Le centre REVAlution (un nom qui associe les notions de revalidation et de révolution) s'adresse aux patients paralysés à la suite d'une lésion de la moelle épinière ou d'un AVC ainsi qu'aux amputés. Après la fin de la phase de rééducation couverte par l'assurance-maladie, ces personnes sont en effet nombreuses à tomber dans un trou noir lorsqu'elles doivent se débrouiller par elles-mêmes. " Pour l'heure, la paralysie reste malheureusement incurable, rappelle Kris Goos, gestionnaire du centre. Les complications qui y sont associées peuvent toutefois être en partie évitées par des exercices adaptés qui correspondent, dans les grandes lignes, à une poursuite de la rééducation. C'est ce que nous voulons proposer dans notre centre. "
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Le centre REVAlution (un nom qui associe les notions de revalidation et de révolution) s'adresse aux patients paralysés à la suite d'une lésion de la moelle épinière ou d'un AVC ainsi qu'aux amputés. Après la fin de la phase de rééducation couverte par l'assurance-maladie, ces personnes sont en effet nombreuses à tomber dans un trou noir lorsqu'elles doivent se débrouiller par elles-mêmes. " Pour l'heure, la paralysie reste malheureusement incurable, rappelle Kris Goos, gestionnaire du centre. Les complications qui y sont associées peuvent toutefois être en partie évitées par des exercices adaptés qui correspondent, dans les grandes lignes, à une poursuite de la rééducation. C'est ce que nous voulons proposer dans notre centre. " L'initiative a été largement inspirée par l'exemple du triathlète Marc Herremans. Paralysé à la suite d'une chute à l'entraînement, il n'a jamais voulu baisser les bras. " Marc est convaincu que les nouvelles technologies lui permettront un jour de remarcher. Même si tout le monde a conscience que c'est sans doute un peu naïf, cet espoir et cette conviction lui ont ouvert une foule de possibilités. Il a déjà réalisé de très belles choses avec son asbl To Walk Again , et ce centre en est une nouvelle preuve. Il veut être prêt si la révolution espérée se produit un jour : pas question, donc, de laisser sa condition physique se détériorer de façon irréparable ! C'est ce qui le pousse à continuer, et nombre de patients qui viennent s'entraîner ici partagent sa vision. " Unique en Europe, le centre d'entraînement accueille actuellement 60 à 70 personnes en provenance de tout le pays. Il met à leur disposition une foule d'innovations technologiques (notamment dans le domaine de la robotique) qui ont déjà permis d'améliorer grandement la phase post-revalidation et portent à l'optimisme. Il dispose par exemple de dispositifs à air comprimé développés en Finlande qui permettent d'adapter la charge par paliers de 50 g à peine, alors que cette valeur est souvent de 500 g ou plus dans les centres de fitness ordinaires. " Ceux-ci sont mal adaptés aux paralysés, observe Kris Goos. Au problème des paliers de progression trop espacés s'ajoute la difficulté de se hisser sur l'appareil au départ d'une chaise roulante. Ici, leur chaise est fixée à l'aide de clips ou de sangles et ils peuvent immédiatement débuter l'entraînement. Il faut aussi se souvenir qu'il s'agit d'appareils extrêmement coûteux, que les patients n'ont généralement pas la possibilité de tester et encore moins d'acheter par eux-mêmes. " Les spectaculaires exosquelettes, qui semblent tout droit sortis du dernier Star Wars, attirent inévitablement tous les regards. Ils se fixent comme un sac à dos pour apporter un soutien au patient tout en mettant en mouvement les articulations de la hanche et du genou à l'aide de petits moteurs, ce qui lui permet de se lever et de marcher. Tous les gestes sont contrôlés par des capteurs et micro-ordinateurs ; il est notamment possible de limiter le soutien à une seule jambe et de laisser l'utilisateur effectuer lui-même le reste du mouvement - une possibilité bien utile dans les hémiplégies consécutives à un AVC ou chez les patients amputés du bas d'une seule jambe. Un accompagnateur suit les patients en permanence pour les aider à ajuster le robot si nécessaire. L'exosquelette représente néanmoins une sérieuse économie en ressources humaines : sans lui, il faudrait trois personnes pour aider le patient à se tenir debout et guider ses mouvements ! Dans la mesure où il " porte " littéralement le patient et reprend une part conséquente de l'effort, il lui permet aussi d'effectuer beaucoup plus de pas et peut même être utilisé par les personnes qui n'ont plus ou guère de force musculaire. Les patients s'imaginent parfois qu'un exosquelette leur permettra de réapprendre rapidement à marcher seuls, mais ce n'est malheureusement pas le cas. D'autres aides peuvent d'ailleurs s'avérer plus utiles pour l'entraînement à la marche - ainsi le ZeroG (également disponible à Herentals), un harnais composé de sangles fixé à un rail, qui est capable de supporter jusqu'à 90 % du poids du patient. Avec cet appareil, des personnes qui peinent à marcher dix mètres s'entraînent sans difficulté pendant une heure. Certaines font ainsi jusqu'à 2000 pas, ce qui serait impossible sans cette aide technologique. " Il ne faut pas se leurrer ou faire miroiter de faux espoirs. Nous sommes donc toujours extrêmement critiques vis-à-vis de notre propre travail. Nous partons du principe que notre entraînement peut contribuer à prévenir les escarres, les infections vésicales, la décalcification osseuse, les crampes musculaires, etc., mais tout en gardant conscience que nous n'avons pas de réelles preuves en ce sens. Pour d'autres aspects, nous sommes plus sûrs de nous. La mobilisation purement passive des patients après un AVC, qui reste encore largement la norme, devrait par exemple être abandonnée : impliquer le plus rapidement possible le patient de façon active, avec des répétitions fréquentes, est une approche beaucoup plus efficace. Elle permet au cerveau de s'adapter d'une manière beaucoup plus souple, et le résultat de la rééducation n'en sera que meilleur. " Kris Goos évoque notamment la stimulation électrique fonctionnelle, qui consiste à administrer des stimuli électriques pour provoquer une contraction des muscles. Grâce à cette technique, des patients avec une force musculaire réduite peuvent par exemple réapprendre à faire du vélo ; lorsqu'on commence à l'appliquer immédiatement après la survenue de la paralysie, elle freine en outre considérablement la perte de force... mais elle est malheureusement très peu utilisée dans notre pays. Le parcours de l'Américain Andrew Meas illustre les possibilités de cette thérapie d'une façon particulièrement éloquente : après dix ans de paralysie complète et des années d'entraînement avec stimulation électrique, il est à nouveau capable de se tenir debout ! (1) Le centre teste actuellement un appareil capable d'analyser les mouvements à l'aide d'un laser qui projette sur le dos du patient des milliers de fines stries lumineuses, dont les déformations permettent d'identifier les problèmes lombaires avec une précision qui rejoint à 98 % celle de la radiologie... mais sans radiations nocives, puisque la lumière du laser est inoffensive et que l'exposition peut donc sans danger être répétée aussi souvent que nécessaire. C'est extrêmement important pour les patients en chaise roulante, qui se tiennent presque toujours de travers et peuvent ainsi encourir de graves problèmes. Là encore, REVAlution planche donc sur une ébauche de solution...