De 2000 à 2017, 123 millions d'enfants de 0 à 5 ans sont morts dans les 99 pays à bas et moyens revenus sur lesquels porte l'étude. Cela représente plus de 90% des morts dans le monde pour cette classe d'âge.

Si on y ajoute les chiffres préliminaires pour 2018 ainsi que les estimations pour des pays qui ne sont pas inclus dans l'étude (comme la Chine, le Mexique, le Brésil ou la Malaisie), on obtient le total de plus de 130 millions d'enfants de moins de 5 ans morts dans le monde durant cette période, selon les auteurs de ces travaux publiés dans la revue Nature.

Des causes qui diffèrent selon les âges

Les principales causes de ces morts varient selon l'âge.

Quand l'enfant a moins de un an, il s'agit le plus souvent des conséquences d'une naissance prématurée.

De deux à quatre ans, ces enfants sont davantage susceptibles de succomber au paludisme, à des maladies diarrhéiques ou à des infections respiratoires comme la pneumonie.

Les risques de mourir pour les enfants de moins de 5 ans sont dix fois plus élevés dans certains pays que d'autres, voire quarante fois si on compare des régions entre elles.

Par exemple, en 2017, seuls quatre enfants sur 1.000 mourraient avant cinq ans dans la région de Santa Clara à Cuba. Mais ce taux se montait à 195 sur 1.000 dans la région de Garki, au Nigeria.

Globalement, la mortalité des enfants de moins de 5 ans a baissé de moitié entre 2000 et 2017, passant de 10 à 5,4 millions.

Ces travaux fournissent une cartographie précise et très fine de la mortalité infantile dans les 99 pays étudiés. "Nos travaux peuvent servir de base aux autorités sanitaires pour améliorer les systèmes de santé de façon ciblée", a estimé l'un des auteurs, Simon Hay, de l'Institut de métrologie et d'évaluation de la santé (IHME, Université de Washington), organisme de statistiques financé par la fondation Bill et Melinda Gates. "L'accès aux traitements médicaux n'est que l'un des éléments", a jugé la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, dans un commentaire également publié par Nature."Les facteurs qui contribuent aux décès sont liés à des maux plus vastes: la pauvreté, la discrimination et l'injustice", a-t-elle poursuivi.