L'espérance de vie des enfants nés aujourd'hui sera raccourcie de 20 mois en moyenne à cause de la toxicité de l'air, révèle l'étude Global State of Air 2019. La pollution atmosphérique a contribué à près d'un décès sur dix en 2017, ce qui en fait une cause plus meurtrière que le paludisme et les accidents de la route. Un taux comparable au tabagisme, selon le rapport.
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L'espérance de vie des enfants nés aujourd'hui sera raccourcie de 20 mois en moyenne à cause de la toxicité de l'air, révèle l'étude Global State of Air 2019. La pollution atmosphérique a contribué à près d'un décès sur dix en 2017, ce qui en fait une cause plus meurtrière que le paludisme et les accidents de la route. Un taux comparable au tabagisme, selon le rapport. En Asie du Sud, les enfants peuvent s'attendre à voir leur vie écourtée de 30 mois, et en Afrique subsaharienne de 24 mois, en raison d'une combinaison de pollution extérieure causée par la circulation et l'industrie, et d'air toxique intérieur. Dans l'est de l'Asie, la pollution atmosphérique pourrait diminuer l'espérance de vie d'environ 23 mois. Un phénomène qui touchera dans une moindre mesure les pays développés, avec une moyenne de 5 mois en moins. "Le fait que la vie des enfants soit tellement écourtée a été un choc. Il n'y a pas de solution miracle, mais les gouvernements devraient agir", réagit Robert O'Keefe, vice-président de l'institut qui produit le rapport. La pollution de l'air menace la santé de toutes les classes de population, de tous les groupes. Mais certaines personnes y sont plus vulnérables. C'est le cas des personnes âgées, de ceux qui ont des problèmes respiratoires, ou encore des enfants. Ce n'est pas la première étude qui pointe du doigt les risques de la toxicité de l'air pour les enfants. "Il y a de plus en plus de preuves qui montrent qu'il existe un lien entre l'exposition à l'air toxique et l'insuffisance pondérale à la naissance, la réduction du développement pulmonaire et l'asthme chez les enfants", confirme Alastair Harper d'Unicef UK, cité par The Guardian. Les adultes de plus de 50 ans sont également plus à risque. Près de neuf décès sur dix attribuables à la pollution atmosphérique se sont produits dans cette catégorie de la population. "Le vieillissement de la population dans de nombreuses régions du monde est susceptible d'accroître le nombre de décès dans les années à venir", confirme O'Keefe. Selon les résultats du rapport, relayés par The Guardian, la pollution de l'air est responsable de 41% des décès dus à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), de 20% au diabète de type 2, de 21% au cancer du poumon, de 16% de maladie coronarienne et de 11% du aux accidents vasculaires cérébraux (AVC). Certains signes indiquent cependant que les mesures prises par les gouvernements donnent des résultats, notamment la réduction de certaines particules fines dans les pays développés. De manière générale, on observe une grande disparité entre les différentes régions du monde, les pays en voie de développement étant quatre à cinq fois plus exposés aux particules fines que les pays plus développés.