Dans l'enquête Bodytalk Vaccins2018, nous nous sommes basés sur un questionnaire de l'Organisation mondiale de la santé, mis à disposition pour évaluer les connaissances et les avis sur les vaccins. Nous avons adapté les questions au contexte belge, puis recruté six experts indépendants en vaccination : trois en Flandre et trois de la Communauté Française, tous soit affiliés à une université, soit impliqués dans les programmes de vaccination des autorités belges. Ils ont jeté un regard critique sur les questions et ont fait part de leurs suggestions.
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Dans l'enquête Bodytalk Vaccins2018, nous nous sommes basés sur un questionnaire de l'Organisation mondiale de la santé, mis à disposition pour évaluer les connaissances et les avis sur les vaccins. Nous avons adapté les questions au contexte belge, puis recruté six experts indépendants en vaccination : trois en Flandre et trois de la Communauté Française, tous soit affiliés à une université, soit impliqués dans les programmes de vaccination des autorités belges. Ils ont jeté un regard critique sur les questions et ont fait part de leurs suggestions. Après avoir été adaptée, l'enquête a été présentée au groupe de travail " Vaccination " de l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS). Ensuite, " Vaccins2018 " a été mis en ligne sur les sites d'informations du Vif et du Knack, avec une campagne de promotion dans divers magazines. Pour la réalisation de cette enquête, nous avons pu compter sur une " subvention restreinte " de la société pharmaceutique GSK : cela signifie qu'elle n'a pris en charge que les coûts de réalisation de cette enquête, sans interférence ni ingérence dans le questionnaire ou l'analyse. C'était notre condition sine qua non pour réaliser cette enquête. Malgré un questionnaire détaillé et relativement long, nous avons pu compter sur un grand nombre de répondants et nous les en remercions vivement. 20 entrées pour le parc animalier de Pairi Daiza leur ont été offertes en guise de remerciement. Plus de 90 % des personnes interrogées connaissaient toutes les maladies contre lesquelles il existe un vaccin. Le moins connu est le HPV : 81 % seulement connaissent le HPV, malgré la précision ajoutée de " cause principale du cancer du col de l'utérus ". Plus le niveau d'instruction des répondants augmente, plus ils connaissent l'existence des maladies contre lesquelles une vaccination existe. Lorsqu'on a demandé aux personnes qui connaissaient les maladies à quel point elles sont dangereuses, les trois suivantes sont sorties du lot : 1) la méningite 2) la polio 3) le HPV Notons que les jeunes répondants évoquent plus souvent les maladies moins dangereuses contre lesquelles un vaccin existe. Les trois maladies considérées comment les moins dangereuses sont : 1) la grippe 2) les oreillons 3) la rougeole L'utilité des vaccins ne fait guère de doute : la plupart d'entre eux sont considérés comme utiles, dans différentes mesures. Les trois vaccins les plus cités comme utiles sont ceux contre la méningite, la polio et le tétanos. Les vaccins contre le pneumocoque, la grippe et le rotavirus sont considérés comme moins utiles. Une petite minorité, soit 2,9 % des répondants francophones et 2 % des répondants néerlandophones, ne trouve aucun vaccin utile. Davantage de répondants néerlandophones (93,9%) trouvent que la vaccination contre le HPV est utile par rapport aux Francophones (69%). En général, les répondants sont plus conscients des avantages des vaccins que des inconvénients. Parmi les répondants : 84,6 % ne connaissent personne qui a souffert d'effets secondaires graves après la vaccination. 49,7 % connaissent quelqu'un qui a refusé un vaccin. 33,7 % connaissent quelqu'un qui est tombé malade parce qu'il/elle n'était pas vacciné(e) contre cette maladie. 39,6 % connaissent quelqu'un qui est tombé malade malgré la vaccination contre cette maladie. 18,9 % connaissent quelqu'un qui a refusé un vaccin pour des raisons culturelles/religieuses. 52 % des répondants n'ont pas été vaccinés contre la grippe au cours des 5 dernières années : plus les Francophones (64,6%) que les Néerlandophones (45,3%). En toute logique, les personnes plus âgées sont plus nombreuses à recevoir ce vaccin chaque année que les jeunes (50 % des plus de 65 ans). Nous avons demandé aux personnes sondées ce qu'elles estimaient être important pour la santé des enfants. Elles devaient donner un score à l'alimentation saine, l'activité en extérieur, le sport et le jeu, la consommation de fruits, la vaccination, le lavage régulier des mains et les vitamines. La très grande majorité considère que manger sain, avoir une activité en extérieur, pratiquer un sport et jouer, manger des fruits et se laver les mains régulièrement sont importants. Seulement 39 % estiment que les vitamines sont importantes pour les enfants. 92 % des personnes interrogées considèrent que la vaccination est importante pour les enfants (89,6 % des Francophones, 95,5 % des Néerlandophones). Dans le classement, elle se situe entre la consommation de fruits (98%) et le lavage régulier des mains (91%). Les personnes les plus âgées accordent plus d'importance à la vaccination pour les enfants que les plus jeunes répondants (68,4 % la trouve " très importante ", contre 55,2%). Lorsqu'ils l'ont fait, c'était pour refuser un vaccin contre : 1) le HPV 2) la grippe 3) le rotavirus 4) la rougeole 10 % des mamans francophones et 22 % des mamans flamandes qui ont été enceintes durant les 5 années précédentes ont reçu un vaccin contre la coqueluche. De part et d'autre de la frontière linguistiques, elles étaient 15 % à avoir reçu un vaccin contre la grippe durant leur grossesse. Les répondants qui auraient un bébé aujourd'hui affirment généralement qu'ils feraient administrer les vaccins recommandés à leur enfant. En particulier les Flamands qui ont pleine confiance en la vaccination. Parmi les répondants francophones, le taux de confiance est également élevé, mais ils précisent plus souvent qu'ils s'informeraient avant de faire faire le vaccin. Ce sont surtout les jeunes parents qui disent qu'ils s'informeraient de manière approfondie avant la vaccination. Une minorité affirme qu'elle attendrait d'avoir les informations pour prendre sa décision de faire vacciner ou non son enfant. 4 % des répondants francophones et 3 % des néerlandophones ne feraient plus vacciner leurs enfants. Il ressort clairement que la vaccination fait plus débat côté francophone qu'en Flandre. 42,2 % des répondants francophones ont déjà entendu des informations négatives sur la vaccination ou les vaccins, contre 24 % des Flamands. Mais la même conclusion vaut pour les informations positives, qui ont atteint davantage les Francophones (68,7%) que les Flamands (51,1%). Il est clair qu'en Flandre, le débat n'est pas aussi virulent. L'influence de la France, où ce dernier est parfois très revendicatif, doit jouer dans la partie francophone du pays. Le trio de tête des sources d'informations sur la vaccination les plus utilisées sont : 1) Les professionnels de la santé (médecins, pharmaciens, infirmiers...) 2) ONE/Kind&Gezin 3) Internet Internet est plus souvent consulté par les jeunes que par les plus vieux. Les réseaux sociaux sont peu utilisés comme source d'information (au maximum 12,1 % chez les moins de 25 ans). En Flandre, les médias dressent un portrait plus positif des vaccins et de la vaccination qu'en Wallonie et à Bruxelles. Le message des autorités inspirent davantage confiance... Les informations négatives sont vérifiées d'abord chez un médecin ; Dr Google ne vient qu'en 2e place. Sur un échelle allant de 1 à 10, aussi bien les Francophones que les Néerlandophones accordent un bon 8 à leur confiance envers la vaccination en général, ainsi qu'à son efficacité et son utilité. La très grande majorité (85,8 % des répondants francophones et 90,9 % des Néerlandophones) s'accorde (complètement ou dans une certaine mesure) sur le fait que leurs enfants ont reçu tous les vaccins recommandés. Mais les Francophones sont plus inquiets des effets secondaires possibles (55,8 % contre 34,6%). Cette enquête montre que la confiance dans les vaccins et la vaccination est encore très forte dans tout le pays, mais qu'une certaine méfiance se répand progressivement dans la jeune génération de parents, quel que soit son niveau d'instruction. Les jeunes se posent plus de questions sur les effets secondaires possibles, s'informent plus souvent sur l'utilité d'un vaccin par rapport à l'ancienne génération, moins intéressée par les vaccins recommandés. En cas de questions et de doutes, le professionnel de la santé est la source d'information la plus importante : le médecin généraliste, le pédiatre, l'infirmière de l'ONE/Kind & Gezin ou le pharmacien. Parmi les jeunes répondants, Internet occupe une place plus importante en tant que source d'informations sur les vaccins, mais vient également en deuxième position. Les médias sociaux jouent un rôle très limité. Le nombre de personnes radicalement opposées à toute forme de vaccination est très faible (environ 2%). Les différences entre les répondants francophones et néerlandophones sont limitées. Néanmoins, en Flandre, le climat en matière de vaccination est généralement plus favorable qu'en Wallonie et à Bruxelles. Les Flamands se sentent également légèrement mieux informés par le gouvernement et se posent un peu moins de questions sur les risques et les effets secondaires. Les médias peuvent jouer un rôle à cet égard, car les répondants francophones sont plus exposés aux informations négatives des médias sur la vaccination. Une attitude critique vis-à-vis des vaccins et de la vaccination est clairement plus présente au sud de la frontière linguistique. Ici aussi, il y a une certaine méfiance envers les vaccins contre le HPV et la grippe. La vaccination pendant la grossesse (contre la coqueluche et la grippe) est clairement plus répandue en Flandre.