"On parle beaucoup trop vite de mort subite du nourrisson", déclare Werner Jacobs, médecin légiste à l'hôpital universitaire d'Anvers. Il est persuadé qu'on a trop souvent posé ce diagnostic dans le passé et craint que ce soit toujours le cas aujourd'hui. "Au fond, la mort subite du nourrisson ne se produit pratiquement jamais. Elle n'existe que parce qu'on ne veut ou qu'on n'ose pas approfondir la cause de décès", dit-il.
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"On parle beaucoup trop vite de mort subite du nourrisson", déclare Werner Jacobs, médecin légiste à l'hôpital universitaire d'Anvers. Il est persuadé qu'on a trop souvent posé ce diagnostic dans le passé et craint que ce soit toujours le cas aujourd'hui. "Au fond, la mort subite du nourrisson ne se produit pratiquement jamais. Elle n'existe que parce qu'on ne veut ou qu'on n'ose pas approfondir la cause de décès", dit-il. Chaque année, il examine une quinzaine de cas. "En moyenne, trois nourrissons sur quinze sont tués par une cause externe de violence. À côté de cela, environ une mort subite de nourrisson sur trois est causée par l'écrasement accidentel par les parents", explique Jacobs au journal De Morgen qui estime inacceptable d'utiliser le terme sans autopsie préalable. Certains parents prennent en effet leur bébé dans leur lit parce qu'ils constatent qu'il dort mieux auprès d'eux. Il arrive que pendant leur sommeil, ils roulent sur l'enfant et l'écrasent à leur insu. Pour éviter ce drame, mieux vaut déposer l'enfant dans un berceau que l'on place à côté du lit parental (voir encadré).Outre les décès causés par la violence ou l'écrasement accidentel, il s'avère que 40% des décès inopinés de bébés s'expliquent par une mort naturelle (très souvent des suites d'une pneumonie) ou par étouffement dans le lait. "Il n'y a que pour 5 à 10% des cas de décès inopinés d'enfants que je ne trouve pas de cause de décès", conclut le médecin légiste.