En France, les accidents vasculaires cérébraux (AVC) tuent toujours plus de 30.000 personnes par an, en majorité des femmes. C'est ce qui ressort d'une étude publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'agence Santé publique France.

L'AVC, ou "attaque cérébrale" est dû à l'arrêt brutal de l'irrigation sanguine qui prive d'oxygène les zones du cerveau touchées. C'est une urgence absolue, le traitement devant intervenir dans les quatre heures et demie suivant l'AVC, le plus tôt étant le mieux afin d'éviter le décès ou des séquelles motrices ou intellectuelles importantes.

Il est important de préciser qu'il existe deux principaux types d'AVC. Premièrement, les accidents ischémiques, qui concernent la majorité des cas (80 %), consistent en l'occlusion d'une artère à destination cérébrale (comme la carotide par exemple). Deuxièmement, dans environ 20 % des cas, il s'agit d'accidents hémorragiques, provoqués par la rupture d'un vaisseau.

Baisse de 13 % entre 2008 et 2013

Des progrès ont tout de même été réalisés. Le développement d'unités neuro-vasculaires spécialisées a permis de prendre plus rapidement en charge la pathologie. Le taux de mortalité par AVC a baissé d'environ 13 % entre 2008 et 2013 dans presque toutes les catégories d'âge, sauf celle des femmes âgées entre 45 et 64 ans et celle des personnes de plus de 85 ans.

L'AVC, première cause de mortalité chez les femmes

L'AVC est la première cause de mortalité chez les femmes devant le cancer du poumon, avec 18.343 décès enregistrés en 2013. Elle est la troisième cause de mortalité chez les hommes (13.003 décès) après le cancer du poumon et les "causes externes", comme les accidents ou le suicide.

Il y a plus de risques de contracter un AVC en fonction de son âge, de l'hypertension artérielle, du tabagisme, du diabète, de l'obésité ou encore de la sédentarité. Le fait que le taux de mortalité chez les femmes de 45 à 64 ans n'ait pas baissé est dû à une forte augmentation du tabagisme pour cette catégorie d'âge. Les taux de mortalité varient aussi fortement selon les régions.

Les hospitalisations en hausse

Selon une autre enquête de la BEH, les hospitalisations pour AVC ont progressé en France entre 2008 et 2014, passant de 97.000 à 110.000. Elles ont baissé pour les personnes âgées, mais ont augmenté de manière importante chez les 35-64 ans, notamment à cause du tabagisme, de la sédentarité, de la consommation de cannabis, de l'alcool ou de la pollution de l'air.

L'importance de la prévention

Près de 25 % des AVC apparaissent chez des personnes de moins de 65 ans, pour qui les conséquences peuvent être très graves, notamment sur le plan professionnel, car 30 % à 50 % des cas ne peuvent généralement pas reprendre leur travail suite à un accident.

L'organisme de Santé publique français préconise un investissement important dans les campagnes de prévention, notamment pour que la population puisse plus facilement reconnaître les signes de l'AVC, comme la paralysie, l'engourdissement d'un côté du corps, les troubles du langage, la diminution soudaine de la vision d'un oeil, les vertiges ou les troubles de l'équilibre.

Et en Belgique ?

En Belgique, les AVC sont également la première cause de mortalité chez les femmes, majoritairement celles de plus de 75 ans. En-dessous de cet âge, l'AVC chute à la 6e place des causes de mortalité et à la 7e pour les hommes. L'âge est donc un facteur important. Que les femmes âgées soient plus touchées que les hommes peut s'expliquer simplement par le fait que plus on avance dans l'âge, plus la proportion de femmes augmente. Il y a donc une certaine logique à ce qu'elles soient plus touchées.

Les derniers chiffres disponibles, communiqués par l'Institut de Santé publique, nous apprennent qu'en 2014, 4005 femmes sont décédées à cause d'un AVC, pour 2793 décès chez les hommes. Par rapport à 2000, le nombre de décès a tendance à diminuer, et ce pour les deux sexes. Pour cette année-là, les décès de femmes suite à un AVC étaient de l'ordre de 5232 unités. Pour les hommes, 3506.

Les décès par AVC ont diminué de manière générale de 9 % en 15 ans. On constate aussi que le taux de décès dû à cette cause diminue pour toutes les tranches d'âge.

"Cette diminution importante dans le temps peut s'expliquer notamment par une prise de conscience des risques qui pourraient entraîner un AVC, comme l'hypertension, de mieux en mieux traitée. Les prises en charge médicales sont elles aussi bien plus efficaces, comme le traitement thrombolytique par exemple. Les efforts de prévention visant à réduire les facteurs de risque tel que le tabagisme et l'hypercholestérolémie ont aussi été multipliés", nous explique le Dr. Renard, du service "Enquêtes, mode de vie et maladies chroniques" de l'ISP.

Les hospitalisations en baisse

Le Service Public Fédéral Santé publique nous apprend que les hospitalisations dont la cause principale est l'AVC étaient de l'ordre d'environ 33.100 en 2014, en légère diminution par rapport aux chiffres de 2008, où elles étaient de l'ordre d'environ 34.700.

En ce qui concerne les hospitalisations pour des hémorragies, les chiffres fournis par le SPF Santé publique nous indiquent qu'elles se stabilisent voire diminuent légèrement depuis 2008 (pour les hémorragies intracérébrales). En ce qui concerne les hospitalisations pour l'occlusion des artères, elles ont tendance à diminuer (pour les ischémies cérébrales transitoires et les occlusions et sténose des artères pré cérébrales) mais ont augmenté pour les occlusions des artères cérébrales.