Le baromètre de l'Institut de santé publique Sciensano fait tous les 5 ans l'état de la santé mentale des Belges. On peut en retirer une bonne nouvelle : la Belgique fait partie des pays où la satisfaction de vie des habitants est élevée. "Avec un score de 7,4 sur une échelle allant jusqu'à 10, on se situe au-dessus de la moyenne européenne", commente Lydia Gisle, chercheuse chez Sciensano.

En termes de proportions, une personne sur cinq a déclaré être "très satisfaite" de sa vie en 2018. Les résultats de l'enquête montrent aussi des différences entre la Flandre et les régions wallonne et de Bruxelles-Capitale. En Flandre, 24,7 % se disent "très satisfaite" de leur vie actuelle, contre 21,7 % à Bruxelles et 17,6% en Wallonie.

Cependant, cette moyenne réjouissante cache des inégalités moins reluisantes. Ainsi, une marge non négligeable de la population - une personne sur huit - évalue son existence comme étant "peu satisfaisante". "Ce qui est triste", constate Lydia Gisle.

Une personne sur trois témoigne d'un mal-être psychologique. Les principales difficultés relevées par ces personnes sont de se sentir constamment tendues et stressées (29%), de manquer de sommeil à cause de soucis (23%), ainsi que de se sentir malheureuses et déprimées (20%).

A côté de cette valeur cognitive, le second indicateur de bien-être a une dimension plus physique et a trait à l'énergie vitale: seulement 14% des Belges atteignent le seuil d'énergie vitale optimal, soit l'énergie et l'enthousiasme qui nous animent au quotidien. Le score moyen de vitalité ainsi que la proportion de personnes ayant un niveau d'énergie optimal baissent de manière constante depuis ces 15 dernières années. Toutefois, on observe en Région flamande un déclin dans le temps du niveau d'énergie vitale, ce qui n'apparaît pas dans les Régions bruxelloise et wallonne.

Les femmes plus vulnérables

La satisfaction de vie, comme les autres indicateurs de bien-être subjectif d'ailleurs, est bien moins élevée parmi certains groupes cibles. Les femmes, et plus particulièrement celles dans la tranche d'âge 35-54 ans qui cumulent le stress de la vie familiale et de la vie professionnelle, les personnes d'âge actif (25-54 ans), et les personnes désavantagées sur le plan socio-économique sont les plus vulnérables. "La société actuelle est encore trop inégalitaire. On remarque que ce sont trop souvent les femmes qui prennent à bras le corps les charges du ménage ", pointe la chercheuse Lydia Gisle. "Ces catégories plus vulnérables de la population doivent être la cible d'une attention particulière de la part des autorités publiques", souligne-t-elle.

Les indicateurs de satisfaction de vie, d'énergie vitale et de bien-être psychologique sont plus favorables dans la tranche d'âge 65-74 ans. "Cela peut s'expliquer par le fait que les plus de 65 ans sont libérés de leur travail, ont une meilleure situation financière, leurs enfants ont quitté le nid et ils s'épanouissent avec des petits-enfants, On remarque alors que cela se dégrade passé 75 ans, quand des ennuis de santé surviennent", commente Lydia Gisle.

Les pressions socioéconomiques persistantes sont aussi des facteurs de risque reconnus pour la santé mentale des individus et des communautés, tout comme la pauvreté, les faibles niveaux d'instruction, le changement social rapide, les conditions de travail éprouvantes, les discriminations et l'exclusion sociale, la violence,... selon l'OMS.

Autre élément interpellant : alors que le niveau de bien-être psychologique affichait des valeurs moyennes stables (à 1,3) dans la population entre 2001 et 2008, il s'est quelque peu dégradé depuis que les effets de la crise économique se sont fait ressentir (1,7 en 2013 et 2018). Pour la psychologue de Sciensano, cet état de mal-être peut aussi découler d'une anxiété liée au réchauffement climatique, ce qu'on qualifie dans le jargon d'"éco-anxiété".

Crise économique et mal-être

Ainsi, environ une personne sur quatre présentait un certain degré de mal-être au cours de la première décade de 2000, pour environ une personne sur trois dans la seconde. "Entre 2008 et 2013, nous avons constaté un net déclin, peut-être en partie dû à la crise économique. Les incertitudes qui y sont liées, les licenciements secs, la dissolution du tissu social, l'individualisme pèsent sur le moral des Belges", commente la chercheuse de Sciensano. "Nous assistons actuellement à une stabilisation, ce qui signifie bien sûr que les problèmes ne se sont pas non plus améliorés pendant cette période ", ajoute-t-elle.

Par ailleurs, la baromètre de l'institut de recherche révèle que 11 % de la population souffre d'un trouble de l'anxiété. 9 % souffrent de dépression (en 2013, c'était encore 15 %) et 7 % sont atteints d'un trouble alimentaire. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, les troubles alimentaires font même deux fois plus de victimes.

Pour la première fois, l'institut a également analysé les troubles psychiques ressentis par les enfants et les jeunes de 2 à 18 ans. Les résultats montrent qu'un sur 10 manifeste l'une ou l'autre difficulté d'ordre psychologique ou comportemental qui mériterait un accompagnement professionnel. Parmi celles-ci, les problèmes de troubles déficitaires de l'attention et hyperactivité sont les plus courants (12%), suivis des troubles relationnels (11%) et émotionnels (10%). L'enquête de santé publique est effectuée tous les cinq ans sur base d'un échantillon fixé à 10.000 personnes.

C'est quoi le bien-être ?

Le bien-être est défini comme un sentiment global faisant la synthèse entre trois dimensions distinctes, mais reliées, des affects : la satisfaction de vie (ou le jugement cognitivo-évaluatif sur la manière dont on a accompli sa vie jusqu'à ce jour), la présence de sentiments positifs (bonheur, joie, amour, vitalité, énergie...) et l'absence d'émotions négatives (colère, tristesse, dépression, anxiété...) sur une période donnée.

Le baromètre de l'Institut de santé publique Sciensano fait tous les 5 ans l'état de la santé mentale des Belges. On peut en retirer une bonne nouvelle : la Belgique fait partie des pays où la satisfaction de vie des habitants est élevée. "Avec un score de 7,4 sur une échelle allant jusqu'à 10, on se situe au-dessus de la moyenne européenne", commente Lydia Gisle, chercheuse chez Sciensano. En termes de proportions, une personne sur cinq a déclaré être "très satisfaite" de sa vie en 2018. Les résultats de l'enquête montrent aussi des différences entre la Flandre et les régions wallonne et de Bruxelles-Capitale. En Flandre, 24,7 % se disent "très satisfaite" de leur vie actuelle, contre 21,7 % à Bruxelles et 17,6% en Wallonie.Cependant, cette moyenne réjouissante cache des inégalités moins reluisantes. Ainsi, une marge non négligeable de la population - une personne sur huit - évalue son existence comme étant "peu satisfaisante". "Ce qui est triste", constate Lydia Gisle. Une personne sur trois témoigne d'un mal-être psychologique. Les principales difficultés relevées par ces personnes sont de se sentir constamment tendues et stressées (29%), de manquer de sommeil à cause de soucis (23%), ainsi que de se sentir malheureuses et déprimées (20%). A côté de cette valeur cognitive, le second indicateur de bien-être a une dimension plus physique et a trait à l'énergie vitale: seulement 14% des Belges atteignent le seuil d'énergie vitale optimal, soit l'énergie et l'enthousiasme qui nous animent au quotidien. Le score moyen de vitalité ainsi que la proportion de personnes ayant un niveau d'énergie optimal baissent de manière constante depuis ces 15 dernières années. Toutefois, on observe en Région flamande un déclin dans le temps du niveau d'énergie vitale, ce qui n'apparaît pas dans les Régions bruxelloise et wallonne.La satisfaction de vie, comme les autres indicateurs de bien-être subjectif d'ailleurs, est bien moins élevée parmi certains groupes cibles. Les femmes, et plus particulièrement celles dans la tranche d'âge 35-54 ans qui cumulent le stress de la vie familiale et de la vie professionnelle, les personnes d'âge actif (25-54 ans), et les personnes désavantagées sur le plan socio-économique sont les plus vulnérables. "La société actuelle est encore trop inégalitaire. On remarque que ce sont trop souvent les femmes qui prennent à bras le corps les charges du ménage ", pointe la chercheuse Lydia Gisle. "Ces catégories plus vulnérables de la population doivent être la cible d'une attention particulière de la part des autorités publiques", souligne-t-elle. Les indicateurs de satisfaction de vie, d'énergie vitale et de bien-être psychologique sont plus favorables dans la tranche d'âge 65-74 ans. "Cela peut s'expliquer par le fait que les plus de 65 ans sont libérés de leur travail, ont une meilleure situation financière, leurs enfants ont quitté le nid et ils s'épanouissent avec des petits-enfants, On remarque alors que cela se dégrade passé 75 ans, quand des ennuis de santé surviennent", commente Lydia Gisle. Les pressions socioéconomiques persistantes sont aussi des facteurs de risque reconnus pour la santé mentale des individus et des communautés, tout comme la pauvreté, les faibles niveaux d'instruction, le changement social rapide, les conditions de travail éprouvantes, les discriminations et l'exclusion sociale, la violence,... selon l'OMS. Autre élément interpellant : alors que le niveau de bien-être psychologique affichait des valeurs moyennes stables (à 1,3) dans la population entre 2001 et 2008, il s'est quelque peu dégradé depuis que les effets de la crise économique se sont fait ressentir (1,7 en 2013 et 2018). Pour la psychologue de Sciensano, cet état de mal-être peut aussi découler d'une anxiété liée au réchauffement climatique, ce qu'on qualifie dans le jargon d'"éco-anxiété". Ainsi, environ une personne sur quatre présentait un certain degré de mal-être au cours de la première décade de 2000, pour environ une personne sur trois dans la seconde. "Entre 2008 et 2013, nous avons constaté un net déclin, peut-être en partie dû à la crise économique. Les incertitudes qui y sont liées, les licenciements secs, la dissolution du tissu social, l'individualisme pèsent sur le moral des Belges", commente la chercheuse de Sciensano. "Nous assistons actuellement à une stabilisation, ce qui signifie bien sûr que les problèmes ne se sont pas non plus améliorés pendant cette période ", ajoute-t-elle. Par ailleurs, la baromètre de l'institut de recherche révèle que 11 % de la population souffre d'un trouble de l'anxiété. 9 % souffrent de dépression (en 2013, c'était encore 15 %) et 7 % sont atteints d'un trouble alimentaire. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, les troubles alimentaires font même deux fois plus de victimes.Pour la première fois, l'institut a également analysé les troubles psychiques ressentis par les enfants et les jeunes de 2 à 18 ans. Les résultats montrent qu'un sur 10 manifeste l'une ou l'autre difficulté d'ordre psychologique ou comportemental qui mériterait un accompagnement professionnel. Parmi celles-ci, les problèmes de troubles déficitaires de l'attention et hyperactivité sont les plus courants (12%), suivis des troubles relationnels (11%) et émotionnels (10%). L'enquête de santé publique est effectuée tous les cinq ans sur base d'un échantillon fixé à 10.000 personnes.