Son concepteur, le bureau de design américain Olson Kunding, a en effet développé un générateur hydrosolaire. L'invention combine des panneaux photovoltaïques se gorgeant du déluge de soleil frappant l'île méridionale avec une ingénieuse batterie hydroélectrique. Résultat ? Une production de 1 000 MWh d'électricité par an. De quoi permettre d'alimenter en courant vert quelque 200 maisons de la commune de St Kilda, sise en bordure de la baie de Port Phillip, au sud de Melbourne. Et ce, 24 heures sur 24.

En front de mer, une immense voile solaire incurvée, composée de pas moins de 5 400 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, s'expose aux rayons. Une fois produite, l'électricité solaire file dans le réseau pour alimenter les foyers. Le surplus d'énergie est utilisé pour pomper l'eau de la baie et la hisser dans un réservoir suspendu. Durant la nuit, une quantité d'eau correspondant aux besoins ponctuels est libérée du réservoir suspendu. En tombant, elle entraîne des turbines qui produisent de l'électricité. Et la boucle est bouclée. Selon les concepteurs, cette solution devrait répondre au sempiternel problème de stockage de l'électricité... sans avoir recours à de polluantes batteries chimiques.

Night & Day est bien plus qu'un projet de centrale électrique verte. Ses promoteurs ont été mis au défi de créer un centre de production d'énergie alliant efficacité et esthétisme, à construire au coeur d'une ville et non pas relégué dans ses bas quartiers. C'est ainsi qu'une passerelle pour piétons en front de mer et des salles didactiques d'exposition publique sont insérées dans la centrale. " C'est une centrale électrique où vous pouvez emmener votre famille pique-niquer. Le projet montre comment la beauté et l'énergie propre peuvent s'unir pour créer une infrastructure durable et résiliente de la ville du futur. Ce genre d'oeuvre d'art est un repère culturel pour la grande transition énergétique qui va être menée. Cela permettra de se souvenir de cette période importante de l'histoire de l'humanité ", expliquent Elizabeth Monoian et Robert Ferry, cofondateurs de Lagi (pour Land Art Generator). Il s'agit d'une plateforme mondiale dédiée aux artistes et architectes collaborant avec des ingénieurs et des scientifiques. Et ce afin de proposer des infrastructures d'énergie durable qui valorisent la ville en tant qu'oeuvres d'art public tout en électrifiant proprement des milliers de foyers.

Par Laetitia Theunis.