L'année dernière, le pays tout entier a poussé un soupir de soulagement lorsque les coiffeurs ont rouvert leurs portes après plusieurs mois d'arrêt forcé. Il est vrai que, pour nombre d'entre nous, une visite chez le coiffeur ne répond pas seulement à un besoin pratique: c'est une manière de prendre soin de nous. Alors que des repousses qui fond grise mine, une tignasse en bataille et des pointes qui fourchent peuvent nous pourrir le moral, des cheveux fraîchement coupés nous aident souvent à nous ...

L'année dernière, le pays tout entier a poussé un soupir de soulagement lorsque les coiffeurs ont rouvert leurs portes après plusieurs mois d'arrêt forcé. Il est vrai que, pour nombre d'entre nous, une visite chez le coiffeur ne répond pas seulement à un besoin pratique: c'est une manière de prendre soin de nous. Alors que des repousses qui fond grise mine, une tignasse en bataille et des pointes qui fourchent peuvent nous pourrir le moral, des cheveux fraîchement coupés nous aident souvent à nous sentir mieux dans notre peau. En effet, notre coiffure contribue à exprimer notre identité et à modeler l'image que nous présentons au monde extérieur. Rien de tel que de changer de tête pour marquer un grand tournant dans sa vie, par exemple. Nathalie Selle, coiffeuse, est bien consciente de ses responsabilités: "Je sais que je peux embellir ou au contraire gâcher toute la journée de mes clients. Les gens ne viennent pas non plus ici juste pour se faire couper les cheveux, mais pour s'offrir un instant de bien-être. Je m'efforce donc de leur proposer un véritable moment cocooning dans une ambiance détendue, avec une musique agréable, un petit café et un massage du crâne. Évidemment, je tiens surtout à ce qu'ils repartent avec une coiffure qui leur va et qui leur plait!" Au-delà du bien-être, aller chez le coiffeur, c'est aussi une activité sociale, une occasion de papoter ou d'échanger les dernières nouvelles. Le côté thérapeutique tient sans doute aussi un peu au fait que le coiffeur est souvent une personne de confiance. "Manifestement, se faire laver et manipuler le cuir chevelu crée un contexte propice aux confidences: ce contact physique tisse un lien." La coiffeuse est parfois amenée à recevoir des patientes atteintes d'un cancer, qui préfèrent être rasées avant d'entamer une cure de chimio, mais qui n'osent pas s'y essayer elles-mêmes. "C'est toujours un moment intime et intense, chargé d'émotions. Je prends toujours mon temps et je ne sors ma tondeuse que quand la cliente se sent vraiment prête. Leurs réactions après-coup sont très variables: certaines trouvent que la boule à zéro leur va plutôt bien, tandis que d'autres s'empressent de mettre la perruque qu'elles ont apportée. Après la chimio, quand leurs cheveux commencent tout doucement à repousser, elles m'envoient souvent un message ou une photo pour me dire qu'elles vont bientôt revenir dans mon salon. Les revoir pour la première fois est souvent très émouvant. C'est un jalon dans leur histoire, un nouveau départ."