Depuis 2014, ce dernier a conclu une bien étrange alliance avec le " Big Tobacco " (l'industrie du tabac). Objectif : venir à bout, notamment, des virus HIV, H1N1 ou encore Ebola, cette fièvre hémorragique terrible, apparue en République démocratique du Congo et au Soudan en 1976, et pour laquelle il n'existe ni remède, ni vaccin.
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Depuis 2014, ce dernier a conclu une bien étrange alliance avec le " Big Tobacco " (l'industrie du tabac). Objectif : venir à bout, notamment, des virus HIV, H1N1 ou encore Ebola, cette fièvre hémorragique terrible, apparue en République démocratique du Congo et au Soudan en 1976, et pour laquelle il n'existe ni remède, ni vaccin. Or, Ebola (tout comme sa cousine, la fièvre de Lassa) figure sur la liste dressée par l'OMS qui répertorie huit maladies capables de se transformer en épidémies mondiales et de menacer l'humanité tout entière. Dans un contexte international tendu, on peut, par ailleurs, se demander ce qu'il se passerait si un groupe terroriste décidait de se servir d'un virus de type Ebola comme arme biologique... La situation est tellement sérieuse que, depuis l'année dernière, une coalition de lutte internationale contre la maladie a été créée, dans la foulée de la plus terrible épidémie d'Ebola que le monde ait jamais connu : 28 000 personnes infectées, 11 300 morts, en Sierra Leone, Guinée et Liberia, dans les années 2014 à 2016. Cette Cepi (Coalition for Epidemic Preparedness Innovations) vient d'ailleurs d'annoncer, le 7 mars dernier, le déblocage d'une première enveloppe de 30 millions d'euros destinée, notamment, à la recherche sur un candidat vaccin contre la fièvre de Lassa qui sévit actuellement au Nigeria et qui a déjà fait plus de cent morts, depuis janvier. Autant dire que la lutte contre les virus émergents est plus que jamais d'actualité. Dans ce contexte, c'est le tabac qui pourrait bien être la clé dans la mise au point d'un vaccin révolutionnaire contre Ebola. Concrètement, il s'agit d'infecter les plantes avec le virus et de leur faire produire, à grande échelle et à faible coût, des protéines humaines (anticorps) que l'on injecterait ensuite aux patients. On planche sur cette technique depuis 2014. Ainsi, au Kentucky, aux Etats-Unis, ce qui ressemble à une banale serre agricole abrite une véritable usine pharmaceutique, propriété du géant américain du tabac, Reynolds American Inc., qui a fait l'acquisition de la société KPB (Kentucky BioProcessing). Mais Reynolds n'est pas le seul cigarettier à vouloir sa part du marché. Partout, les recherches sur les vertus du tabac explosent : ainsi, Philip Morris International, en partie propriétaire de la société canadienne Médicago, travaille-t-il également sur un sérum anti-Ebola.