L'être humain absorbe environ cinq grammes de plastique par semaine, soit l'équivalent du poids d'une carte bancaire, dénonçait il y a quelques jours le Fonds mondial pour la Nature (WWF) dans une nouvelle étude, première du genre.
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L'être humain absorbe environ cinq grammes de plastique par semaine, soit l'équivalent du poids d'une carte bancaire, dénonçait il y a quelques jours le Fonds mondial pour la Nature (WWF) dans une nouvelle étude, première du genre. L'Université de Newcastle (Australie), qui a effectué l'étude, a passé au crible une cinquantaine de produits pour y déceler les traces de plastique. Selon les principales conclusions, nous consommons 2.000 particules de microplastique par semaine, soit cinq grammes. La plus grande source d'ingestion de plastique provient de l'eau en bouteille. Ainsi, lorsque vous buvez un litre d'eau en bouteille, vous ingérez en moyenne 94 particules de plastique. Vient ensuite la bière, qui contient en moyenne 34 particules par litre. Mais la troisième source de plastique est peut-être bien la plus inquiétante, puisqu'on ne l'ingère pas, on la respire. Elle n'a d'ailleurs pas été prise en compte dans les cinq grammes hebdomadaires recensés par l'équipe de chercheurs de Newcastle. Un mètre cube d'air que l'on respire contient en moyenne 9.8 particules de plastique, selon deux études menées en France et en Turquie, rapportées par Statistat. Pour référence, le guide des facteurs d'exposition de l'EPA indique qu'une personne âgée de 31 à 51 ans inhale en moyenne 16 mètres cubes par jour.La quatrième source de plastique est l'eau du robinet (4.24 particules par litre). Viennent ensuite les produits de la mer (1.48 particule par gramme), le sucre (0.44 particule par gramme), le sel (0.11 gramme par litre) et le miel (0.10 particule par gramme). Aux États-Unis et en Inde, on retrouve deux fois plus de traces de plastique que dans les eaux européennes, selon l'étude de WWF. Selon le chercheur co-responsable du projet des microplastiques à l'Université de Newcastle, le Dr Thava Palanisami, "cette étude fournit pour la première fois un calcul précis sur les taux d'ingestion plastique. Elle doit aider à l'avenir à déterminer les risques toxicologiques potentiels pour l'être humain." S'il est possible de se passer de sel, de sucre, de miel et de produits de la mer, nous imaginons mal vous recommander d'arrêter de boire de l'eau ou de respirer... Que faire donc ? Commencer par essayer de ne plus participer à la pollution plastique du monde en évitant d'acheter celui-ci à tout va et en faisant des achats raisonnés et raisonnables. Pour le WWF, qui prône une lutte sans merci contre la pollution plastique, "ces résultats doivent servir de sonnette d'alarme aux gouvernements. Les plastiques polluent non seulement nos océans et nos voies navigables, mais aussi la vie marine et l'organisme humain. Une action mondiale est urgente et essentielle pour faire face à cette crise". La semaine dernière, l'ONG alertait déjà sur l'état de la mer Méditerranée, "un égout à ciel ouvert" à chaque nouvelle saison touristique, dénonçait-elle. Le problème de la pollution plastique ne pourra être résolu sans l'action des gouvernements. L'organisation a lancé une pétition mondiale appelant à un traité juridiquement contraignant pour mettre un terme à la pollution au plastique d'origine marine. Elle a recueilli, à ce jour, près de 760.000 signatures.