Un groupe de douze enfants prennent la mer lors d'une excursion scolaire. À cause du mauvais temps qui se lève, la petite embarcation chavire à plusieurs centaines de mètres du rivage dans une eau à 2°. Malgré la panique et le froid, une des petites filles arrive à rejoindre la berge. En hypothermie grave, elle trébuche souvent, commence par se perdre dans les bois avant de finir par trouver du secours. Trop tard, semble-t-il, pour sept des douze enfants présents sur le bateau. En effet, lorsqu'arrive l'hélicoptère des urgences, ils sont glacés et cliniquement morts depuis deux heures.

Un miracle

Dans leur malheur, ils ont tout de même eu un peu de chance. En effet, le fait qu'ils soient si froids s'est révélé une bonne chose. "Ils sont morts, mais pas vraiment morts. On avait encore une petite chance de les sauver malgré le fait que leurs coeurs avaient cessé de battre pendant plusieurs heures" raconte le médecin urgentiste.

Les médecins décident alors d'augmenter leur température corporelle d'un degré toutes les dix minutes. Après six heures à l'arrêt, le coeur des 7 enfants recommence à battre. Plus surprenant, lorsqu'après plusieurs jours de coma les enfants se réveillent, ils semblent n'avoir aucune séquelle. Leurs scans du cerveau sont absolument normaux.

L'hypothermie peut tuer, mais aussi sauver

Le froid peut effectivement protéger les organes. Ainsi, on peut réchauffer des personnes qui présentent des signes de morts apparentes, sans pouls ni respiration, avec de bonnes chances de survies. Mais cela ne vaut que s'ils sont effectivement "morts" de froid et non noyés ou étouffés par une avalanche. Ainsi une étude publiée en 1997 dans le "New England Journal of Medicine" montre que sur 32 malades ayant été réchauffés, 15 patients ont survécu. Réexaminés cinq ans après, ils étaient tous en bonne santé. Une autre étude basée sur 286 cas montre que 37% d'entre eux ont survécu, pour la plupart en bonne santé. La raison est qu'un corps refroidi est comme en hibernation et consomme moins d'oxygène. Cela vaut aussi pour le cerveau. Si à 37°, il ne faut que quelques minutes avant d'avoir des séquelles neurologiques irréversibles, on a dix fois plus de temps lorsque le corps est à 20 °C.

L'un des indices qui révèlent si un patient peut être sauvé en cas d'hypothermie sévère est le taux de potassium dans le sang, signe de mort cellulaire, précise encore la Tribune de Genève. "S'il est bas, c'est un signe encourageant. On peut alors décider de réchauffer la personne, grâce à une circulation extracorporelle où le sang est réchauffé par une machine et réinjecté dans une artère. Normalement, vers 30-32 °C, le coeur repart."

Etat de "vie suspendue" ou "Emergency Preservation and Resuscitation"

A l'université du Maryland, on vient de mener un essai clinique sur 20 patients. Des chirurgiens ont placé un patient en état de quasi-mort cérébrale pendant deux heures. Pour ce faire, ils l'ont plongé en état d'hypothermie profonde, soit le corps a une température entre 10 °C et 15 °C, tout en le vidant de son sang pour le remplacer par une solution saline. Cette technique permet de ralentir le métabolisme ainsi que l'activité cérébrale et donc de réduire les dommages irréversibles au cerveau.

En procédant ainsi, ils espèrent sauver des patients qui n'auraient pu être sauvés autrement. Elle ne concerne donc que les cas les plus critiques, soit les cas où les chances de survie ne dépassent pas les 5%. Par exemple en cas de blessure critique par balle ou arme blanche qui entraîne une hémorragie massive. Une fois opéré, on ranime le patient en remplaçant progressivement le liquide de refroidissement par du sang réchauffé avant de relancer le coeur par réanimation cardiaque. La procédure est cependant très risquée puisqu'elle peut entraîner des troubles graves comme un oedème tissulaire. Les conclusions de l'étude devraient être connues pour début 2020.

Phénomène de Lazare

Comme le personnage biblique de Lazare qui a ressuscité et est sorti de sa tombe quatre jours après sa mort, il arrive que des patients récupèrent complètement après plusieurs minutes d'asystolie (arrêt cardiaque). Mais ce phénomène est extrêmement rare puisqu'une étude n'en a répertorié que 59 cas dans la littérature médicale internationale jusqu'en 2018. Les premiers cas ont été décrits en 1982 dans The Lancet, mais il ne sera baptisé comme tel qu'à partir de 1993 par Jack G. Bray, anesthésiste et urgentiste américain, précise Le Monde.

Il existe cinq cas pédiatriques du phénomène Lazare repris dans la littérature médicale. Dans quatre cas, le retour spontané de la circulation est intervenu entre 30 secondes et 2 minutes après l'arrêt des mesures de réanimation. La "résurrection" ne sera néanmoins que passagère puisque cela n'aura été qu'un sursis de quelques heures ou jours. Et un seul des enfants aura survécu cinq mois. Il y aussi le cas de ce très jeune enfant qui serait revenu à lui après six minutes. Âgé de 18 mois, il avait été admis aux urgences d'un hôpital anglais pour un arrêt cardiaque inexpliqué. Laissé pour mort, ses parents remarquent pourtant après quelques minutes un mouvement chez leur enfant. S'il va effectivement survivre, il devra vivre avec de lourdes séquelles neurologiques.

On constate aussi le phénomène de Lazare chez les adultes bien que ce soit, là aussi, exceptionnel. Un cas révélé en 2019 aux Pays-Bas a ainsi fait la une des journaux. Une octogénaire de 80 ans est revenue à la vie 4 minutes après son décès et sans séquelles apparentes. En 2014, un autre cas aurait été répertorié en Turquie. Le patient serait lui revenu après un arrêt cardiaque de 10 minutes et là aussi sans séquelles, précise encore Le Monde. Des cas uniques qui ont tout du miracle.

En 2012, une équipe américaine a étudié 73 patients et aucuns cas de retour spontané de la circulation n'ont été observés après une période d'arrêt cardiaque de 2 minutes. De même, une étude canadienne publiée en 2014, menée elle sur 41 patients, a conclu à l'absence de retour spontané de la circulation après une période de 89 secondes suivant l'arrêt des thérapeutiques actives."

De même, la résurrection n'est souvent que de courte durée puisque 64 % des patients décèdent au cours de leur hospitalisation et il existe un risque considérable de séquelles neurologiques. La récupération neurologique, partielle ou complète, n'étant observée que dans 45 % des cas stipule toujours Le Monde.

On ne doit pas confondre le phénomène de Lazare et syndrome de Lazare. Le second désigne les troubles psychologiques de ceux qui étaient certains de mourir, mais qui ont finalement survécu. Un syndrome que l'on retrouve par exemple chez des survivants de catastrophe.

Un groupe de douze enfants prennent la mer lors d'une excursion scolaire. À cause du mauvais temps qui se lève, la petite embarcation chavire à plusieurs centaines de mètres du rivage dans une eau à 2°. Malgré la panique et le froid, une des petites filles arrive à rejoindre la berge. En hypothermie grave, elle trébuche souvent, commence par se perdre dans les bois avant de finir par trouver du secours. Trop tard, semble-t-il, pour sept des douze enfants présents sur le bateau. En effet, lorsqu'arrive l'hélicoptère des urgences, ils sont glacés et cliniquement morts depuis deux heures. Dans leur malheur, ils ont tout de même eu un peu de chance. En effet, le fait qu'ils soient si froids s'est révélé une bonne chose. "Ils sont morts, mais pas vraiment morts. On avait encore une petite chance de les sauver malgré le fait que leurs coeurs avaient cessé de battre pendant plusieurs heures" raconte le médecin urgentiste. Les médecins décident alors d'augmenter leur température corporelle d'un degré toutes les dix minutes. Après six heures à l'arrêt, le coeur des 7 enfants recommence à battre. Plus surprenant, lorsqu'après plusieurs jours de coma les enfants se réveillent, ils semblent n'avoir aucune séquelle. Leurs scans du cerveau sont absolument normaux. Le froid peut effectivement protéger les organes. Ainsi, on peut réchauffer des personnes qui présentent des signes de morts apparentes, sans pouls ni respiration, avec de bonnes chances de survies. Mais cela ne vaut que s'ils sont effectivement "morts" de froid et non noyés ou étouffés par une avalanche. Ainsi une étude publiée en 1997 dans le "New England Journal of Medicine" montre que sur 32 malades ayant été réchauffés, 15 patients ont survécu. Réexaminés cinq ans après, ils étaient tous en bonne santé. Une autre étude basée sur 286 cas montre que 37% d'entre eux ont survécu, pour la plupart en bonne santé. La raison est qu'un corps refroidi est comme en hibernation et consomme moins d'oxygène. Cela vaut aussi pour le cerveau. Si à 37°, il ne faut que quelques minutes avant d'avoir des séquelles neurologiques irréversibles, on a dix fois plus de temps lorsque le corps est à 20 °C. L'un des indices qui révèlent si un patient peut être sauvé en cas d'hypothermie sévère est le taux de potassium dans le sang, signe de mort cellulaire, précise encore la Tribune de Genève. "S'il est bas, c'est un signe encourageant. On peut alors décider de réchauffer la personne, grâce à une circulation extracorporelle où le sang est réchauffé par une machine et réinjecté dans une artère. Normalement, vers 30-32 °C, le coeur repart." A l'université du Maryland, on vient de mener un essai clinique sur 20 patients. Des chirurgiens ont placé un patient en état de quasi-mort cérébrale pendant deux heures. Pour ce faire, ils l'ont plongé en état d'hypothermie profonde, soit le corps a une température entre 10 °C et 15 °C, tout en le vidant de son sang pour le remplacer par une solution saline. Cette technique permet de ralentir le métabolisme ainsi que l'activité cérébrale et donc de réduire les dommages irréversibles au cerveau. En procédant ainsi, ils espèrent sauver des patients qui n'auraient pu être sauvés autrement. Elle ne concerne donc que les cas les plus critiques, soit les cas où les chances de survie ne dépassent pas les 5%. Par exemple en cas de blessure critique par balle ou arme blanche qui entraîne une hémorragie massive. Une fois opéré, on ranime le patient en remplaçant progressivement le liquide de refroidissement par du sang réchauffé avant de relancer le coeur par réanimation cardiaque. La procédure est cependant très risquée puisqu'elle peut entraîner des troubles graves comme un oedème tissulaire. Les conclusions de l'étude devraient être connues pour début 2020. Comme le personnage biblique de Lazare qui a ressuscité et est sorti de sa tombe quatre jours après sa mort, il arrive que des patients récupèrent complètement après plusieurs minutes d'asystolie (arrêt cardiaque). Mais ce phénomène est extrêmement rare puisqu'une étude n'en a répertorié que 59 cas dans la littérature médicale internationale jusqu'en 2018. Les premiers cas ont été décrits en 1982 dans The Lancet, mais il ne sera baptisé comme tel qu'à partir de 1993 par Jack G. Bray, anesthésiste et urgentiste américain, précise Le Monde.Il existe cinq cas pédiatriques du phénomène Lazare repris dans la littérature médicale. Dans quatre cas, le retour spontané de la circulation est intervenu entre 30 secondes et 2 minutes après l'arrêt des mesures de réanimation. La "résurrection" ne sera néanmoins que passagère puisque cela n'aura été qu'un sursis de quelques heures ou jours. Et un seul des enfants aura survécu cinq mois. Il y aussi le cas de ce très jeune enfant qui serait revenu à lui après six minutes. Âgé de 18 mois, il avait été admis aux urgences d'un hôpital anglais pour un arrêt cardiaque inexpliqué. Laissé pour mort, ses parents remarquent pourtant après quelques minutes un mouvement chez leur enfant. S'il va effectivement survivre, il devra vivre avec de lourdes séquelles neurologiques. On constate aussi le phénomène de Lazare chez les adultes bien que ce soit, là aussi, exceptionnel. Un cas révélé en 2019 aux Pays-Bas a ainsi fait la une des journaux. Une octogénaire de 80 ans est revenue à la vie 4 minutes après son décès et sans séquelles apparentes. En 2014, un autre cas aurait été répertorié en Turquie. Le patient serait lui revenu après un arrêt cardiaque de 10 minutes et là aussi sans séquelles, précise encore Le Monde. Des cas uniques qui ont tout du miracle. En 2012, une équipe américaine a étudié 73 patients et aucuns cas de retour spontané de la circulation n'ont été observés après une période d'arrêt cardiaque de 2 minutes. De même, une étude canadienne publiée en 2014, menée elle sur 41 patients, a conclu à l'absence de retour spontané de la circulation après une période de 89 secondes suivant l'arrêt des thérapeutiques actives."De même, la résurrection n'est souvent que de courte durée puisque 64 % des patients décèdent au cours de leur hospitalisation et il existe un risque considérable de séquelles neurologiques. La récupération neurologique, partielle ou complète, n'étant observée que dans 45 % des cas stipule toujours Le Monde.