Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont les deux plaintes principales des femmes touchées par la (péri)ménopause. Elles sont environ 80 % à en souffrir à des degrés divers. Si la cause exacte n'est pas encore connue, nombreux sont ceux qui pensent que la température corporelle grimpe soudainement, pour une raison peu claire, et déclenche ainsi les crises. Cette hypothèse est peu vraisemblable : la température corporelle n'augmente que de 0,04°C avant et pendant les bouffées, ce qui n'est pas significatif.
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Les bouffées de chaleur et les sueurs nocturnes sont les deux plaintes principales des femmes touchées par la (péri)ménopause. Elles sont environ 80 % à en souffrir à des degrés divers. Si la cause exacte n'est pas encore connue, nombreux sont ceux qui pensent que la température corporelle grimpe soudainement, pour une raison peu claire, et déclenche ainsi les crises. Cette hypothèse est peu vraisemblable : la température corporelle n'augmente que de 0,04°C avant et pendant les bouffées, ce qui n'est pas significatif. Il n'empêche : l'afflux de sang augmente soudainement au niveau de la peau, lui donnant souvent une coloration rouge écarlate. S'ensuit le déclenchement soudain de la sudation, avec des gouttes de sueur qui coulent parfois littéralement le long du corps. Tout comme après une petite demi-heure d'activité physique intense, ce qui ouvre une piste pour l'explication. On sait en effet depuis longtemps que les femmes très sportives souffrent moins de bouffées de chaleur. La raison n'en est pas claire, surtout parce que jusqu'ici, les études ne se basaient presque exclusivement que sur les impressions de ces femmes, et pas sur des faits mesurables. Une équipe de Liverpool a décidé d'y voir plus clair : les chercheurs ont recruté 14 femmes qui, au début du projet, s'activaient trois fois par semaine pendant 30 minutes sur un tapis de course, un vélo, un rameur ou un cross-trainer à un rythme tel qu'elles restaient en mesure de parler, mais suffisant pour les faire respirer plus profondément et transpirer. Au fur et à mesure de l'amélioration de leur condition physique, elles s'entraînaient de plus en plus longtemps, jusqu'à 5 séances de 45 minutes par semaine. Des mesures ont été réalisées avant, pendant et après ces entraînements. L'amélioration de la condition physique a été confirmée par le débit sanguin mesuré au niveau de la peau, un facteur crucial, qui avait diminué de 9 % au cours des bouffées de chaleur, tandis que la transpiration baissait d'intensité. De plus, ces femmes voyaient chuter la fréquence et la durée de leurs bouffées de chaleur. Helen Jones, qui a conduit cette recherche, en conclut que les sports qui font transpirer améliorent le fonctionnement des mécanismes de contrôle de la température corporelle et exercent un effet stabilisateur tel qu'ils se mettent moins rapidement en branle. Elle y voit une raison suffisante pour promouvoir l'activité physique comme traitement des bouffées de chaleur. La protection apportée par l'activité physique contre les fractures osseuses est au moins aussi importante. Les femmes perdent environ 45 % de leur masse osseuse entre leurs 35e et 85e anniversaires. Une étude européenne réalisée entre 1998 et 2015 montre qu'une activité physique suffisamment intense peut faire baisser le risque de fracture jusqu'à 50 %, un résultat impressionnant. Le programme d'activité physique des femmes de cette étude consistait en course à pied, différents jeux, de l'aérobic, de l'entraînement de force, des sauts, et tout cela au moins 4 jours par semaine. La densité osseuse baissait également un peu chez ces femmes, mais moitié moins vite que chez les femmes non sportives du même âge.