En analysant un nombre précis de gênes, ce test sanguin développé par des scientifiques britanniques, suédois et américains permet d'évaluer le véritable âge biologique d'un corps humain et donc, de prédire avec plus ou moins de précision le moment de sa mort. Le test pourrait aussi, selon les chercheurs, évaluer les risques de démence mais aussi prévenir certains types de cancers.
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En analysant un nombre précis de gênes, ce test sanguin développé par des scientifiques britanniques, suédois et américains permet d'évaluer le véritable âge biologique d'un corps humain et donc, de prédire avec plus ou moins de précision le moment de sa mort. Le test pourrait aussi, selon les chercheurs, évaluer les risques de démence mais aussi prévenir certains types de cancers. Selon l'équipe de chercheurs qui a développé ce test génétique, il existe bien une différence entre l'âge réel d'un être humain basé sur sa date de naissance et le rythme auquel son corps vieillit. La santé et l'âge sont deux données totalement différentes, selon eux. Et pour savoir quel âge a réellement le corps d'un patient, il ont développé une sorte de passeport génétique. Les scientifiques anglais ont ainsi dressé une carte des gênes de personnes âgées entre 25 et 65 ans. "A partir de 40 ans, on peut dire avec précision à quelle vitesse un corps vieillit " explique Jamie Timmons du Kings College à BBC News.Les chercheurs ont alors testé leur découverte sur un groupe d'hommes suédois âgés de 70 ans. Ils ont pu se rendre compte quels hommes vieillissaient à un rythme normal et ceux dont le rythme de vieillissement était plus élevé. De cette manière, ils ont pu savoir quels hommes allaient mourir en premier et ceux qui vivraient plus longtemps. Une différence d'une quinzaine d'années a été relevée entre l'âge biologique et l'âge chronologique. Les avantages de ce test sont importants. Ainsi, des personnes jeunes qui auraient un corps qui vieillirait plus vite pourraient se faire examiner afin de retarder l'apparition de cancers éventuels. Pour un corps considéré comme encore jeune, le don d'organes pourra aussi être encouragé. Les scientifiques sont unanimes sur le fait que ce genre de développement génétique doit faire l'objet d'un débat de société avant d'être mis à disposition du grand public. Connaître ce genre d'informations peut en effet avoir un impact énorme sur la vie d'une personne. "Un débat de société doit certainement avoir lieu pour savoir ce qui peut être permis ou non dans ce cadre. Nous évaluons maintenant les gens sur leur âge mais nous pourrions le faire d'une façon bien plus intelligente", avancent-ils. Côté risques, on relèvera l'effet potentiellement dévastateur de la connaissance d'une date butoir aussi morbide. D'autres avanceront qu'une telle épée de Damoclés pourra motiver certaines personnes à profiter à fond de leur existence en réalisant leurs rêves les plus fous. Mais en 1968 déjà, l'Organisation Mondiale de la Santé a établi un cadre légal qui détermine dans quel cas un screening génétique peut être effectué selon l'état d'un patient. Ce test pourrait aussi revêtir un puissant potentiel marketing. Des employeurs et banquiers pourraient ainsi se montrer très intéressés par "le vrai âge" de leurs clients, fait remarquer De Morgen.Et côté coeur alors ? Etablirons-nous des projets de vie en sachant que nous ou notre conjoint a une longévité limitée? Mais au final, reste la question cruciale: a-t-on vraiment envie de connaitre l'âge de notre propre mort?