Georgie Bruinvels est titulaire d'un doctorat sur l'impact des carences en fer et des cycles menstruels sur la performance sportive. Ses recherches récentes pourraient révolutionner la carrière des sportives professionnelles, tous sports confondus.
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Georgie Bruinvels est titulaire d'un doctorat sur l'impact des carences en fer et des cycles menstruels sur la performance sportive. Ses recherches récentes pourraient révolutionner la carrière des sportives professionnelles, tous sports confondus. Jusqu'il y a peu, les scientifiques spécialisés en sport appliquaient simplement les recherches qu'ils avaient faites sur les athlètes masculins aux athlètes féminins. Ce n'est que depuis les années 1990 que l'on "reconnaît que les femmes sont différentes". En 2014, les chercheurs ont examiné les études sportives publiées entre 2011 et 2013. En ce qui concerne la performance, ils ont constaté que seulement 3 % des participants étaient des femmes, révèle The Guardian.Dans le passé, les athlètes de haut niveau enduraient leurs menstruations, sans se plaindre, alors qu'en réalité, les fluctuations hormonales peuvent avoir des conséquences importantes, voire dramatiques sur les performances.Lire aussi : Les menstruations, l'un des derniers tabous chez les sportives "Les fluctuations hormonales peuvent affecter la biomécanique, la laxité des ligaments et les schémas de tir musculaire ", explique Georgie Bruinvels au Guardian. Elle donne un exemple très parlant : "la première moitié du cycle est particulièrement propice aux ruptures du ligament croisé du genou, blessure extrêmement redoutée, car très longue à réparer. Cela ne signifie pas que tout entraînement soit proscrit durant cette période, mais qu'un échauffement adapté et des temps de récupération plus longs semblent indispensables pour diminuer les risques."La chercheuse avance aussi que lors de cette première partie de cycle, le corps consomme davantage de glucides, alors que dans la deuxième moitié, il a tendance à brûler plus de graisses. " Une série de recherches montre que le travail sur la force physique est plus avantageux en début de cycle, période au cours de laquelle le corps s'adapte mieux et récupère plus efficacement", ajoute-t-elle. La doctorante a mis sa théorie en pratique en conseillant à chaque joueuse de l'équipe des États-Unis d'utiliser l'application qu'elle a développée (FitrCoach, qui n'est pas limitée aux sportives de haut niveau).afin de les aider à adapter leur entraînement et leur alimentation à leur cycle, plutôt qu'à le modifier. Même s'il est difficile d'évaluer précisément si cette méthode de suivi a vraiment aidé Megan Rapinoe et son équipe à remporter le titre de championnes du monde de football, leur victoire est sans aucun doute la meilleure des publicités pour la chercheuse américaine. Dans la foulée, la fédération britannique de tennis lui a demandé de superviser ses joueuses de Fed Cup. Le Times annonce qu'elle collaborera avec Judy Murray, coach et mère du tennisman Andy Murray. Le travail de Georgie Bruinvels constitue une avancée importante, mais elle n'est toutefois pas la première à s'intéresser à l'influence des fluctuations hormonales sur les performances sportives. La BBC rapportait dernièrement que les cycles menstruels des hockeyeuses britanniques avaient aussi été analysés lors de leur participation aux Jeux olympiques de Londres en 2012. Chaque joueuse devait envoyer un SMS au préparateur physique pour signaler le premier jour de son cycle et recevait par la suite un entraînement adapté. D'après Georgie Bruinvels, il reste encore du chemin à parcourir dans un milieu sportif dominé par des coachs masculins. Le nombre d'athlètes qui prennent en compte leur cycle pour optimaliser leur entraînement reste en effet très bas. Lire aussi :Comment calquer son alimentation sur son cycle menstruel pour s'alléger et gagner en énergie