Imaginons : une jeune fille rentre chez elle avec un insuffisant en math ; sa mère est évidemment très contrariée. Elle peut faire passer le message de deux manières. Dans le premier scénario, elle se fâche et s'exclame : " Tu n'étudies pas assez ! Tu devrais avoir honte, je ne veux plus jamais voir un résultat semblable ! " Dans le deuxième, la mère dit : " Ce n'est pas génial, mais je sais que tu as étudié. Cela m'est arrivé dans le temps en néerlandais. Bon, maintenant, les maths sont importantes pour toi si tu veux devenir médecin. Comment puis-je t'aider ? "
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Imaginons : une jeune fille rentre chez elle avec un insuffisant en math ; sa mère est évidemment très contrariée. Elle peut faire passer le message de deux manières. Dans le premier scénario, elle se fâche et s'exclame : " Tu n'étudies pas assez ! Tu devrais avoir honte, je ne veux plus jamais voir un résultat semblable ! " Dans le deuxième, la mère dit : " Ce n'est pas génial, mais je sais que tu as étudié. Cela m'est arrivé dans le temps en néerlandais. Bon, maintenant, les maths sont importantes pour toi si tu veux devenir médecin. Comment puis-je t'aider ? "Combien de fois nos réactions ne relèvent-elles pas du premier scénario ? Surtout lorsqu'il s'agit de nous-mêmes. Si cette autocritique veut nous inciter à agir, elle le fait de manière très maladroite : par des reproches. La peur d'échouer étant mauvaise conseillère, nous entreprenons encore moins. Sara Bosman, psychologue et thérapeute comportementale, recourt à l'ACT (Acceptance and Commitment Therapy), la thérapie de l'acceptation et de l'engagement. Elle plaide pour le deuxième scénario et une bonne dose d'auto-compassion : " L'indulgence et l'auto-compassion font l'objet de nombreux préjugés. Nous les confondons avec la pitié ou la paresse. Nous avons peur aussi que cela génère de l'égoïsme et moins d'empathie. Or, l'indulgence crée justement un contexte sécurisant dans lequel une personne peut recevoir une critique ou comprendre qu'elle a mal fait quelque chose. Cela donne la force de réagir. Elle ne va plus s'identifier avec ses échecs pour aller de l'avant. "La bienveillance est une manière d'aborder la vie. Notre éducation peut nous l'enseigner, mais on peut aussi s'y entraîner. En étant plus indulgent avec soi-même, on le devient aussi avec les autres. L'entraînement à l'auto-compassion se compose de trois étapes. La première consiste à constater que vous vivez une expérience désagréable. Vous avez peur ou vous êtes fâché, on vous critique, vous vous voulez fuir en fumant une cigarette ou en buvant un verre, vous avez mal... Observez ce que vous vivez sans en être submergé et sans le refouler. Les personnes qui ont honte et se sentent mal ont souvent l'impression qu'elles sont anormales, qu'elles sont les seules à vivre ce genre de choses. Cela complique la prise de conscience de sa douleur ou de son erreur. La deuxième étape consistera donc à prendre conscience que ce que vous ressentez n'est pas anormal, que d'autres vivent pareilles situations. C'est ce que la mère exprime aussi en évoquant son examen de néerlandais. " Lors de la dernière étape, vous allez faire preuve d'amabilité à votre égard. Vous allez vous consoler et vous traiter avec bienveillance. Cela vous motivera à agir dans le sens de ce que vous estimez important dans la vie. L'auto-compassion est un instrument pour changer un comportement ", affirme Sara Bosman. Dans le premier scénario, la fille évoquée au début de l'article va probablement étudier beaucoup, de peur de susciter la colère de sa mère. Ou elle va se braquer, par peur de l'échec. Dans le deuxième scénario, elle va étudier autant, mais cette fois parce qu'elle a compris que les maths sont importantes pour elle. " Souvent nous nous laissons mener de manière négative par nos peurs alors que nous devrions essayer de nous laisser mener de manière positive par nos valeurs ", souligne Sara Bosman. Les valeurs sont nos motivations internes. Vous voulez être créatif, continuer à apprendre toute votre vie, être aimant et soutenant dans vos relations ? Cherchez vos propres valeurs, indépendamment de toute pression sociale, de peurs... et vous apprendrez ainsi à gérer des pensées et des sentiments difficiles (" Je n'y arriverai pas " / "Je ne le mérite pas ") qui brouillent vos réactions. " Nous utilisons souvent la métaphore du chien. Vous apercevez un beau chien et vous vous en approchez pour le caresser. Mais l'animal commence à aboyer et à mordre. Vous êtes fâché... jusqu'au moment où vous voyez que sa patte est coincée dans un piège. Aussi, quand vous adoptez un comportement négatif, essayez de comprendre pourquoi vous avez agi de telle manière, quel sentiment vous a dominé... ce qui ne veut pas dire que vous êtes comme cela. Nous faisons tous des erreurs et nous décevons tous quelqu'un un jour ou l'autre. En ayant suffisamment d'auto-compassion, vous pouvez vous dire : 'J'ai aboyé et mordu comme ce chien, ce qui ne correspond pas à mes valeurs. Comment est-ce que je veux me comporter en fait ? ' Et repartir de là. "TINE BERGEN"L'auto-compassion est un instrument pour changer un comportement."