Les médicaments contre la douleur (Brufen, aspirine, Voltaren, Ibuprofen, ... ) que l'on trouve dans nombre d'armoires à pharmacie familiales sont sous le feu des critiques. Kétoprofène et ibuprofène, les deux médicaments anti-inflammatoires les plus vendus et administré parfois sans précaution en cas de fièvre avec maux de tête ou de gorge, pourraient ainsi favoriser des complications infectieuses graves, alertait récemment l'Agence du médicament. La prise massive d'Ibuprofène pourrait même entraîner des problèmes de fertilité chez les hommes.

Ces médicaments peuvent causer des effets secondaires tels des troubles gastriques et intestinaux s'ils sont utilisés pendant une longue période, mais aussi des démangeaisons, des nausées, de la somnolence, l'accumulation de liquide et des problèmes rénaux et hépatiques. De plus, il n'y a pas encore de certitude complète quant aux mécanismes d'action des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS). A faible dose toutefois, les effets secondaires sont minimes si le médicament est pris sur une courte période de temps.

Des chercheurs de la VUB estiment que l'offre d'anti-inflammatoire peut être améliorée. Ils ont reçu 1,7 millions d'euros pour développer au cours des quatre prochaines années des médicaments anti-inflammatoires alternatifs et novateurs. La VUB travaille en collaboration avec une équipe de scientifiques internationaux des universités de Genève et de La Corogne (Espagne), ainsi qu'avec la société espagnole ProtoQSAR SL, explique De Morgen.

Des médicaments contre l'inflammation du foie

Cette recherche peut compter sur un soutien européen important de la part de Future and Emerging Technologies (FET), un programme de recherche sur les nouveaux médicaments anti-inflammatoires. L'Union européenne alloue actuellement 3,5 millions d'euros à ce programme, dont plus de la moitié est destinée à Bruxelles.

Les scientifiques se concentreront principalement sur les médicaments contre l'inflammation du foie, du système cardiovasculaire et des articulations, détaille De Morgen. Les chercheurs espèrent que l'approche internationale et multidisciplinaire pourra mener à une percée. "D'ici quatre ans, nous espérons avoir fait des progrès significatifs et mis au point des anti-inflammatoires plus efficaces ", déclare dans le quotidien flamand le professeur Mathieu Vinken, pharmacien toxicologue à la VUB et chef de la recherche.

"Le développement de nouveaux médicaments est toujours utile et souhaitable", se félicite de son côté le toxicologue et professeur Jan Tytgat (KU Leuven). "On n'a découvert qu'après un certain temps que les aspirines, la génération précédente d'anti-inflammatoires, causaient des effets secondaires. Les AINS semblaient être une alternative sans effets secondaires, mais les gens commencent maintenant à s'en détourner. Des questions se posent parfois sur les mécanismes d'action lors d'une utilisation à long terme et à fortes doses. Il est donc important que nous continuions à regarder vers l'avenir, peut-être vers une toute nouvelle génération d'anti-inflammatoires", ajoute-t-il.