Quand l'espace épouse l'océan, sous les auspices de l'UCI (Université de Californie, à Irvine), cela ne donne pas naissance à une étoile de mer, mais à un supertextile qui tient à la fois du céphalopode et des couvertures de survie, créées en 1964 par la Nasa dans le cadre de ses missions spatiales. Ultrafines (pas plus de treize micromètres - un micromètre est un millionième de mètre, soit un millième de millimètre ), imputrescibles, imperméables, ces couvertures étaient déjà plutôt géniales, protégeant du vent et de l'hypothermie.
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Quand l'espace épouse l'océan, sous les auspices de l'UCI (Université de Californie, à Irvine), cela ne donne pas naissance à une étoile de mer, mais à un supertextile qui tient à la fois du céphalopode et des couvertures de survie, créées en 1964 par la Nasa dans le cadre de ses missions spatiales. Ultrafines (pas plus de treize micromètres - un micromètre est un millionième de mètre, soit un millième de millimètre ), imputrescibles, imperméables, ces couvertures étaient déjà plutôt géniales, protégeant du vent et de l'hypothermie. Voilà que l'UCI vient d'en imaginer une version incomparablement plus sophistiquée, en s'inspirant des cellules dermiques des poulpes et des calmars. Des cellules dynamiques, mobiles, capables de se réorganiser, afin que la température du corps de l'animal ne varie pas, quel que soit l'environnement qu'il traverse. A l'instar d'une peau de calmar, cette tenue vestimentaire bio-inspirée sera donc un climatiseur personnel qui, de surcroît, pourrait faire baisser de 30 à 40 % l'usage de la clim. Cool et écolo. Trop froid ? Le vêtement vous réchauffe. Trop chaud ? Hop : malgré les 35 °C ambiants, votre tenue vous offre un 19 °C sans se froisser. Enfin si. Un peu. C'est d'ailleurs là le souci du prototype : ce textile est crissant et ressemble... à une couverture de survie argentée. Niveau confort tactile et esthétique, il reste encore un peu de boulot à l'équipe d'Erica Leung, ingénieure en chimie biomoléculaire. N'empêche : ce textile a déjà une foultitude d'applications possibles, dans la construction, en tant qu'isolant dynamique, les loisirs, l'armée ou les situations sociales de crise, en procurant des tentes climatisées aux réfugiés, soldats, campeurs ou aux sans-abri... A deux pas de l'UCI, une autre équipe universitaire planche, elle aussi, sur un textile climatiseur assez bluffant. A Stanford, on a choisi de s'attaquer aux radiations infrarouges, en alliant nanotechnologie, optique et chimie. Il s'agit ici d'un textile favorisant tantôt la diffusion, tantôt la capture des radiations infrarouges émises par le corps, 40 à 60 % de la chaleur corporelle se diffusant sous forme d'ondes. Réchauffement climatique oblige, l'idée maîtresse est aujourd'hui de s'attaquer de front à la chaleur du corps humain, tout en permettant de faire des économies d'énergie en y allant plus mollo sur la clim. Pendant ce temps-là, Sony invente tranquillement le tee-shirt avec climatiseur/chauffage incorporé, qu'il espère commercialiser dès l'année prochaine, au Japon. Sony l'assure : en quelques minutes, grâce à son Reon Pocket, la température corporelle passe de 36 °C à 23 °C. Mais ici, rien de révolutionnaire ou d'écologique : c'est un climatiseur réversible miniature, relié par Bluetooth à une application.