La législation nord-irlandaise n'autorise l'avortement que dans un seul cas: si la vie de la mère est en danger. Et les Nord-Irlandaises se rendant en Angleterre pour un avortement doivent payer des frais, bien que la procédure y soit gratuite pour toutes les autres femmes britanniques.

Alors que le Parlement devait étudier jeudi un amendement de l'opposition travailliste destiné à supprimer ces frais, le ministre des Finances Philip Hammond a annoncé que le gouvernement avait l'intention de "financer les avortements en Angleterre pour les femmes venant d'Irlande du Nord".

L'annonce de Philip Hammond intervient alors que des élus conservateurs ont exprimé leur opposition à ce que les Nord-Irlandaises n'aient pas accès aux mêmes services que les autres femmes du pays.

La question de l'avortement est revenue sur le devant de la scène politique britannique depuis que la Première Minsitre s'est alliée avec le parti ultraconservateur nord-irlandais DUP, aux positions antiavortement. Dépourvue de majorité absolue après les législatives du 8 juin, May a conclu un accord avec le DUP. Moyennant une rallonge de 1 milliard de livres (1,13 milliard d'euros), les dix députés unionistes ont promis de soutenir le gouvernement lors des votes importants.

1 grossesse sur 4 débouche sur un avortement

En Belgique, la loi belge autorise l'avortement depuis 1990. Selon les derniers chiffres du rapport fourni en 2011 par la Commission nationale chargée d'évaluer l'application des dispositions légales relatives à l'interruption volontaire de grossesse, environ 20 .000 avortements (19 578 précisément) sont pratiqués chaque année dans des centres de planning familial (dans plus de 80 % des cas) ou dans des hôpitaux. Chaque jour, 55 femmes en moyenne, résidant en Belgique, interrompent donc leur grossesse avant le délai de 12 semaines fixé par la loi.

Depuis l'entrée en application de cette loi, le nombre d'interruptions volontaires de grossesse a sensiblement augmenté. En 1995, selon le premier rapport fourni par la Commission nationale d'évaluation de la loi, il était recensé 13 998 avortements sur l'année, soit 37 en moyenne par jour. Les derniers chiffres disponibles se réfèrent à 2011. La Commission, censée rendre un rapport tous les 2 ans à l'intention du Parlement, n'ayant plus fourni de statiqtiques depuis décembre 2012.

Comme l'explique La Libre, cette hausse, objective, du nombre d'IVG en 20 ans doit être pondérée. Au fil des années, les équipes médicales se montrent plus enclines à remplir les formulaires d'enregistrement des avortements pratiqués.

La revue médicale The Lancet a, de son côté, dressé en 2016 un état des interruptions volontaires de grossesse à travers le monde, relaie le site Sciences et Avenir.

En France, la loi légalisant l'avortement a été votée en 1974, portée par Simone Veil, disparue le 30 juin dernier. En 1976, ont été pratiqués en France environ 246.000 avortements, selon les estimations de l'INED. Ce chiffre a régulièrement diminué pour se stabiliser autour de 210.000 actes en moyenne dans les années 2010.

Cette baisse du nombre d'IVG est une tendance qui se retrouve dans les pays développés où, entre 1990 et 2014, le taux d'avortement est passé de 46 à 27 pour 1.000 femmes en âge de procréer (15 à 44 ans) grâce à une meilleure accessibilité aux moyens de contraception. La diminution est la plus importante dans les pays de l'Est. Le taux est ainsi passé de 88 à 42. La proportion a également baissé en Europe méridionale (de 39 à 26), en Europe du Nord (22 à 18) et en Amérique du Nord (passant de 25 à 17) au cours de la même période. Dans les pays en développement en revanche, où les moyens de contraception ne sont pas toujours disponibles, les taux d'IVG sont restés stables.

Le taux le plus élevé en Amérique latine

Les chercheurs ont utilisé des statistiques officielles, mais également des données obtenues lors d'enquêtes ou dans des études publiées ou non. Selon eux, en moyenne une grossesse sur quatre dans le monde débouche sur un avortement. En 2010-2014, le taux le plus élevé (32% des grossesses) était observé en Amérique latine, où plusieurs pays ont pourtant des lois très restrictives en matière d'avortement. Les législations antiavortement ne semblent donc pas réduire le nombre des IVG, mais incitent plutôt les femmes à recourir à des interventions dangereuses, relèvent les chercheurs.