Un manque d'exercice et une mauvaise condition physique apparaissent aujourd'hui comme la principale cause de décès prématurés, à tel point que certains n'hésitent pas à qualifier la sédentarité de " nouveau tabagisme ". L'obésité, de son côté, contribue au risque de cancer, de maladie cardiovasculaire et de bien d'autres problèmes de santé. Faire d'une pierre deux coups en s'attaquant simultanément à ces deux facteurs n'est pas impossible... mais cela demande un sérieux effort, car tous deux exigent de modifier profondément nos habitudes. Mieux vaut donc sans doute commencer par agir là où les effets se feront le plus clairement sentir.
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Un manque d'exercice et une mauvaise condition physique apparaissent aujourd'hui comme la principale cause de décès prématurés, à tel point que certains n'hésitent pas à qualifier la sédentarité de " nouveau tabagisme ". L'obésité, de son côté, contribue au risque de cancer, de maladie cardiovasculaire et de bien d'autres problèmes de santé. Faire d'une pierre deux coups en s'attaquant simultanément à ces deux facteurs n'est pas impossible... mais cela demande un sérieux effort, car tous deux exigent de modifier profondément nos habitudes. Mieux vaut donc sans doute commencer par agir là où les effets se feront le plus clairement sentir. L'un des moyens de trancher est d'examiner lequel de ces deux facteurs influence le plus la santé, et en particulier le risque de décès. Vues sous cet angle, les choses sont claires : le risque de mortalité prématurée est environ 2,5 fois plus élevé chez les personnes dont la condition physique est mauvaise que chez leurs homologues plus sportifs, le poids proprement dit n'ayant sur ce résultat qu'une influence négligeable. (1) Par contre, lorsque l'on considère uniquement le poids, le risque de décès prématuré augmente progressivement pour atteindre 30 % à partir d'un BMI de 30 ; en-deçà de ce seuil, le taux de mortalité des personnes en surpoids ne diffère pas significativement de celui des sujets plus minces. Quant à savoir s'il est vraiment utile de prendre des mesures, la réponse est un " oui " sans équivoque. Une amélioration substantielle de la forme physique peut en effet accroître de pas moins de 50 % les chances de vivre plus longtemps et en meilleure santé... (2) Mais pour cela, il faut vraiment " se bouger " et s'efforcer de se hisser au rang des individus les plus en forme dans sa catégorie d'âge. N'espérez donc pas de miracles d'une vague séance de course à pied de temps en temps ! Pour vous donner une idée, chaque dose supplémentaire d'énergie de repos que vous " brûlez " par l'exercice peut abaisser de 15 % votre risque de décès global et de 20 % votre risque de crise cardiaque fatale. Le conseil de la santé néerlandais a publié récemment un rapport très accessible où il souligne explicitement que bouger davantage peut induire un bénéfice considérable pour la santé. (3) Reste que perdre du poids aussi comporte évidemment une foule d'avantages, puisque cela permet d'améliorer toute une série de plaintes mais aussi, par exemple, d'abaisser les doses de médicaments nécessaires en cas de diabète de type 2. L'effet sur les crises cardiaques fatales et les décès prématurés semble, par contre, négligeable. (4) S'ajoute à cela que rares sont les personnes capables de maintenir une perte de poids dans la durée, de telle sorte que le bénéfice de santé initial a tôt fait de s'évaporer. L'exercice, lui, a d'emblée un impact bénéfique sur chaque tissu, chaque cellule et chaque système de notre organisme. Chaque séance met au travail une multitude de myocytes qui vont produire des substances dont l'effet sur notre corps est plusieurs fois supérieur à celui des médicaments, et ce sans le moindre effet secondaire ! Cette influence positive est indépendante du poids corporel et se retrouve chez chacun d'entre nous, des plus minces aux plus gros (mais cela ne veut évidemment pas dire qu'il ne faut pas éviter ou combattre le surpoids). Nombre de " minces " se rassurent probablement en se disant que leur absence de surpoids est synonyme d'absence de risques, mais bien à tort ! L'indice de masse corporelle, mieux connu sous son acronyme anglais de BMI, est en effet une valeur très trompeuse lorsqu'il s'agit d'évaluer les risques de santé associés à un excès de graisse corporelle. De plus en plus de données indiquent aujourd'hui que nombre de sujets de poids normal ont malgré tout une masse musculaire limitée et, surtout, beaucoup trop de tissu adipeux (5). Cela ne se remarque pas de l'extérieur, mais cette graisse invisible perturbe tout autant leur métabolisme que la graisse apparente. La minceur n'offre donc aucune garantie en soi : les vrais piliers d'une bonne santé, ce sont les muscles ! TEXTE JAN ETIENNE