Quand on pense aux effets secondaires de la pilule, la prise de poids est le premier qui nous vient en tête. Pourtant, la science a du mal à établir un véritable lien de cause à effet. En revanche, elle peut changer la forme du corps de manière surprenante, rapporte la BBC. La prise de poids est pourtant l'effet indésirable le plus souvent signalé lors de l'utilisation de la pilule dite combinée - celle qui contient deux hormones de synthèse, un oestrogène et un progestatif qui imitent les hormones féminines que sont l'oestradiol et la progestérone - c'est pourquoi les entreprises pharmaceutiques le mentionnent sur l'emballage. La plus grande métarecherche à ce jour, qui a examiné une cinquantaine d'études, révèle qu'on ne peut prouver "aucun effet évident". Il n'y cependant pas suffisamment d'études pour clamer avec certitude que ce lien n'existe pas.
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Quand on pense aux effets secondaires de la pilule, la prise de poids est le premier qui nous vient en tête. Pourtant, la science a du mal à établir un véritable lien de cause à effet. En revanche, elle peut changer la forme du corps de manière surprenante, rapporte la BBC. La prise de poids est pourtant l'effet indésirable le plus souvent signalé lors de l'utilisation de la pilule dite combinée - celle qui contient deux hormones de synthèse, un oestrogène et un progestatif qui imitent les hormones féminines que sont l'oestradiol et la progestérone - c'est pourquoi les entreprises pharmaceutiques le mentionnent sur l'emballage. La plus grande métarecherche à ce jour, qui a examiné une cinquantaine d'études, révèle qu'on ne peut prouver "aucun effet évident". Il n'y cependant pas suffisamment d'études pour clamer avec certitude que ce lien n'existe pas. Pour Maria Gallo, endocrinologue (Ohio State University) et coauteure de la recherche, notre conviction dans le lien pilule-poids relève d'un parti pris humain naturel. Pour elle, les gens sont des experts quand il s'agit de trouver des modèles, des rapports avec le monde qui nous entoure, même lorsqu'il n'y en a pas. C'est ce qu'on appelle "l'apophénie". Nous y sommes particulièrement sensibles si nous avons été préparés à attendre un certain résultat, comme le fait de prendre du poids en commençant un nouveau médicament. "C'est la même raison qui nous pousse à penser que les vaccins peuvent être à l'origine de problèmes de santé. Si vous les administrez à une population, vous allez avoir des gens qui ont des problèmes de santé, qu'ils soient liés ou non au vaccin", explique Maria Gallo. Elle fait remarquer qu'en moyenne une personne prend l'équivalent d'un demi-kilo chaque année, durant une grande partie de sa vie, et ce à partir de l'âge adulte. Or, c'est à ce moment que la plupart des femmes commencent à utiliser un mode de contraception. Mais si la prise de poids n'a pas précisément été prouvée, une chose est sûre : la pilule modifie la forme et la composition du corps de la femme. Et ce autour de trois axes : le muscle, la rétention d'eau et la graisse. Moins de gain musculaireEn 2009, le spécialiste de la physiologie sportive Steven Riechman (Texas A&M University) a découvert un impact surprenant de la pilule, lors de ses recherches sur la manière dont la constitution génétique peut affecter la capacité d'une personne à développer ses muscles via l'exercice. Lors de l'analyse des résultats, son équipe a découvert que les femmes qui prenaient la pilule avaient "gagné" 40% de muscles en moins que les autres. Un impact "assez important", selon Riechman. Les hommes ont naturellement plus de masse musculaire que les femmes, mais pas uniquement pour des raisons physiques. C'est également une question d'hormones. Les hommes ont davantage d'hormones "anaboliques", qui ordonnent au corps de faire travailler les muscles, notamment grâce à un stéroïde appelé DHEA. Quand les femmes sont sous pilule, leur niveau de DHEA diminue. Curieusement, ce taux faible de gain musculaire n'a pas été observé chez toutes les utilisatrices de pilule, uniquement celles avec un certain type de progestérone. La raison n'est pour l'instant pas déterminée. La pilule est également soupçonnée d'avoir des influences subtiles sur le stockage des graisses dans le corps. A la puberté, les hormones stéroïdiennes permettent le développement des caractéristiques physiques de la femme (élargissement des hanches, développement des seins...), principalement en modifiant la manière dont la graisse est distribuée dans le corps. Lorsqu'on augmente la quantité d'hormones, la graisse se répartit différemment, ce qui peut donner l'illusion d'une prise de poids. Une théorie confirmée par une étude récente : celles qui prennent une pilule avec un niveau d'oestrogènes élevé ont tendance à avoir une silhouette davantage en forme de "poire" et plus de graisse sous-cutanée, mais pas plus de graisse en général. Il y a également une autre conséquence que craignent les femmes qui prennent la pilule : le ballonnement. Cette sensation de gonflement se produit car l'oestrogène affecte la manière dont le corps métabolise l'eau. L'hormone influence la production de certaines protéines dans les reins. Résultat : le corps retient plus de liquides qu'il ne devrait. Ils s'infiltrent dans les cellules adipeuses et les font gonfler. Comme les femmes en stockent davantage dans les seins, les hanches et les cuisses, ces zones sont souvent celles qui s'étendent le plus. Ce phénomène touche également les femmes qui ne prennent pas la pilule, lors de la semaine précédant leurs règles, mais il est accentué par la prise de la pilule. La rétention d'eau peut également expliquer le fait que certaines femmes affirment gagner une taille de bonnet en prenant la pilule. Mais très peu d'études se sont consacrées à cet effet en particulier, puisque les scientifiques se préoccupent davantage des risques du cancer du sein que la taille de ces derniers.