Des injections d'anti-inflammatoires pourraient contribuer à réduire les risques de crise cardiaque et ralentir la progression de certains cancers, révèle une étude relayée par plusieurs médias anglo-saxons, que les chercheurs estiment comme la plus grande percée dans le domaine depuis la découverte des statines.
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Des injections d'anti-inflammatoires pourraient contribuer à réduire les risques de crise cardiaque et ralentir la progression de certains cancers, révèle une étude relayée par plusieurs médias anglo-saxons, que les chercheurs estiment comme la plus grande percée dans le domaine depuis la découverte des statines. Des personnes ayant survécu à une crise cardiaque et ayant reçu des injections d'un médicament anti-inflammatoire ciblé (appelé "canakinumab") avaient moins de risque de récidive, révèlent les scientifiques. Les statines sont actuellement le principal médicament de prévention des crises cardiaques et fonctionnent en baissant le taux de cholestérol. Mais le risque de récidive existe, malgré une prise régulière de statines. Les chercheurs pensent que cela peut être dû à une inflammation non contrôlée dans les artères. L'équipe de recherche a voulu savoir si cibler l'inflammation avec un anti-inflammatoire puissant offrait un avantage supplémentaire par rapport aux statines. Plus de 10.000 patients ayant eu une crise cardiaque ont été inscrits. En plus des statines, les sujets se sont vu administrer le canakinumab, initialement utilisé pour des maladies inflammatoires rares, ou un placebo. L'expérience a été menée durant quatre ans. Les personnes ayant reçu le canakinumab avaient 15% de risque en moins de subir un évènement cardiovasculaire (crises cardiaques, AVC...). La nécessité d'interventions coûteuses (dérivation, stent...) a également été réduite de 30%. Il n'y a en revanche pas eu de différence significative dans les taux de mortalité chez les deux groupes de patients. Pour le Dr. Paul Ridker, qui a dirigé l'équipe de recherche, l'étude ouvre une "nouvelle ère" de la science thérapeutique. "Au cours de ma vie, j'ai connu trois grandes ères de la cardiologie préventive. Dans la première, on a reconnu l'importance du régime alimentaire, de l'exercice et de l'arrêt du tabac. Dans la seconde, nous avons vu la valeur des médicaments tels que les statines. A présent, nous ouvrons la porte à une troisième ère. C'est très excitant", explique-t-il. "Pour la première fois, nous avons pu démontrer que la réduction de l'inflammation indépendante du cholestérol réduit le risque cardiovasculaire", ajoute-t-il. De plus, le produit anti-inflammatoire montre de meilleurs résultats que les statines. Ridker est convaincu que cibler l'inflammation pourrait améliorer considérablement les résultats pour certaines populations à très haut risque. Il y a quand même eu quelques inconvénients liés au traitement, notamment un risque de décès à cause d'une infection sévère pour une personne sur 1000. Par ailleurs, ils ont observé une réduction inattendue des décès par cancer, pour tous les types de cancer et plus particulièrement pour le cancer du poumon. Les chercheurs n'en comprennent pas encore les raisons, mais ils planifient d'autres expériences pour enquêter sur l'effet potentiellement protecteur du canakinumab contre le cancer. La recherche sur ce produit n'en est encore qu'à ses balbutiements, mais de nombreux scientifiques trouvent les résultats encourageants. Il y a encore des questionnements sur les effets secondaires de l'anti-inflammatoire étudié et sur le prix du médicament. Mais cette découverte ouvre la voie à de nouveaux types de traitement pour les maladies cardiovasculaires.