Affirmer qu'Antoine-Augustin Parmentier, né le 12 août 1737 dans la ville française de Montdidier, était simplement pharmacien c'est sous-estimater ses talents. De fait, l'homme était également inventeur et... technicien agricole. Après s'être essayé au métier, il part en 1755 pour paris afin de devenir un véritable pharmacien. Il obtient d'un coup son diplôme ce qui lui permet d'arriver dans l'armée en tant qu'assistant pharmacien.
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Affirmer qu'Antoine-Augustin Parmentier, né le 12 août 1737 dans la ville française de Montdidier, était simplement pharmacien c'est sous-estimater ses talents. De fait, l'homme était également inventeur et... technicien agricole. Après s'être essayé au métier, il part en 1755 pour paris afin de devenir un véritable pharmacien. Il obtient d'un coup son diplôme ce qui lui permet d'arriver dans l'armée en tant qu'assistant pharmacien.Il reste également dans l'armée où il progresse jusqu'au rang de pharmacien en chef et prépare les médicaments pour les soldats hospitalisés à l'Hôtel royal des Invalides. Nous parlons des années 1760 et la guerre de Sept Ans, qui devait se terminer en 1763, bat encore son plein. Même s'il ne s'agissait pas à proprement parler d'une seule et même guerre mais plutôt de différents conflits qui se sont déroulés en même temps, la France est vaincue et doit céder un certain nombre de colonies à l'Angleterre. Parmentier, qui en tant que pharmacien de l'armée se rend aussi sur le champ de bataille, est fait prisonnier à cinq reprises par les Prussiens. Il passe donc un moment à Hanovre où il souffre très fortement de la faim en tant que prisonnier de guerre.L'époque est dure, la nourriture se fait rare. En 1770, l'Académie de Besançon lance un concours avec la question suivante : " quelles plantes pourraient remplacer celles que nous utilisons, en cas de pénurie, quelles seraient leurs utilités et quelles préparations peuvent être prises en compte ? ". Ou, formulé plus simplement : si les aliments traditionnels venaient à manquer, que pourrions-nous dès lors utiliser ?Parmentier pense immédiatement à la betterave sucrière, étant donné qu'il avait déjà mené à bien des expériences pour en extraire le sucre. Mais Parmentier n'est pas stupide. Il avait d'ailleurs déjà constaté pendant sa détention que les soldats qui mangeaient des pommes de terre ne souffraient pas de la dysenterie. Parmentier envoie ses découvertes à l'Académie et remporte le prix. A partir de ce moment, il se donne pour objectif d'inscrire la pomme de terre au menu d'autant d'institutions que possible. La pomme de terre n'est pas encore généralisée à cette époque en France. L'Italie, l'Allemagne, l'Angleterre et notre pays connaissent déjà la pomme de terre à ce moment-là mais dans un premier temps comme aliment pour bétail et ensuite seulement comme nourriture pour l'homme.Parmentier cherche alors une manière de populariser la "patate" auprès du citoyen français qui ne l'a connait que très peu. Il parvient à convaincre le roi Louis XVI, alors seulement âgé d'une vingtaine d'années et plus tard le premier roi à être condamné à mort, de mettre rapidement à disposition un champ pour y faire pousser des pommes de terre. Il est d'ailleurs reçu par la suite personnellement par le roi. Cette rencontre est restée dans l'histoire. En effet, Parmentier avait toujours avec lui un panier de petites fleurs violettes qu'il a offert au roi. Il s'agissait des fleurs de la pomme de terre, qu'il proposa au roi et fixa dans le corsage de la reine Marie-Antoinette. Le roi réagit en disant "Monsieur Parmentier, un homme comme vous ne peut être récompensé avec de l'argent, permettez-moi que je vous serrasse la main et que vous embrassâtes la reine". Parmentier avait une réponse toute faite : " Sire, dorénavant il n'y aura plus de famine. "La pomme de terre était de fait la réponse aux grandes famines. De nombreux champs avec des cultures qui possédaient un rendement calorique clairement moindres sont alors reconvertis pour la cultiver.Parmentier est brillant dans son marketing. Il doit non seulement convaincre le roi mais également toute l'élite française que la pomme de terre est un excellent aliment. A l'époque la croyance selon laquelle la patate était de la nourriture pour cochon, avait mauvais goût et surtout, était toxique car elle donnait une sorte de lèpre était encore assez répandue. C'est pour cette raison que le 29 octobre 1778 Parmentier organise un dîner chic. Toute une volée de FC (Français Célèbres) peut venir y participer. Chaque plat est composé (presque) uniquement de pommes de terre : soupe de pommes de terre crémeuse, salade de pommes de terre, pudding de pommes de terre et même un petit verre de vodka de pomme de terre comme digestif. L'événement est un succès.Il ne reste plus qu'à convaincre le peuple... Parmentier trouve alors une solution géniale. Il décide de faire garder le champ de pommes de terre qu'il avait reçu du roi et de l'entourer de grands panneaux indiquant que "le champ appartient au roi". En même temps, il donne l'ordre aux gardes d'accepter chaque pot-de-vin et de laisser chaque voleur de pommes de terre tranquille. Et effectivement, le peuple en conclut tout de suite que ce qui se trouve dans ce champ doit avoir beaucoup de valeur et vient chaparder en masse les pommes de terre.Parmentier est alors promis à un avenir radieux. Avec le pharmacien Nicolas Deyeux, il reçoit un prix de la Société Royale de Médecine pour leur travail sur l'analyse chimique du lait. La Révolution Française l'interrompt dans son élan mais Parmentier reprend ses activités par la suite et il peut compter sur une grande estime de Napoléon qui, par voie de décret, le nomme en 1800 " premier pharmacien de l'armée française ".Parmentier passe l'arme à gauche à Paris le 17 décembre 1813 suite à une affection pulmonaire. Il est alors âgé de 76 ans. Il est enterré avec les honneurs dans le cimetière parisien du Père Lachaise.Parmentier a non seulement appris aux Français à manger des pommes de terre mais il leur a aussi appris à les aimer, sous forme de hachis par exemple...Désirée De Poot