Chaque jour, nous respirons 11.000 litres d'air et, à chaque respiration, nous réduisons d'un peu nos années à vivre en bonne santé. Selon les derniers chiffres fournis par la ministre de la Santé Maggie De Block à la demande d'Anne Dedry, députée Groen !, il semble que la santé respiratoire régresse dans notre pays. Ces statistiques révèlent que l'utilisation d'inhalateurs a atteint un record en Belgique. En 2012, seules 18.414 doses de ces médicaments pour 1.000 Belges étaient encore utilisées, en 2016, cela a grimpé à 19.622. Au total, les Belges consomment 221 millions de doses de médecine respiratoire par an. Il s'agit la plupart du temps de bronchodilatateurs, souvent prescrits sous la forme d'un inhalateur. Celui-ci ouvre les voies respiratoires, ce qui facilite du même coup la respiration du patient.
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Chaque jour, nous respirons 11.000 litres d'air et, à chaque respiration, nous réduisons d'un peu nos années à vivre en bonne santé. Selon les derniers chiffres fournis par la ministre de la Santé Maggie De Block à la demande d'Anne Dedry, députée Groen !, il semble que la santé respiratoire régresse dans notre pays. Ces statistiques révèlent que l'utilisation d'inhalateurs a atteint un record en Belgique. En 2012, seules 18.414 doses de ces médicaments pour 1.000 Belges étaient encore utilisées, en 2016, cela a grimpé à 19.622. Au total, les Belges consomment 221 millions de doses de médecine respiratoire par an. Il s'agit la plupart du temps de bronchodilatateurs, souvent prescrits sous la forme d'un inhalateur. Celui-ci ouvre les voies respiratoires, ce qui facilite du même coup la respiration du patient. Ce n'est cependant pas uniquement réservé aux asthmatiques puisqu'on le prescrit aussi aux jeunes enfants atteints du virus du rhume VRS ou encore aux adultes qui souffrent d'un rhume persistant. Ce que ces chiffres montrent surtout c'est qu'en Belgique, comme dans le monde occidental dans son ensemble, on est aux prises avec des problèmes respiratoires. "Cela prouve aussi qu'il y a un lien avec notre mode de vie ", dit le professeur Joos, spécialiste des poumons, dans De Morgen .10% des Belges sont asthmatiquesSi les scientifiques ne savent pas encore exactement quel est l'effet de ces concentrations quotidiennes, aucun ne doute qu'il y en a un. "Plus vous vous déplacez dans des endroits où les concentrations sont élevées, plus votre exposition cumulative est grande ", dit Ben Nemery. "Et cela augmente également votre risque de maladie telle que l'asthme". On estime que "dix pour cent des Belges souffrent d'asthme ", explique Guy Brusselle, pneumologue et spécialiste de l'asthme à l'UZ Gent dans De Standaard. Et ce chiffre augmente depuis 20 ans, certainement chez les jeunes. Chez les enfants, l'asthme est la maladie chronique la plus courante. Les jours de pics de pollution, on assiste à une recrudescence des symptômes. Les spécialistes mettent aussi en avant la qualité de l'air pour expliquer le nombre de cancers du poumon dans notre pays. Car bien que le nombre de fumeurs diminue, nous constatons une augmentation inquiétante du nombre de tumeurs pulmonaires. Plus inquiétant encore : un sixième de tous les cancers du poumon chez les hommes belges et plus d'un quart des cancers du poumon chez les femmes surviennent chez les non-fumeurs. Il existe aussi un lien évident entre les pics de pollution et les crises cardiaques. Au-delà du seuil européen de 40 µg/m3, le risque augmente de 10 à 15 %. La pollution due à la circulation provoque aussi des dommages aux voies respiratoires et aux poumons. Les enfants qui vivent le long d'une route très fréquentée ont une fonction pulmonaire moins bonne et un risque accru de développer de l'asthme. On estime qu'en 2014, 1.870 personnes sont mortes prématurément des conséquences du dioxyde d'azote dans notre pays. À titre de comparaison : 727 personnes ont été tuées sur les routes cette année-là.Le coût de la pollution On estime que chaque kilo supplémentaire de dioxyde carbone que nous émettons coûte 35 euros. Ces coûts se traduisent par des coûts de santé, des pertes de temps au travail, des années de vie perdues et des dommages à la biodiversité. Appliquée aux chiffres d'émissions flamands, par exemple, la pollution atmosphérique coûte 8 milliards d'euros à la société. C'est 3 p. 100 du PIB. Le mauvais air aurait donc aussi un coût social très élevé. "À lui seul le secteur des transports représente 3,5 milliards d'euros. En d'autres termes, si vous supprimez toutes les voitures, camions, bateaux et avions, vous faites une économie de 3,5 milliards d'euros en tant que société ", dit Lefebvre, auteur d'un livre sure le sujet, dans De Standaard. "C'est bien entendu très théorique, mais ces chiffres montrent bien que les mesures visant à décourager l'utilisation de la voiture sont toujours rentables". Mais comme les mesures ne sont que rarement populaires et n'ont que rarement un effet immédiat, peu de politiques s'y engagent.