soins médicaux dans l'espace constituent un domaine de recherche crucial. L'Agence Spatiale Européenne (ESA) vient de franchir un cap énorme, en parvenant à imprimer, en 3D, des tissus humains, en gravité moins 1G. Les tests - concluants - ont donc consisté à imprimer de la peau et des os humains... à l'envers ! Comme on ne sait pas encore recréer artificiellement un environnement à très basse gravité, sur Terre, le bras de l'imprimante a été dirigé vers le haut. Avec succès. Un résultat qui réjouit l'équipe chargée de ces fameux travaux (à l'Université Technique de Dresde - TUD, en Allemagne) qui espère que la nouvelle bio-encre (visqueuse et non fluide) qu'elle a mise au point, à partir de plasma sanguin humain, sera résolument utilisable dans l'espace : les chercheurs ont ajouté à leur encre des éléments issus de plantes et d'algues (de la méthylcellulose et de l'alginate ) que les astronautes de demain devraient (on l'espère pour eux) avoir sous la main.1M € pour envoyer 1kg vers la LuneEvidemment, quand on sait qu'envoyer un objet d'un kg vers la Lune coûte déjà +- 1 million d'euros, il va de soi que l'idée première de l'ESA (qui prévoit une mission à 100 % européenne vers la Lune, avant 2025, via un consortium privé/public, impliquant notamment la société belge Space Applications Services) est de minimiser au maximum le barda médical que les spationautes devront emporter avec eux. Ce seront donc les femmes et les hommes de l'espace eux-mêmes qui serviront de source pour y prélever plasma et cellules souches nécessaires à la fabrication de leurs propres greffons.