Les centres de données constituent l'épine dorsale de l'Internet. Face à l'explosion de la demande de stockage de data émanant de l'industrie, mais aussi pour permettre l'essor des objets intelligents connectés au Web, Microsoft a inventé et testé in situ un centre de données sous-marin. Alors qu'il vient d'être sorti de l'eau après plus d'un an d'immersion, les premières conclusions de l'expérience Natick sont encourageantes: plus écologique que les datacenters construits sur le sol des régions polaires, la version sous-marine est aussi plus fiable sur le...

Les centres de données constituent l'épine dorsale de l'Internet. Face à l'explosion de la demande de stockage de data émanant de l'industrie, mais aussi pour permettre l'essor des objets intelligents connectés au Web, Microsoft a inventé et testé in situ un centre de données sous-marin. Alors qu'il vient d'être sorti de l'eau après plus d'un an d'immersion, les premières conclusions de l'expérience Natick sont encourageantes: plus écologique que les datacenters construits sur le sol des régions polaires, la version sous-marine est aussi plus fiable sur le plan technique. Plus de 20% de la population mondiale vit à moins de 30 kilomètres des côtes. Et plus de 50% à moins de 100 . D'ici à 2035, selon les projections démographiques, 75% de la population mondiale résidera à moins de 150 kilomètres d'un rivage. Face à ce constat, Microsoft a nourri l'idée d'immerger de petits centres de données au large des villes côtières. La distance à parcourir par les données pour y être utilisées étant ainsi raccourcie par rapport au système de gros centres de données terrestres centralisés, l'opérateur estime pouvoir fournir des flux de données, de la navigation Web, des vidéos et des services de jeu plus rapides et plus fluides. Pour tester l'idée, un prototype sous-marin de douze mètres de long a été construit. Et immergé au printemps 2018, avec ses douze racks contenant 864 serveurs pour un total de 27,6 pétaoctets de stockage, au large des Orcades, îles écossaises. Déposé sur le plancher continental, à trente-cinq mètres de profondeur, la température environnante était, en moyenne, comprise entre 8 et 13°C. De quoi refroidir facilement et gratuitement le datacenter, en faisant circuler l'eau de mer directement à travers les radiateurs situés à l'arrière de chacun des racks et en la rejetant ensuite dans l'océan. Cette technique permet de faire chuter son coût global par rapport aux datacenters installés sur la terre ferme. Et de préserver les ressources en eau douce. Quid de son impact environnemental? L'excédent de chaleur se dissiperait dans les courants environnants. Autre avantage, le centre de données immergé se détériore moins vite. Le prototype n'a présenté que 12% du taux habituel de défaillance d'un centre de données terrestre. Par ailleurs, il a fonctionné sans problème, malgré leur inconstance, à 100% avec des énergies renouvelables produites localement. Eolien, solaire, mais aussi énergie tirée des vagues et des marées, procédé en cours de développement au Centre européen de l'énergie marine, lequel a hébergé une partie du projet Natick. De quoi faire naître, chez les responsables de ce dernier, des idées de collaboration étroite entre les futurs datacenters sous-marins, qu'ils souhaitent disséminer de par le monde, et des parcs éoliens off-shore environnants.