L'étude suggère que les changements dans la manière dont notre cerveau utilise son énergie surviennent plus lentement chez les femmes. Bien qu'aucune recherche n'a pu encore le prouver, cela pourrait donc expliquer pourquoi ces dernières conservent de bonnes capacités cognitives à un âge avancé.
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L'étude suggère que les changements dans la manière dont notre cerveau utilise son énergie surviennent plus lentement chez les femmes. Bien qu'aucune recherche n'a pu encore le prouver, cela pourrait donc expliquer pourquoi ces dernières conservent de bonnes capacités cognitives à un âge avancé."Le métabolisme cérébral change avec l'âge, mais nous avons constaté qu'une bonne partie de la variation observée est due aux différences entre les sexes", a déclaré Marcus Raichle, neurobiologiste à la faculté de médecine de l'Université de Washington à Saint-Louis. "Si vous regardez comment le métabolisme cérébral prédit l'âge d'une personne, les femmes ont l'air d'avoir environ quatre ans de moins que leur âge".Dans un premier temps, les scientifiques ont utilisé une technique d'analyse du cerveau, appelée tomographie par émission de positons (ou PET scan), pour mesurer le flux d'oxygène et de glucose dans le cerveau de 121 femmes et 84 hommes. Ces analyses ont révélé comment le sucre était transformé en énergie dans différentes parties du cerveau.Ainsi, chez les bébés et les jeunes enfants, le processus de glycolyse aérobie - qui transforme le glucose en gaz carbonique et fournit de l'énergie - est augmenté pour permettre la croissance et la maturation de leur cerveau encore en développement. Le processus ralentit chez les adolescents et les jeunes adultes et diminue davantage au fil des ans jusqu'à atteindre un niveau très bas une fois que les personnes ont l'âge de 60 ans.Les chercheurs ont ensuite utilisé un algorithme informatique pour prédire l'âge des personnes en fonction de leur "métabolisme cérébral". En comparant les données relevées chez les hommes et les femmes, les scientifiques ont obtenu des résultats surprenants : soit le programme devinait avec précision l'âge des hommes, et estimait que le cerveau des femmes avait en moyenne 4 ans de moins que leur âge réel, soit il donnait à l'homme 2,4 ans de plus. La façon dont les cerveaux masculins brûlaient le sucre les faisait paraître plus âgés que les femmes du même âge.Quant à savoir d'où vient cette différence, "cela reste encore un mystère", a indiqué le Dr Raichle. Selon les chercheurs, cela ne peut pas être une question de différences hormonales, puisque la variation de "métabolisme cérébral" reste la même lorsque les femmes entrent dans la ménopause.La suite de leur étude serait de déterminer si les personnes avec un faible métabolisme du glucose dans certaines parties du cerveau sont plus à même d'avoir des pertes de mémoire, des problèmes d'apprentissage ou des maladies dégénératives avec l'âge. "Un métabolisme plus faible dans telle zone est-il prédictif d'un événement particulier à venir ? Nous ne le savons pas", explique le Dr Raichle. "Mais si la glycolyse aérobie est protectrice, et que le cerveau en perd un élément, cela pourrait effectivement poser problème".