Ils viennent de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan, de Guinée ou du Burundi, de ces zones où les conflits font encore rage. Ils ont tout quitté et ont souvent payé très cher leur traversée. Ils ont en moyenne 35 ans et arrivent débordant d'espoir, en quête de résilience. Confrontés aux méandres de l'administration belge dès leur sortie du centre d'accueil, ils sont régulièrement orientés vers la plateforme d'insertion des réfugiés Convivial. Celle-ci les accompagnera tout au long de leur parcours, depuis leur installation autonome dans un logement jusqu'aux premiers pas vers l'insertion sociale et professionnelle. Certains de ces réfugiés reconnus, bénéficiaires de la protection subsidiaire et demandeurs d'asile ne recourront aux services de l'association qu'une seule fois, d'autres seront épaulés pendant deux ans.
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Ils viennent de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan, de Guinée ou du Burundi, de ces zones où les conflits font encore rage. Ils ont tout quitté et ont souvent payé très cher leur traversée. Ils ont en moyenne 35 ans et arrivent débordant d'espoir, en quête de résilience. Confrontés aux méandres de l'administration belge dès leur sortie du centre d'accueil, ils sont régulièrement orientés vers la plateforme d'insertion des réfugiés Convivial. Celle-ci les accompagnera tout au long de leur parcours, depuis leur installation autonome dans un logement jusqu'aux premiers pas vers l'insertion sociale et professionnelle. Certains de ces réfugiés reconnus, bénéficiaires de la protection subsidiaire et demandeurs d'asile ne recourront aux services de l'association qu'une seule fois, d'autres seront épaulés pendant deux ans. A l'initiative de ce projet, lancé en 1996, la Belge Marie-Noëlle de Schoutheete et Florida Mukeshimana, réfugiée rwandaise. La première a aidé la seconde à reprendre pied lorsqu'elle a été contrainte de fuir son pays pour débarquer en Belgique. Plus tard, toutes deux ont voulu offrir le même tremplin à celles et ceux qui vivent une situation similaire. Aujourd'hui, Convivial rassemble quelque quatre-vingts travailleurs, employés, volontaires ou personnes sous contrat article 60, mises à disposition par leur CPAS pour une durée de 12 à 24 mois. Elle est active sur de nombreux fronts. Ainsi, un assistant social, qui sera son référent, dresse avec le réfugié un bilan de ses difficultés et besoins, administratifs ou juridiques. Les entretiens se font en présence d'un interprète, souvent exilé lui aussi, principalement en arabe, anglais, français, espagnol mais également en dari ou en pashto, parlés en Afghanistan et au Pakistan. " Nous commençons par instaurer, ou recréer, la confiance en leur permettant de raconter leur histoire. On leur fait comprendre qu'ils sont maintenant légitimes en Belgique et que nous allons les aider ", explique le directeur de la plateforme, Bruno Gilain. Il s'agit d'abord de leur assurer une sécurité matérielle en leur facilitant l'accès aux droits sociaux pour qu'ils bénéficient d'un revenu et puissent, dès lors, acquérir un logement. " Leur volonté est clairement de trouver un travail pour être autonomes. Ensuite, très vite, le regroupement familial devient crucial. Une fois que tout cela est en place, on peut commencer à envisager et construire l'avenir. " Après le volet social, c'est au département logement d'intervenir, en accompagnant le réfugié dans sa recherche d'un pied-à-terre - éventuellement transitoire - à loyer raisonnable et en l'aidant, si nécessaire, à rassurer les propriétaires frileux. Convivial est d'ailleurs toujours à la recherche de personnes, solidaires et généreuses, qui acceptent de donner une chance à ces accidentés de la vie en leur louant leur bien. Parce que le revenu d'intégration met parfois quelques mois à arriver, une aide matérielle en nature peut être mise à disposition : mobilier, vêtements, vaisselle ou colis alimentaires récoltés auprès de donateurs. Etape suivante : aider le réfugié à penser son avenir en Belgique. Pour cela, priorité à l'apprentissage du français. Viendra ensuite le moment d'assimiler le fonctionnement complexe du pays, via des cours de citoyenneté. Parallèlement, en collaboration avec Actiris (l'office régional bruxellois de l'emploi) ou un de ses partenaires, dont l'association spécialisée dans le mentoring interculturel Duo for a Job, un projet professionnel est défini - recherche d'emploi, reprise des études ou d'une formation... Les intéressés seront également aiguillés dans leurs démarches d'obtention d'équivalence de diplômes. Reste que " les demandeurs d'asile et réfugiés sont bien souvent confrontés à des préjugés découlant d'une méconnaissance des motifs de leur arrivée en Belgique ", explique Pauline Wautié. Lors de séances d'information destinées au voisinage, elle invite chacun à s'interroger sur la répartition des migrants dans le monde, les raisons qui les poussent à abandonner leur pays, les difficultés rencontrées lors de la fuite ou à leur arrivée, ainsi qu'à leurs besoins une fois leur statut obtenu. " A travers le projet "voisins solidaires", on essaie de créer du lien. Idéalement, chacun devrait pouvoir échanger avec l'autre, partager les richesses de sa culture ou la cuisine de son pays. C'est essentiel pour une bonne intégration. " Les objectifs du directeur, Bruno Gilain, sont clairs : " Garder "l'âme Convivial" tout en déployant un service global et sur mesure dans un contexte politique qui évolue. Ce sera notamment le cas avec l'ouverture imminente d'un Bapa (bureau d'accueil pour primo-arrivant) au sein de notre structure. Nous entendons par ailleurs motiver davantage le monde des entreprises à engager des personnes aux trajectoires différentes mais qui pourraient se révéler parfaitement adaptées à leurs besoins, et développer notre soutien aux travailleurs sous contrat article 60 qui passent par chez nous. Enfin, nous allons bien sûr continuer à déployer notre réseau de partenaires et faire vivre les liens entre citoyens et primo-arrivants. " Par Cilou De Bruyn.