Une étude conduite par des scientifiques d'Harvard révèle que les cigarettes électroniques et les e-liquides étaient contaminés par des bactéries et des toxines fongiques et pouvaient provoquer des infections pulmonaires et de l'asthme.

Les scientifiques ont basé leurs études sur 75 marques de produits pour cigarettes électroniques. Ils ont découvert qu'un quart des produits étudiés contenait des traces de bactéries et que quatre produits sur cinq étaient contaminés par des champignons. L'étude comprenait à la fois des produits scellés et rechargeables.

Les scientifiques ont cherché des composantes chimiques qui pourraient provoquer des effets négatifs dans les poumons comme l'asthme, dont les endotoxines issues du virus de l'E coli et les Beta-D-glucanes présents dans la paroi des champignons invasifs. Les résultats suivants sont ressortis de l'étude : 17 produits parmi les 75 analysés présentent des traces d'endotoxine et 61 d'entre eux de glucane.

Des études ont démontré que ce genre de bactéries pouvaient causer "des maladies respiratoires chroniques" explique le professeur David Christiani, auteur et généticien à The Sun.

"La découverte de ces toxines dans les produits pour cigarettes électroniques alimente encore les inquiétudes face aux potentiels effets secondaires sur la respiration des utilisateurs."

Publiées dans la revue scientifique Environmental Health Perspectives, ces découvertes font surface après que des académiciens ont souligné que les autorités sanitaires britanniques ne prenaient les risques potentiels liés à l'utilisation du vapoteur comme substitut à la cigarette pour arrêter de fumer.

Les cigarettes électroniques sont moins dangereuses que les cigarettes, car elles ne contiennent pas de tabac, responsable du cancer. En revanche, elles contiennent de la nicotine.

Cette semaine, le professeur Martin McKee a signalé que les cigarettes électroniques n'existaient pas depuis assez longtemps que pour en juger la dangerosité et l'impact.

De nombreuses études conduites sur des animaux et des humains indiquent que les additifs et arômes utilisés pour créer la vapeur avaient des effets négatifs à long terme.

Une étude menée par l'université de Birmingham révèle que la vapeur condensée pouvait avoir un impact sur la capacité du système immunitaire à purifier les poumons.

Si ces vapeurs entraînent avec elles des organismes potentiellement dangereux, les effets ne seraient pas sans conséquence. En effet, ils pourraient accroître la résistance aux antibiotiques et aux traitements antifongiques.

Les contaminants bactériologiques se retrouvaient plus souvent dans le tabac et les arômes mentholés tandis que les glucanes étaient plus présents dans les arômes fruités et les cartouches de rechargement. Cela suppose des différences dans la fabrication de ces composantes.

Les auteurs affirment que ces découvertes devraient être prises en compte lorsque de nouvelles lois sont promulguées. Cependant, des experts indépendants jugent que ces résultats doivent au préalable, être testés dans des conditions réelles.

Dr Penny Woods, directrice générale de la British Lung Foundation qualifie les résultats "d'intéressants", mais préliminaires. Elle ajoute que le Royaume-Uni a des lois différentes et plus strictes sur la cigarette électronique que le marché américain.

"Nous devons continuer à renforcer notre connaissance sur les effets à long terme de la cigarette électronique. Néanmoins, nous savons déjà que le vapotage est 20 fois moins dangereux que la cigarette", conclut-elle.

Thomas Bagnoli