Si planifier un voyage est toujours excitant, on redoute parfois les effets du décalage horaire sur notre corps et notre forme physique, au début du voyage et au retour. Un petit traumatisme qui pourrait cependant avoir des effets positifs sur le cerveau, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Cell Reports. La nouvelle recherche démontre qu'un stress cérébral temporaire, accompagné d'une perturbation du rythme circadien, pourrait aider à protéger le cerveau contre le stress.
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Si planifier un voyage est toujours excitant, on redoute parfois les effets du décalage horaire sur notre corps et notre forme physique, au début du voyage et au retour. Un petit traumatisme qui pourrait cependant avoir des effets positifs sur le cerveau, selon une nouvelle étude publiée dans la revue Cell Reports. La nouvelle recherche démontre qu'un stress cérébral temporaire, accompagné d'une perturbation du rythme circadien, pourrait aider à protéger le cerveau contre le stress. Il n'est pas rare que les patients atteints de maladies neurodégénératives connaissent des perturbations majeures de leur cycle sommeil-éveil, comme l'insomnie ou le besoin excessif de sommeil. Selon la recherche, les perturbations continues du rythme circadien peuvent entrainer une augmentation du niveau de stress et une baisse générale de la qualité de vie de ces patients. Pour étudier comment l'horloge circadienne contribue aux maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson...), les chercheurs ont examiné le gène qui la régule. Pour mener à bien l'étude, ils ont déclenché un décalage horaire chez les mouches à fruits. Ils ont constaté que cela protégeait les neurones de leur cerveau. Selon le Washington Post, le cerveau de ces mouches est relié aux rythmes circadiens de la même manière que celui des humains. Pour simuler un scénario similaire au décalage horaire induit par le déplacement des mouches, les chercheurs les ont placées dans un cycle sommeil-éveil perturbé de 20 heures. Selon les résultats, le décalage horaire peut renforcer les voies neurales du cerveau d'une manière importante et retarder l'apparition et la progression des maladies neurodégénératives. "Cela semble contre-intuitif, mais nous avons démontré qu'un peu de stress est une bonne chose. Nous avons subtilement manipulé le rythme circadien, et ce stress semble être neuroprotecteur", confirme le Dr Ravi Allada, expert en rythmes circadiens et auteur principal de l'étude. "Nous savons depuis longtemps qu'une horloge interne perturbée est un indicateur précoce de maladie neurodégénérative. Dans de nombreux cas, la perturbation du sommeil précède tout autre symptôme. Mais nous ne savions pas si la perturbation circadienne était une cause ou une conséquence de la maladie", explique-t-il. Allada s'attendait à ce que le décalage horaire nuise au cerveau, mais les résultats ont été surprenants : "Nous nous demandions si l'horloge biologique jouait un rôle dans la maladie. Il s'est avéré que c'était important, mais d'une manière que nous n'avions pas prévue", avoue Allada. L'équipe veut désormais approfondir ses recherches pour mieux comprendre comment ralentir davantage la progression des différentes maladies neurodégénératives.