"Il y a deux sortes de personnes. Celles qui regardent Glastonbury (NDLR : un grand festival de musique britannique) à la télévision comme si c'était un film d'horreur. Sous leur plaid, ils observent l'enfer boueux, en soupirant de soulagement de ne pas y être. Contents d'être installé dans leur canapé, et pas au festival - parmi les milliers de gens bruyants, ivres, à la vessie pleine et aux cheveux gras. Ensuite, il y a les gens qui aiment aller à Glastonbury." Jessica Pan, une journaliste américaine qui vit à Londres, appartient à la première catégorie. Elle a été introvertie et timide toute sa vie. Depuis que Pan a lu le best-seller de Susan Cain "La force des discrets"- comme des millions d'autres - elle s'est rendu compte que ce trait de caractère n'est pas un handicap, mais une force.
...

"Il y a deux sortes de personnes. Celles qui regardent Glastonbury (NDLR : un grand festival de musique britannique) à la télévision comme si c'était un film d'horreur. Sous leur plaid, ils observent l'enfer boueux, en soupirant de soulagement de ne pas y être. Contents d'être installé dans leur canapé, et pas au festival - parmi les milliers de gens bruyants, ivres, à la vessie pleine et aux cheveux gras. Ensuite, il y a les gens qui aiment aller à Glastonbury." Jessica Pan, une journaliste américaine qui vit à Londres, appartient à la première catégorie. Elle a été introvertie et timide toute sa vie. Depuis que Pan a lu le best-seller de Susan Cain "La force des discrets"- comme des millions d'autres - elle s'est rendu compte que ce trait de caractère n'est pas un handicap, mais une force.Tout est bien qui finit bien. Jusqu'à ce que Pan soit au chômage et que ses meilleurs amis déménagent. Soudain, elle se sent seule et décide de changer. Elle essaierait de vivre pendant un an comme une "personne extravertie et sociable". Et elle a écrit un livre à ce sujet : Sorry I'm Late, I Didn't Want to Come (Désolée, je suis en retard, mais je ne voulais pas venir). Alerte spoiler : après un an, Pan est encore introvertie, mais plus sage. Elle a appris que parler à des inconnus peut être amusant, pour ne citer qu'un exemple. C'est également prouvé scientifiquement. La chercheuse américaine Sonja Lyubomirsky (Université de Californie) a demandé à un groupe de participants de se comporter comme un(e) extraverti(e) pendant une semaine et comme un(e) introverti(e) pendant une semaine. Après la semaine extravertie, ils ont indiqué avoir des sentiments plus positifs qu'après la semaine introvertie. Voilà pour la conclusion de l'étude. Mais les médias populaires en ont distillé un conseil pour tous les introvertis : essayez d'être aussi extraverti que possible, cela vous rendra plus heureux.Sortir de sa zone de confort De nombreuses études révèlent que les personnes extraverties, en moyenne, éprouvent des sentiments plus positifs, déclare le professeur de psychologie Peter Kuppens (KU Leuven). "Mais ce qui frappe, c'est qu'il y a un lien beaucoup moins fort avec les émotions négatives. Les personnes introverties ne sont pas nécessairement plus malheureuses. La grande différence, c'est que les personnes extraverties passent plus souvent du temps dans des environnements où elles sont stimulées positivement. Lorsqu'elles sont au centre de l'attention lors d'une fête animée, les émotions positives s'accumulent. Quelqu'un qui a une personnalité introvertie, qui préfère lire un livre à la maison, reçoit moins d'attention, mais celle-ci ne lui manque pas. Comparez ça à quelqu'un qui aime vraiment manger du chocolat. Lâchez cette personne chez un chocolatier, et elle se sentira très bien tout le temps. Quelqu'un qui n'aime pas le chocolat n'en aura rien à faire."Pour son étude, Lyubomirsky n'a d'ailleurs pas travaillé spécifiquement avec des personnes introverties, mais avec des participants au hasard, explique Kuppens. "Ils ont dû se comporter en introvertis pendant une semaine, puis en extravertis pendant une semaine, bien que les chercheurs aient utilisé des "'termes neutres", tels que "spontanés" et "assertifs" versus "tranquilles" et "réservés". Pendant la semaine extravertie, il y a eu plus d'expériences amusantes - cela va sans dire - et donc aussi plus d'émotions positives. Mais celles-ci ont surtout été constatées auprès de personnes "qui pensent que de telles expériences leur vont bien". Vous pouvez deviner qu'il s'agit pour la plupart de personnes à la personnalité extravertie.Sortir de sa zone de confort de temps en temps ne peut pas faire de mal, souligne Kuppens. Mais c'est quelque chose que les introvertis font d'eux-mêmes. "Il arrive à tout le monde de faire une présentation au travail ou de parler à un inconnu. La plupart des introvertis s'en sortent très bien. De plus, nous savons par la recherche que les gens ne sont pas 'coincés' dans leur personnalité. Une personne moyennement introvertie se comporte parfois de façon plus extravertie qu'un extraverti. Mais on n'a pas besoin de changer votre personnalité pour être plus heureux. Les personnes introverties ont souvent des contacts sociaux très profonds, mais elles n'aiment pas se retrouver dans un grand groupe. Et il n'y a rien de mal à ça."