Le contact de la peau est un besoin primaire au même titre que boire ou manger, l'être humain étant un animal social qui a besoin de ses semblables pour survivre. Ce contact physique en dit souvent plus long que des paroles : serrer quelqu'un dans nos bras est la meilleure manière de le consoler et, lorsque nous nous sentons seuls et déboussolés, il suffit parfois qu'un autre nous prenne la main pour nous réconforter. Le contact physique crée en effet un lien, une confiance mutuelle et une impression de sécurité.
...

Le contact de la peau est un besoin primaire au même titre que boire ou manger, l'être humain étant un animal social qui a besoin de ses semblables pour survivre. Ce contact physique en dit souvent plus long que des paroles : serrer quelqu'un dans nos bras est la meilleure manière de le consoler et, lorsque nous nous sentons seuls et déboussolés, il suffit parfois qu'un autre nous prenne la main pour nous réconforter. Le contact physique crée en effet un lien, une confiance mutuelle et une impression de sécurité. Il suffit pour s'en convaincre de regarder ce qui se passe après un attentat terroriste ou un autre événement traumatisant : des hommes et des femmes se consolent, s'enlacent, se donnent une tape sur l'épaule ou se tiennent la main. Il n'en va pas autrement lors d'un événement heureux, comme quand des supporters se tombent dans les bras lorsque l'équipe qu'ils soutiennent marque un goal. L'importance du toucher est particulièrement évidente lorsqu'il nous fait défaut. On sait de longue date que le fait d'être privé de contacts physiques significatifs peut, à terme, s'avérer lourd de conséquences sur le plan tant émotionnel que physique. Le scientifique Harry Harlow l'a démontré dans les années 1950 dans une étude aussi célèbre que controversée, en retirant des singes nouveau-nés à leur mère pour les élever en laboratoire dans un total isolement social. Conséquence ? Les animaux présentaient un développement anormal, des dépressions et de l'agressivité. Lorsqu'ils étaient réintroduits parmi leurs semblables, ils ne semblaient pas à même de se reproduire. Il en va de même chez les enfants humains qui présentent également un risque accru de troubles du développement lorsqu'ils ne sont pas suffisamment câlinés, consolés et bercés. Ceux et celles qui ont eu l'occasion de voir les documentaires consacrés aux orphelinats roumains sous Ceausescu, il y a une trentaine d'années, n'oublieront sans doute jamais les images déchirantes de ces enfants aux yeux vides qui ne recevaient que les soins les plus strictement nécessaires. Une telle absence d'interactions humaines et de contact physique affecte le cerveau de façon bien réelle. Mais d'où vient donc l'effet salutaire du toucher ? La peau est le plus grand et le plus important de nos organes sensoriels et ses millions de cellules réagissent au moindre contact. Celui-ci stimule les terminaisons nerveuses, qui envoient à leur tour des signaux au cerveau et y déclenchent la mise en route d'une multitude de processus. Un simple câlin permet par exemple d'abaisser le taux de cortisol et de réduire ainsi très rapidement la tension et le stress, mais il améliore aussi l'humeur en stimulant aussi la production d'endorphines, les hormones du bien-être. D'autres hormones sont également sécrétées, comme la dopamine et la sérotonine, aux effets apaisants et qui apportent une sensation de calme et de sécurité. Le rôle le plus déterminant revient toutefois à l'ocytocine ou " hormone de l'attachement ", qui réduit le stress et induit un sentiment de bien-être. Elle nous aide à nous sentir heureux et nous donne envie de contacts et de convivialité, elle abaisse notre tension, favorise la digestion et apaise la douleur. Une personne qui produit beaucoup d'ocytocine est détendue et se sent plus proche des autres... et pour en stimuler la production, il suffit de s'offrir régulièrement un câlin ! Les personnes qui donnent et reçoivent régulièrement des câlins sont aussi moins sensibles à des infections comme la grippe, comme l'ont révélé des travaux réalisés à l'université Carnegie Mellon aux États-Unis et publiés il y a quelques années dans la revue scientifique Psychological Science. Une étude de suivi a en outre démontré récemment que ce type de contact physique favorise les pensées positives et inhibe la négativité. Conclusion des chercheurs : plus on se cajole, mieux on gère les irritations et frustrations. Le soutien social ressenti lors d'un câlin a donc un impact bien plus grand qu'on ne pourrait le croire sur la santé aussi bien psychologique que physique. Vous n'êtes pas trop amateur de grandes démonstrations d'affection ? Même un contact plus réservé peut déjà avoir un effet positif... y compris lorsqu'il est inconscient et fait intervenir de parfaits inconnus. Une expérience a par exemple révélé que les personnes fréquentant une bibliothèque se sentaient mieux en repartant lorsque l'employé(e) leur avait rendu leur carte en leur effleurant discrètement la main sans même qu'ils ne s'en rendent compte. D'autres recherches ont découvert qu'un contact physique superficiel accroît les pourboires et les ventes, que les équipes sportives ont plus de chances de gagner lorsque leurs membres se touchent davantage au cours d'un match et que les patients que l'infirmière rassure d'une petite tape sur l'épaule sont moins tendus avant une opération. Conclusion : le contact physique est un remède extrêmement puissant, gratuit et à la portée de tous !