Le Dr Ula Maniewski, rattachée à la clinique du voyageur de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, évoque quatre principes actifs à l'efficacité démontrée : le deet, la (p)icaridine, l'IR3535 et le citriodiol, dérivé d'un extrait d'huile essentielle d'eucalyptus citronné. Ils sont disponibles sous différentes marques, mais mieux vaut toujours contrôler le principe actif sur l'étiquette pour être sûr de son achat... Car on trouve aussi dans le commerce une foule de produits pas ou peu efficaces, souligne la spécialiste. C'est notamment le cas des spécialités à base de citronnelle - extraite, contrairement à ce que l'on croit souvent, de la plante herbacée éponyme utilisée en cuisine asiatique et pas du géranium citronnelle (Pelargonium citrosum). La distinction importe du reste assez peu dans le cas qui nous occupe, les deux plantes étant aussi inefficaces l'une que l'autre dans cette in...

Le Dr Ula Maniewski, rattachée à la clinique du voyageur de l'Institut de Médecine Tropicale d'Anvers, évoque quatre principes actifs à l'efficacité démontrée : le deet, la (p)icaridine, l'IR3535 et le citriodiol, dérivé d'un extrait d'huile essentielle d'eucalyptus citronné. Ils sont disponibles sous différentes marques, mais mieux vaut toujours contrôler le principe actif sur l'étiquette pour être sûr de son achat... Car on trouve aussi dans le commerce une foule de produits pas ou peu efficaces, souligne la spécialiste. C'est notamment le cas des spécialités à base de citronnelle - extraite, contrairement à ce que l'on croit souvent, de la plante herbacée éponyme utilisée en cuisine asiatique et pas du géranium citronnelle (Pelargonium citrosum). La distinction importe du reste assez peu dans le cas qui nous occupe, les deux plantes étant aussi inefficaces l'une que l'autre dans cette indication : tout au plus répandent-elles un agréable parfum citronné, mais qui n'éloigne pas ou guère les insectes indésirables. Ce n'est pas bien grave dans nos contrées où les moustiques ne transmettent pas de maladies dangereuses, mais les personnes qui se rendent dans une région à risque devront absolument se munir d'un répulsif fiable. Ula Maniewski déconseille même l'huile essentielle d'eucalyptus citronné proprement dite, car elle est irritante, s'évapore rapidement et n'agit pas suffisamment : seul le citriodiol qui en est extrait est vraiment efficace. Les quatre substances évoquées plus haut - le deet, la (p)icaridine, l'IR3535 et le citriodiol d'eucalyptus - assurent toutes une protection à peu près équivalente. Certaines sont d'origine naturelle mais peuvent également être produites artificiellement. L'IR3535 et le citriodiol sont également reconnus comme bio-pesticides. Elles sont aussi disponibles à différentes concentrations. Les dosages les plus faibles protègent peu mais aussi et surtout peu de temps ; sans être forcément plus efficace, un produit plus concentré agira plus longtemps parce qu'il lui faudra plus de temps pour s'évaporer. Une spécialité contenant 20 à 30 % de deet agira par exemple pendant 4 à 6 heures, contre 8 heures si la concentration en principe actif est de 40-50 %. Dans nos régions, une concentration moyenne suffira amplement, les plus fortes doses étant surtout conseillées aux personnes en partance pour une région à risque de malaria, de zika, etc. Mieux vaut aussi toujours prendre la durée d'action annoncée au pied de la lettre, précise Ula Maniewski. " Si vous voyez sur l'emballage que le produit offre une protection de 3 à 4 heures, tablez sur un temps légèrement plus bref, surtout dans les zones à risque. S'agissant de maladies dangereuses, on n'est jamais trop prudent ! " Vous l'aurez compris, s'enduire d'emblée d'une double dose n'a donc aucun sens : mieux vaut renouveler l'application lorsque l'efficacité du produit commence à s'estomper. Tenez également compte du fait que la transpiration, le vent, l'humidité atmosphérique, etc. peuvent faire disparaître plus rapidement la couche protectrice... " Utilisez juste assez de produit et appliquez-le en une couche égale sur toute la surface exposée de la peau, en procédant avec prudence au niveau du visage, conseille Ula Maniewski. Appliquer une touche ça et là ne sert à rien : les moustiques n'éviteront que les zones où la peau est effectivement imprégnée. C'est d'ailleurs l'un des tests de qualité de l'Organisation Mondiale de la Santé. Ces produits n'agissent pas à distance et les bracelets ou les patches contenant un répulsif sont donc inefficaces. " Quid des vêtements estivaux légers que les moustiques n'ont aucune peine à transpercer, surtout lorsqu'on sait que certains piquent même à travers l'épaisseur d'un jeans ? Une possibilité est de multiplier les couches légères qui seront trop épaisses pour la courte trompe de l'insecte, mais permettront encore à votre peau de respirer. De façon générale, faites aussi attention à vos vêtements et accessoires : le deet, par exemple, peut abîmer les matières artificielles comme le molleton, les bracelets de montres, etc. Et pour la nuit, rien ne vaut la moustiquaire autour du lit ; certaines sont imprégnées de produits répulsifs au besoin.