L'année dernière, des experts avaient déjà tiré la sonnette d'alarme : si on ne fait rien pour lutter contre le réchauffement climatique, "certaines régions [du monde] deviendront si chaudes qu'elles mettront à l'épreuve la survie humaine." À commencer par l'Inde, qui subit chaque année des canicules plus intenses, plus fréquentes et plus longues.
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L'année dernière, des experts avaient déjà tiré la sonnette d'alarme : si on ne fait rien pour lutter contre le réchauffement climatique, "certaines régions [du monde] deviendront si chaudes qu'elles mettront à l'épreuve la survie humaine." À commencer par l'Inde, qui subit chaque année des canicules plus intenses, plus fréquentes et plus longues.Mais avec l'arrivée du nouveau coronavirus, le risque de souffrir de la chaleur en cas de canicule augmente, même dans des régions moins touchées par les fortes chaleurs : le port d'un équipement de protection individuelle, essentiel pour éviter les infections en milieu hospitalier, aggrave les choses en créant un "micro-climat" étouffant. Le personnel médical devient alors l'une des cibles privilégiées du (trop) beau temps.Le danger est que cette surchauffe peut non seulement ralentir leurs capacités à prendre des décisions rapides, mais également être considérée à tort comme un mal bénin. Les victimes de surchauffe peuvent en effet ignorer les signes avant-coureurs de ce qu'on appelle le "stress thermique" - comme les malaises et les nausées - jusqu'à ce qu'elles s'effondrent.Le stress thermique est une accumulation de chaleur dans l'organisme qui empêche une personne de maintenir une température corporelle normale. Une telle personne, qui ne peut pas refroidir son corps par la transpiration, s'expose alors à de graves troubles dus à la chaleur :Or, de nombreux médecins ont remarqué que les couches imperméables de l'équipement de protection individuelle empêchent la sueur de s'évaporer. Au quotidien, cette situation devient dangereuse pour le personnel médical, qui peut alors souffrir de déshydratation, voire de troubles plus graves, tels que des problèmes cardiovasculaires ou des calculs rénaux.La hausse des températures n'est pas l'unique problème du changement climatique. Les experts et météorologistes remarquent un taux d'humidité plus intense, à mesure que les températures mondiales continuent de grimper. Or, un air trop humide bloque la bonne évaporation de la sueur. Une situation défavorable sur le long terme, puisque davantage de personnes seront exposées plus longtemps et plus régulièrement à cette combinaison dangereuse de chaleur et d'humidité.Une autre étude, publiée plus tôt cette année, a averti que le stress thermique pourrait affecter jusqu'à 1,2 milliard de personnes dans le monde d'ici 2100, soit quatre fois plus qu'aujourd'hui."Nous, les êtres humains, avons évolué pour supporter et survivre dans une certaine plage de températures. Il est donc clair que si nous continuons à faire monter les températures dans le monde, tôt ou tard les régions les plus chaudes pourraient commencer à connaître des conditions météorologiques tout simplement trop chaudes pour nous", explique à la BBC Richard Betts, spécialiste au UK Met Office.