Dès l'arrivée à destination, direction la plage pour une petite sieste bien méritée à l'ombre des palmiers, les doigts de pieds en éventail. Mais cette "activité" de premier jour de vacances ne serait en réalité pas la plus conseillée, selon le médecin belge Luc Swinnen interrogé par le magazine flamand Humo.
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Dès l'arrivée à destination, direction la plage pour une petite sieste bien méritée à l'ombre des palmiers, les doigts de pieds en éventail. Mais cette "activité" de premier jour de vacances ne serait en réalité pas la plus conseillée, selon le médecin belge Luc Swinnen interrogé par le magazine flamand Humo. "De nombreuses personnes sont encore sous l'emprise du stress lors de leur départ en vacances. Juste avant de partir, elles travaillent beaucoup pour finir de nombreuses tâches. Au lieu de se reposer quelques jours, elles veulent partir tout de suite, en ayant réglé 1001 choses en dernière minute. Cela cause aussi du stress. Résultat : les vacanciers arrivent imprégnés d'adrénaline et de cortisol (l'hormone du stress, NDLR) à destination. Ce n'est alors pas une bonne idée que d'aller directement se reposer sur la plage. Les 3-4 premiers jours, il est plutôt recommandé de rester actif, sinon, l'adrénaline et l'hormone du stress ne sont pas évacuées et notre corps ne le supporte pas. De nombreuses personnes continuent aussi à travailler en vacances. Elles vérifient leurs mails ou passent des coups de fil. Dans ce cas, mieux vaut rester à la maison", explique-t-il.Joint au téléphone par le journal néerlandais De Volkskrant, le médecin est encore plus alarmiste : "Cela représente un véritable danger de mort. À cause de ce changement soudain, il y a de plus grands risques de maladies cardio-vasculaires. On appelle cela le syndrome Willem Ruis, selon le présentateur de télévision qui est décédé d'un malaise cardiaque en 1986." Le syndrome Willem Ruis aurait aussi été presque fatal à l'ancien secrétaire général de l'OTAN Jaap de Hoop Scheffer en 2009. "Nous n'avons pas de chiffres exactes, mais selon différentes études scientifiques, il semblerait que le stress combiné à une période de détente soudaine présentent des risques", avançait à l'époque un médecin de la Fondation du coeur (Hartstichting) dans le journal néerlandais Algemeen Dagblad.. "Le deuxième jour des vacances est le plus risqué pour le coeur, cela arrive souvent le matin, juste après le lever car la pression sanguine passe d'un niveau bas à un niveau élevé", ajoutait le docteur Ans van Drenth.La cardiologue néerlandaise Petra Kuijpers renchérissait: "Chez nous, à l'hôpital, il y a autant de prises en charge pour des personnes cardiaques en été que durant le reste de l'année. Le passage d'un état de stress à un état de détente peut jouer un rôle."Pourtant, la Fondation néerlandaise fait maintenant savoir qu'elle n'est pas au courant d'études qui démontrent l'existence de ce syndrome Willem Ruis. Selon David Smeekes, qui y travaille en tant que médecin, il n'est pas logique que se détendre après une période chargée de travail présente des risques. "J'ai fait des recherches dans la littérature scientifique et je n'ai rien trouvé qui le prouvait ", dit-il. Sur bases de quelles données se prononce alors le docteur Swinnen dans le magazine Humo? "Aucune. Mon discours se base sur le bon sens. Les amygdales (ou complexe amygdalien impliqué dans le mécanisme des émotions dans le cerveau, NDLR) sont prises en otage quand on mène une vie stressante. Elles produisent beaucoup d'hormones du stress. Il faut laisser du temps à ces hormones pour qu'elles refluent avant de pouvoir lâche prise."L'expert en hormones du stress et en maladies cardiovasculaires Gabriela Berg de l'université de Buenos Aires trouve cette explication peu plausible. "C'est vrai que l'on peut être beaucoup plus stressé avant les vacances et que cela peut présenter un risque plus élevé de problème cardiaque. Mais le fait d'être encore exposé pendant ses vacances à un risque plus élevé dépend de la manière dont on est capable de se débarrasser de ce stress. " Et si cela est possible en faisant la planche sur le sable, cela est très bien selon l'experte. Une étude suédoise récente basée sur 150 personnes ayant souffert d'un accident cardiaque montre que les plus grands risques cardiovasculaires se présentent les lundis et pendant les vacances de fin d'année. Cela semble lié au stress social engendré par les préparatifs des fêtes en famille et les tralalas qui les accompagnent. Pendant les vacances d'été en juillet en Suède et pendant les weekends, le risque est, au contraire, moindre. Conclusion: les risques de défaillances cardiaques en vacances relèvent donc plus de la rumeur, n'étant pas étayés de recherches scientifiques approfondies. N'ayez donc crainte de vous détendre le premier jour de vos vacances bien méritées.