Au total, il y avait quatre médicaments dans la course pour traiter le virus Ebola. Deux d'entre eux, ZMapp utilisé lors de l'épidémie d'Ebola en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée, et Remdesivir, ne seront plus administrés aux patients. Ils seront désormais remplacés par deux nouveaux médicaments, REGN-EB3 et mAb114, qui s'avèrent beaucoup plus efficaces, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sur base d'études cliniques menées en République démocratique du Congo (RDC), où le virus est endémique.
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Au total, il y avait quatre médicaments dans la course pour traiter le virus Ebola. Deux d'entre eux, ZMapp utilisé lors de l'épidémie d'Ebola en Sierra Leone, au Libéria et en Guinée, et Remdesivir, ne seront plus administrés aux patients. Ils seront désormais remplacés par deux nouveaux médicaments, REGN-EB3 et mAb114, qui s'avèrent beaucoup plus efficaces, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), sur base d'études cliniques menées en République démocratique du Congo (RDC), où le virus est endémique.90% des patients qui sont traités avec l'un des deux médicaments à un stade précoce survivent à la maladie. Dans le cas de ZMapp, ce pourcentage était de 76% et dans le cas de Remdesivir, de 67%."Désormais, nous ne parlerons plus d'une maladie incurable", déclare le Pr Jean-Jacques Muyembe, Directeur général de l'Institut national de recherche biomédicale au Congo et codécouvreur d'Ebola en 1976, qui a mené les études cliniques. "Ces progrès vont sauver des milliers de vies."Depuis le 1er août 2018, l'est du Congo est confronté à la deuxième pire épidémie d'Ebola de l'histoire. L'épidémie a déjà fait 1900 victimes. 844 patients ont été déclarés guéris. Jusqu'à présent, l'épidémie s'est limitée à la province du Nord-Kivu (avec les villes de Beni et Goma) et sa présence est marginale dans la province d'Ituri. Deux autres cas ont été enregistrés en Ouganda voisin.L'un des plus grands obstacles dans la lutte contre l'épidémie d'Ebola en RDC est la réticence des patients à recevoir un traitement. "Il faut en moyenne quatre jours aux patients pour se rendre dans un centre de traitement", selon Michael Ryan de l'OMS. "Cela réduit considérablement leurs chances de survie et augmente les risques que le virus se propage aux membres de leur famille et dans leur environnement."L'une des raisons en est que les chances de survie ont jusqu'à présent été très faibles : 70% des personnes infectées en RDC sont décédées. Les gens pensent qu'un traitement n'a de toute façon pas de sens et restent à la maison pour y mourir, où ils restent contagieux après leur mort. "Si les gens voient que 90% des personnes traitées guérissent complètement, il y aura davantage de confiance", dit Muyembe.Les essais cliniques ont lieu depuis novembre sur quatre sites au Congo : Beni, Katwa, Butembo et Mangina. Il s'agissait des premiers tests aléatoires avec différents médicaments contre Ebola. Dans une prochaine phase, au cours d'une étude sur tous les patients congolais atteints d'Ebola, il s'agira de déterminer lequel des deux fonctionne le mieux dans des circonstances précises.Le fait qu'Ebola ne soit plus incurable ne signifie pas que le virus a disparu. Ebola ne quittera probablement jamais notre monde, mais cela rend la maladie plus contrôlable. Une épidémie comme celle de la RDC ne se transformera plus en état d'urgence d'importance internationale, comme ce fut le cas. En outre, la sensibilisation, la vaccination, la prévention et le suivi restent importants.