Connaître le taux de mortalité du Covid-19 est important. Primordial même, car si le taux de mortalité est mal estimé, la réponse à une situation épidémique sera inadaptée. "Si on calcule un taux de mortalité trop faible, une communauté pourrait ne pas réagir suffisamment, et être sous-préparée. Si le taux est trop élevé, la réaction excessive pourrait, au mieux, être coûteuse et, au pire, aggraver les effets néfastes d'une utilisation excessive d'interventions telles que le confinement", explique Hilda Bastian, doctorante à l'université Bond de la Gold Coast, en Australie dans la revue Nature.

En théorie, le taux de mortalité d'une maladie est assez facile à calculer : il suffit de diviser le nombre de décès dus à l'infection par le nombre de personnes l'ayant contractée. Mais dans la pratique, dans le cas du coronavirus, il y a des zones d'ombre derrière les données chiffrées. Tous les décès liés au covid-19 n'ont, en effet, pas été testés et le nombre de personnes infectées est estimé sur la base du nombre de personnes ayant des anticorps dans le sang, explique le journal flamand De Standaard.

Le calcul d'un taux de mortalité précis est un véritable challenge pour une telle épidémie avancent des chercheurs dans la revue Nature, car il repose sur la connaissance du nombre total de personnes infectées , et pas seulement de celles qui sont confirmées par les tests. "Le taux de mortalité est particulièrement difficile à déterminer pour le COVID-19", explique Timothy Russell, épidémiologiste mathématicien à la London School of Hygiene and Tropical Medicine. "C'est en partie parce qu'il y a beaucoup de personnes avec des symptômes légers ou sans symptômes, dont l'infection n'a pas été détectée, et aussi parce que le temps entre l'infection et la mort peut aller jusqu'à deux mois. De nombreux pays ont également du mal à compter tous leurs décès liés au virus, dit-il. Les registres des décès suggèrent que certains d'entre eux ne sont pas pris en compte dans les comptages officiels. "

Commémoration des morts du coronavirus., BELGA
Commémoration des morts du coronavirus. © BELGA

Avec un peu de recul, des scientifiques de par le monde tentent aujourd'hui d'estimer le taux de mortalité du nouveau virus. Une étude réalisée par l'UHasselt, la KU Leuven, l'UAntwerpen, l'UGent, Statbel et Sciensano couvrant la période du 8 mars au 9 mai en donne un aperçu pour notre pays. Le taux dépend fortement de l'âge et du sexe, ainsi que de la présence ou non d'une personne dans une maison de retraite.

1 Belge infecté sur 233 meurt du coronavirus

Selon ces données, un Belge infecté a 1,25 % de risques de mourir du Covid-19. Si l'on ne tient pas compte des résidents des maisons de retraite, le taux de mortalité tombe à 0,43 %. Cela signifie qu'un Belge infecté sur 233 meurt du coronavirus. Le taux de mortalité est faible, mais beaucoup plus élevé que pour la grippe. Un patient sur 1000 meurt de la grippe, ce qui donne un taux de mortalité de 0,1 % pour cette maladie.

Dans les maisons de repos, le risque de décès est beaucoup plus élevé. Les chercheurs ne donnent pas de chiffres exacts, mais le taux de mortalité en cas d'infection varie entre 28 et 45 %. Les résidents des maisons de repos pèsent donc lourdement sur les chiffres de la mortalité. Une femme de plus de 85 ans a 11 % de risques de mourir après une infection. Si l'on ne considère que les femmes de cet âge qui ne vivent pas dans une maison de repos, le taux de mortalité tombe à 1,5 %.

Le risque de mourir de la COVID-19 peut également varier considérablement en fonction de l'âge, de l'origine ethnique, de l'accès aux soins de santé, du statut socio-économique et des conditions de santé sous-jacentes. L'étude s'attarde aussi sur les différences de sexe et d'âges concernant la mortalité causée par le Covid-19. Un homme a ainsi deux fois plus de risques de mourir qu'une femme du même âge. La probabilité de décès passe de presque zéro (moins de 45 ans) à 4 % pour les hommes de 85 ans vivant à la maison.

Beaucoup plus faible en Chine

Le taux de mortalité calculé pour la Belgique pour la population générale de 1,25% est beaucoup plus élevé que dans d'autres pays. En Chine, il est estimé à 0,6 %, en France à 0,7 %. Au Brésil et en Espagne, il est de 1 %.

Les chercheurs estiment dans la revue Nature que la plupart des résultats dans le monde fluctuent autour de 0,5 à 1 %. Toutefois, en raison de l'incertitude quant au nombre de décès et d'infections, les données chiffrées de l'épidémie sont souvent difficiles à comparer, tempère le professeur de bio statistique Geert Molenberghs (UHasselt, KU Leuven) dans De Standaard. "Le virus est le même partout. Si la structure de la population est la même, le risque de décès doit être similaire". A moins que le système de soins ne soit débordé, comme ce fut le cas en Italie. Dans les pays à population jeune, le taux de mortalité est aussi plus faible, précisément parce que le Covid-19 touche principalement les personnes âgées.

Même si les estimations varient, il est clair que l'impact du Covid-19 est beaucoup plus lourd que celui de la grippe. Le taux de mortalité est ainsi cinq à dix fois plus élevé. Selon les statistiques belges, il peut même être douze fois plus élevé.

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