Alors que les taux de vaccinations s'améliorent dans le monde, malgré les quelques réticences et doutes qui subsistent encore, l'OMS affirme que cette protection ne suffit pas à empêcher la circulation du virus dans de nombreux pays. La source du problème : une inégalité en matière de vaccination dans certaines zones et groupes de populations d'Europe.
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Alors que les taux de vaccinations s'améliorent dans le monde, malgré les quelques réticences et doutes qui subsistent encore, l'OMS affirme que cette protection ne suffit pas à empêcher la circulation du virus dans de nombreux pays. La source du problème : une inégalité en matière de vaccination dans certaines zones et groupes de populations d'Europe.Ces lacunes laissent un nombre croissant d'individus sans protection et ont provoqué une épidémie de rougeole en 2018, alerte l'OMS dans un rapport qui regroupe toutes les données annuelles sur cette maladie. Parmi les pays les plus touchés, l'Ukraine a signalé le nombre le plus élevé de cas de rougeole l'année dernière. Un nombre plus de 10 fois supérieur à celui de la Serbie, pourtant deuxième du classement. En Belgique, seuls 120 cas ont été déclarés par les autorités compétentes.D'après le rapport, la rougeole aurait entraîné 72 décès en 2018, contre 42 en 2017. "Une tragédie pourtant évitable", estime l'OMS. Cette maladie virale hautement infectieuse peut en effet parfois causer de graves complications pour la santé (au niveau des poumons ou du cerveau par exemple) et, dans certains cas, mener à la mort.Afin d'assurer la protection de l'ensemble de la population contre la rougeole, l'agence précise qu'au moins 95% de la communauté européenne doit être immunisée grâce à l'injection de deux doses de vaccin ou suite à une exposition antérieure au virus. Ce qui n'était pas le cas dans 34 pays européens en 2017.Cette recrudescence des cas de rougeole en 2018 a suivi une année au cours de laquelle les pays européens ont atteint leur plus haut taux de couverture vaccinale jamais estimé pour la deuxième dose de vaccin conseillée. Dans ce cas, comment expliquer cette situation ? "Bien que les données indiquent une couverture vaccinale exceptionnellement élevée au niveau régional, elles reflètent également un nombre record de personnes touchées et tuées par la maladie ", explique le Dr Zsuzsanna Jakab, directrice régionale de l'OMS pour l'Europe. "Cela signifie que les lacunes au niveau local restent une porte ouverte au virus ". La plupart des pays européens où la couverture vaccinale est insuffisante sont des pays à revenu intermédiaire, constate l'OMS.À savoir qu'en Ukraine, les taux de vaccinations contre la rougeole avaient fortement diminué au cours de son conflit avec la Russie, atteignant les 31% en 2016 (l'un des chiffres les plus bas au monde). Et même si fin 2017, ce pourcentage s'est considérablement amélioré - avec un taux de 90% d'enfants vaccinés - il faut désormais le maintenir à ce niveau pour protéger la population contre de nouvelles épidémies de rougeole.