Ce pourrait bien être l'os artificiel parfait que de nombreuses sociétés de par le monde tentent de créer depuis des années. La société liégeoise CERHUM spécialisée dans l'impression 3D de greffons synthétiques biocompatibles a mis sur le marché un os "sur mesure".
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Ce pourrait bien être l'os artificiel parfait que de nombreuses sociétés de par le monde tentent de créer depuis des années. La société liégeoise CERHUM spécialisée dans l'impression 3D de greffons synthétiques biocompatibles a mis sur le marché un os "sur mesure".En mars dernier, le premier implant de ce type, baptisé "MyBone", a pu être greffé chez une patiente atteinte d'un cancer. La technique a été utilisée pour combler un défaut de l'os mandibulaire, sectionné en raison d'une tumeur. L'intervention a permis de reconstituer cet os tel qu'il était avant l'apparition de la tumeur. Il ne s'agit aucunement d'une prothèse, l'implant stimule la régénération osseuse. "Cet implant est parfaitement adapté aux besoins et à la morphologie du patient. Il a été réalisé à partir de biocéramique constituée de calcium phosphate synthétique, une matière déjà utilisée en chirurgie et chimiquement très proche de l'os biologique. Il s'intègre parfaitement à l'organisme", nous explique Gregory Nolens fondateur de CERHUM et Docteur en sciences biomédicales à l'ULiège. Cette innovation a été aussi été rendue possible par la technologie de la société 3D Side de Louvain-La-Neuve. L'os synthétique a ainsi pu être modélisé de manière ultra-précise à partir d'images médicales (CT-Scan) de la patiente par le logiciel de la start-up, pour être ensuite imprimé en 3D par la société CERHUM. "L'implant est imprimé avec une précision inférieure au millimètre", précise Grégory Nolens. L'avantage de l'utilisation d'un os artificiel rend la prise en charge des patients beaucoup moins invasive. Dans une intervention classique, la greffe nécessite en effet d'aller chercher de l'os dans une autre partie du corps, par exemple dans le péroné. "Cette technique dure de nombreuses heures et le patient se retrouve en quelques sortes mutilé. L'os artificiel permet d'éviter des séquelles éventuelles au patient ", explique Gregory Nolens. "L'autre avantage réside dans la porosité de l'implant. On crée des petits trous pour que l'os du patient puisse venir coloniser le greffon. Les trous permettent aux cellules et aux vaisseaux sanguins de se frayer un chemin, et de progressivement coloniser l'implant, et surtout de refaire du vrai os à l'intérieur du greffon. Le matériau que l'on a créé est vraiment reconnu par le corps comme de l'os. Il n'y aura donc pas de rejet et le greffon pourra rester en place toute la vie du patient", détaille-t-il. Six semaines après l'opération, l'équipe de chirurgiens du CHU Saint-Luc à Bruxelles confirme la réussite de l'opération et le caractère révolutionnaire de la technologie. "Cette opération était totalement inédite, souligne le Pr. Dr. Sandra Schmitz, Chef de Clinique-Unité de Chirurgie cervico-faciale au sein de l'hôpital universitaire. Nous pouvons affirmer aujourd'hui que l'opération est une réussite complète. Les résultats après 6 semaines sont excellents. Le greffon est bien en place et s'adapte parfaitement au défaut découpé." L'intervention a été effectuée en collaboration avec le Dr Coyette du service de chirurgie plastique du Pr Lengelé, qui avance "avoir des idées pour faire évoluer la technique chirurgicale".La technique est destinée dans un premier temps à des interventions simples de la chirurgie maxillo-facial. D'autres applications plus complexes sont envisagées à l'avenir et notamment en chirurgie dentaire pour des implants ou en chirurgie plastique pour des reconstructions nasales ou de mâchoires. "Nous avons aussi reçu de l'intérêt de la communauté transgenre dans le cadre de la "féminisation du visage". Cela fait partie des applications de chirurgie plastique (pommette, menton, front)", commente encore le fondateur de CERHUM.