Il existe d'étranges légendes autour de cette civilisation. Notamment qu'il pourrait s'agir d'habitants de l'Atlantide ou qu'ils descendraient des vikings. Comme souvent, la réalité est probablement moins romantique, mais les vestiges que cette civilisation aborigène préhispanique a laissés sur cet archipel de l'atlantique restent imbibés de mystère. On ne sait ainsi toujours pas avec une absolue certitude quelle serait leur origine exacte et comment ils sont arrivés là. Certains parmi les plus éminents anthropologues se sont penchés sur les Guanches et il en ressort que la piste la plus probable est qu'il s'agisse de Berbères venus d'Afrique du Nord comme semble indiqué l'étude de matériel génétique. D'autres éléments, comme des restes d'écriture Guanche identiques à d'autres, trouvés en Libye et en Algérie, ainsi que des similitudes du vocabulaire ou du système numérique font aussi pencher la balance en ce sens.
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Il existe d'étranges légendes autour de cette civilisation. Notamment qu'il pourrait s'agir d'habitants de l'Atlantide ou qu'ils descendraient des vikings. Comme souvent, la réalité est probablement moins romantique, mais les vestiges que cette civilisation aborigène préhispanique a laissés sur cet archipel de l'atlantique restent imbibés de mystère. On ne sait ainsi toujours pas avec une absolue certitude quelle serait leur origine exacte et comment ils sont arrivés là. Certains parmi les plus éminents anthropologues se sont penchés sur les Guanches et il en ressort que la piste la plus probable est qu'il s'agisse de Berbères venus d'Afrique du Nord comme semble indiqué l'étude de matériel génétique. D'autres éléments, comme des restes d'écriture Guanche identiques à d'autres, trouvés en Libye et en Algérie, ainsi que des similitudes du vocabulaire ou du système numérique font aussi pencher la balance en ce sens. Ils seraient arrivés sur l'archipel à partir du premier siècle av. J.-C., mais certaines théories parlent d'un millénaire auparavant. On ne sait par contre pas pourquoi ces populations ont migré vers les îles. Par exemple, s'ils ont été poussés à l'exil par la persécution dans leurs terres d'origine, voire tout simplement déportés par les Romains. On ne sait pas non plus comment ils s'y sont pris, puisqu'il a été prouvé qu'ils ne possédaient pas de moyens de navigation et ne se déplaçaient pas entre les îles. Il est possible qu'ils aient été déposés là par bateau, par les Romains par exemple, avant que ceux-ci ne repartent sans eux. Certaines thèses évoquent en effet une déportation par les Romains qui auraient abandonné aux Canaries des éléments berbères rebelles avec leurs familles. Ce qui semble certain, par contre, c'est que, dès le départ, ils sont venus pour rester puisqu'ils ont amené avec eux des moutons, des chèvres, des porcs et des graines. On notera que la facilité qu'ils ont eue à s'adapter à leur nouvel environnement renforce également la piste berbère puisque ce dernier ressemble fort à celui de leurs terres d'origine.Éradiqués par des colonsLes premiers colons à débarquer sur les îles Canaries sont les Français menés par Jean de Bethencourt en 1406. Ils y auraient trouvé des indigènes au teint clair et de taille haute (comme certains Berbères NDLR), qui se désignaient eux-mêmes sous le terme de Guanches, mot qui veut dire " homme ". La population des îles devait alors compter 70 000 Guanches au total (chiffre estimé, dont près de 30 000 à Tenerife et autant à Gran Canaria). Selon certains témoignages, ils pensaient qu'ils étaient seuls au monde et se voyaient comme les seuls survivants d'une terrible catastrophe survenue plusieurs millénaires auparavant. Quand les Espagnols arrivent à leur tour aux alentours de 1470, 30.000 personnes vivaient encore dans deux royaumes distincts de Galdar et Telde. Ils ont mis 5 ans à conquérir les îles et la plupart des habitants vont être massacrés, vendus comme esclave ou mariés de force. La conquête des dernières îles ne se fit qu'en 1491 pour La Palma et en 1496 pour Tenerife. Une société complexeBien que le processus de colonisation des îles Canaries ait obligé les indigènes à renoncer à tous les aspects visibles de leur histoire en tant que groupe ethnique, à leurs connaissances sur la nature et à leurs dieux, une certaine tradition orale a persisté, tout comme certains vestiges qui révèlent une société étonnamment complexe. Si le peuple Guanche ignorait l'usage des métaux, des tissus et de la navigation, ils connaissaient en revanche l'écriture, et l'astronomie, appréciaient la poésie, disposaient d'une législation très élaborée et pratiquaient une religion aux rites compliqués. Une des particularités les plus remarquables des Guanches était leur culte aux morts. "Dès le xviiie siècle, on découvre un panthéon de choix, un véritable monument qui éclaire d'un jour nouveau l'histoire antique des rites funéraires guanches. Il s'agit d'une grotte, à l'accès difficile, dans le ravin de Herque, d'un grand volume et qui contenait des niches creusées dans la roche, si pleines de momies, nous dit le Professeur José Manuel Reverte Coma du Musée d'anthropologie médico-légale et de paléontologie de Gran Canaria, qu'on n'en compta pas moins de mille" précise Mauricette Mazel dans Les Guanches des Canaries: genèse d'un mythe identitaire. Les Guanches ont également construit une citadelle monumentale de Santa Lucia. Elle montre que cette peuplade avait des connaissances architecturales poussées. Les Guanches étaient capables de creuser de large silo haut dans la montagne pour stocker leurs réserves. Des endroits qui semblaient être surveillés comme les banques aujourd'hui. Certaines des portes du silo étaient recouvertes de symboles dont on ne connait l'existence exacte. On retrouve les mêmes peints sur les murs de caves ou l'on a aussi retrouvé des momies. Ces pétroglyphes, très souvent en forme de spirales, que les Guanches ont gravés dans les grottes pourraient être des représentations astrales, un rituel sacré, ou une écriture à déchiffrer. Ils pourraient donc avoir une portée symbolique ou tout simplement être une sorte de calendrier. De quoi faire dire à certains archéologues que cette peuplade savait comment compter le temps. Un autre lieu sacré des Guanches semble être Balos. On y a retrouvé les traces d'une ancienne écriture, mais qu'on n'est pas encore parvenu à décoder puisque très ancienne. On a probablement cessé de l'utiliser plusieurs siècles avant Jésus-Christ, dit la BBC. Elle serait même antérieure à la présence des Romains en Afrique du nord. "Des langues guanches, seuls ont été conservés quelques 700 toponymes et quelques 300 expressions, grâce auxquelles les linguistes ont pu établir, aujourd'hui avec certitude, une relation avec la langue Tamazight parlée par les Berbères et plus spécialement par les Senhadja qui habitent le Hoggar" stipule encore Mauricette Mazel dans son livre.Enfin il y a la cave de Risco Caido qui intrigue particulièrement les spécialistes, car elle semble avoir été construite en fonction de la lumière du soleil. Un rayon de lumière y passe en effet de deux jours avant l'équinoxe d'été jusqu'à celui de l'automne. On estime que cela les aidait à déterminer quand faire les récoltes. Dans la montagne Bentayga, on observe un phénomène similaire, mais pour l'équinoxe d'automne. Soit autour du 21-23 septembre. Le socle englouti de l'Atlantide ? Certaines théories, peut-être fantaisistes, pensent qu'il s'agit du socle englouti de l'Atlantide. De nombreux théoriciens se sont, en effet, accordés à affirmer que les archipels des Canaries et des Açores constituent les ultimes vestiges du continent englouti de l'Atlantide. Les terres d'abondances sont effectivement le symbole de la nature finalisée de la mythologie greco-romaine, or "tout au long des siècles, ces terres "bénies des dieux" ont été remises au goût du jour par les nombreux voyageurs et auteurs qui se sont exprimés sur les Canaries. Plus tard, dès le XVIIe siècle, le jésuite allemand Athanase Kircher (1602-1680), qui le premier cartographia l'Atlantide, avait, dans son Monde souterrain émis l'hypothèse que les Guanches pourraient être des survivants de l'épopée atlante. Au XIXe siècle, cette hypothèse a encore un fervent adepte, J.B.M. Bory de Saint Vincent qui à Paris en 1803, rédige son Essai sur les Iles Fortunées et l'antique Atlantide", précise encore Mauricette Mazel dans son article consacré au sujet. Et force est de constater qu'aujourd'hui encore la vie est plutôt douce sur les îles. A ceci près que "la logique géographique contredit l'engloutissement de l'Atlantide que nous annonce Platon. En effet, toutes les datations archéologiques de minéraux ou de fossiles, effectuées sur le littoral canarien, concluent à un vulcanisme relativement récent, sur des basaltes vieux de millions d'années, ce qui rend caduque la fameuse théorie platonicienne. La supposée civilisation dont nous parle Platon ne peut pas remonter à plus de 4 ou 5000 ans et peut difficilement avoir été témoin de ce cataclysme.", toujours selon Mazel.