Le Plan santé bruxellois, initié par les ministres Gosuin et Vanhengel, est en chantier depuis 2015. Durant ces trois dernières années, il a fait l'objet d'une large concertation. 81 acteurs des secteurs de santé et 333 personnes ont été mobilisés pour l'élaborer. Huit groupes de travail ont été constitués : patient hospitalisé, dépendance, santé mentale, 1ère ligne, médecine générale, enfants, soins palliatifs et prévention/promotion. Le plan a déjà été adopté jeudi dernier en première lecture par le Collège réuni et soumis aux différents organes d'avis. A la rentrée parlementaire 2018, il sera soumis à l'approbation des parlementaires bruxellois.
...

Le Plan santé bruxellois, initié par les ministres Gosuin et Vanhengel, est en chantier depuis 2015. Durant ces trois dernières années, il a fait l'objet d'une large concertation. 81 acteurs des secteurs de santé et 333 personnes ont été mobilisés pour l'élaborer. Huit groupes de travail ont été constitués : patient hospitalisé, dépendance, santé mentale, 1ère ligne, médecine générale, enfants, soins palliatifs et prévention/promotion. Le plan a déjà été adopté jeudi dernier en première lecture par le Collège réuni et soumis aux différents organes d'avis. A la rentrée parlementaire 2018, il sera soumis à l'approbation des parlementaires bruxellois. Le PSB s'articule autour de trois grands axes : réduire les inégalités en santé, assurer à chaque Bruxellois un parcours de soins accessible et cohérent et améliorer la conduite de la politique de santé. Ces axes ont été déclinés en objectifs 17 (voir en pages 4 et 5 ) et en mesures concrètes.Pour le journal du Médecin, le ministre Gosuin explique la philosophie de ce plan ambitieux et commente quelques mesures qui lui tiennent particulièrement à coeur. "C'est le premier plan global de santé pour Bruxelles. Nous essuyons les plâtres. En Flandre, un plan vise les hôpitaux et leurs relations avec la première ligne. Notre plan est plus large. Il touche à tous les aspects de la santé. Nous avons dû faire face à un inconvénient, lié à l'organisation de notre état, : le morcellement des compétences en santé. Si nous avions fait un plan parcellaire, il aurait été incompréhensible et illisible."Le ministre Gosuin insiste sur la flexibilité du PSB. "C'est un document de travail. Nous donnons une orientation, en sachant que ce plan a été concerté et continuera à l'être. Nous ne disons pas qu'il faut l'exécuter point par point durant les sept prochaines années jusqu'en 2025. Chaque mesure est accompagnée d'une fiche et chaque fiche présente les objectifs pour 2020 et 2025, les actions déjà réalisées, les structures qui sont porteuses du projet et les indicateurs à suivre. Pour chaque mesure, une dimension budgétaire est élaborée." Afin de réduire les inégalités de santé, le ministre Gosuin estime qu'il est essentiel d'intégrer la santé dans toutes les politiques menées en Région bruxelloise. C'est un des fils rouges du premier Plan santé bruxellois (PSB). "Il faut arrêter de travailler en silo. Par exemple, lorsqu'on travaille sur la qualité de l'air, cette action poursuit à la fois un objectif environnemental et un objectif sanitaire. Cette collaboration ne va pas se faire du jour au lendemain mais nous y travaillons. Il en va de même pour la problématique du logement et de la pollution intérieure... Lorsqu'un projet sera déposé à la Région ou à la Commission communautaire commune, il y aura un test d'impact sur la santé."Le ministre Gosuin souhaite également créé une "ligne 0,5", un "ensemble de structures et de services ayant une approche multidisciplinaire, flexible et proactive où les personnes exclues des soins peuvent bénéficier de soins de santé primaires avec des conditions d'accès non-discriminantes et respectueuses". Ce dispositif permet en même temps d'intégrer le patient fragilisé dans la première ligne de soins traditionnelle. Il va être proposé à Médecins du monde et au cercle bicommunautaire de médecine générale de préparer un plan opérationnel "0,5" en collaboration avec les hôpitaux et les coordinations sociales médicales.Toujours pour lutter contre les inégalités de santé, un plan périnatalité va être adopté. "Chaque parturiente bruxelloise va pouvoir bénéficier d'une consultation périnatale lors du premier trimestre de sa grossesse. Tous les enfants de moins d'un an vont pouvoir profiter d'un suivi préventif et médical adapté."Le PSB cherche à rendre plus cohérent plusieurs politiques sanitaires. Ainsi, un point focal "prévention" va être mis sur pied afin de coordonner les actions de prévention. "Aujourd'hui, la politique de prévention est encore trop morcelée. On manque cruellement d'unité et de cohérence. Ce qui explique que nous sommes de mauvais élèves en matière de prévention."Le gouvernement bruxellois a également décidé une refonte de la structure d'appui de la première ligne. "Elle est actuellement composée de quatre plateformes et doit être réorganisée en une seule structure."Le plan souhaite également mieux structurer la prise en charge en santé mentale, entre autres pour les enfants et adolescents, et développer une approche par quartier pour les personnes âgées.Afin de rendre les politiques de santé plus cohérentes, les ministres Vanhengel et Gosuin vont activer l'article 136 de la Constitution permettant de créer une structure de coordination qui va regrouper l'ensemble des partenaires de la Région bruxelloise, francophones et néerlandophones. "Ce n'est pas une conférence interministérielle supplémentaire, rassure Didier Gosuin. Cet article 136 n'a jamais été activé, mais nous avons le pouvoir légal au niveau de la Cocom."Améliorer la communication entre les hôpitaux et la première ligne est également une des priorités du plan bruxellois. Cette fois-ci, contrairement à ce qui a pu être déclaré par le passé, il ne s'agit pas simplement d'un voeu pieux. "Nous allons prendre un arrêté pour indiquer dans la procédure d'agrément des hôpitaux qu'ils ont l'obligation d'intégrer cette notion de politique transmurale. Les hôpitaux vont être obligés de mettre en place des systèmes de suivi et de coordination." "L'objectif est de créer un partenariat structuré avec la première ligne de soins pour les patients post-hospitalisés et pour les urgences, poursuit Nathalie Noel, directrice de cabinet adjointe santé. Nous avons prévu une série de dispositifs qui sont liés à la communication : par exemple, produire un rapport de liaison lorsqu'un patient sort de l'hôpital via le réseau santé bruxellois ou créer des standards formalisés entre la première ligne et l'hôpital." Le plan incite les patients à s'impliquer davantage dans la santé, entre autres via le partage électronique des données de santé, mais également en ayant des représentants dans des institutions et des organes d'avis. À l'avenir, des projets-pilotes "patients-partenaires" vont être développés.Le ministre de la Santé souligne que ce plan comprend une méthodologie d'évaluation. "Des acteurs vont être chargés du suivi. Il y aura dès lors un reporting régulier vers les partenaires quant aux succès et aux échecs. Les associations vont d'ailleurs être subsidiées en fonction des objectifs qu'ils doivent atteindre."Le Plan bruxellois pour la santé a le mérite d'être ambitieux - il couvre de façon approfondie de nombreuses facettes de la santé - mais n'arrive-t-il pas un peu tard, à moins d'un an des futures élections régionales. Les ministres Gosuin et Vanhengel auront-ils encore l'occasion de le défendre après le 26 mai 2019 ? "Je voudrais un peu casser les ailes à ce canard, rétorque Didier Gosuin. L'élaboration de ce plan a pris un certain temps. Nous l'avons commencé en octobre 2015. Nous avons réalisé de nombreuses concertations et puis des discussions bilatérales. Nous nous sommes rapidement rendu compte qu'il nous fallait des analyses et des études préalables avant de nous lancer dans ce long travail de réflexion. Nous avons réalisé une cartographie approfondie de la médecine générale à Bruxelles (lire Jdm 2541), des études sur les projets de quartier et le maintien à domicile. Il fallait passer par ces étapes indispensables pour élaborer ce plan. Le travail a été intense. Il a été adopté jeudi passé par le Collège réuni. Il a été envoyé aux organes d'avis. Ils doivent nous répondre après les vacances. Je me suis engagé à soumettre le texte au parlement bruxellois en septembre et octobre. Le PBS devrait être adopté pour la fin de l'année civile". Il sera opérationnel en 2019. "Nous avons prémâché le travail du futur gouvernement. Nous avons balisé tout ce qui doit être réalisé en santé, sauf peut-être quelques éléments. Comme nous allons refaire une consultation des acteurs, nous pourrions toujours l'adapter."Des budgets ont été prévus pour les différentes mesures, par exemple, 2,3 millions d'euros de soutien à la médecine générale, mais le plan n'est pas totalement budgétisé jusqu'en 2025. "Chaque année, des priorités seront fixées, précise le ministre Gosuin. Durant cette législature, nous avons mis l'accélérateur sur l'e-santé (lire jdM 2549) parce que nous considérons que cette évolution va rencontrer de façon transversale la plupart de nos objectifs". Le prochain gouvernement régional pourra fixer ses priorités. Si possible en s'inspirant des 75 pages de ce document...