1. Le train-planeur supersonique

Volet le plus spectaculaire de l'édition 2019, l'Hyperloop des Espagnols de Zeleros a été salué par l'EIT Public Award. Ce train supersonique dépasse (théoriquement) les 1 200 km/h. Il circule dans des tubes sous vide partiel : des tuyaux géants qui réduisent de 1 000 fois la friction des capsules et donc leur consommation d'énergie. Mû par un moteur électrique linéaire externe, le pod passager - et fret - flotte, lui, légèrement au-dessus du sol. Soit via de l'air (comme une table d'Air Hockey), soit grâce à des aimants. Déjà utilisée pour faire " planer " sur des rails le Maglev, qui relie la périphérie de Shanghai à son aéroport, cette dernière technologie remporte les suffrages.

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" Nos consommations sont dix fois moins élevées que celles de l'avion et elles pourraient éviter annuellement 30 millions de tonnes de CO2 au niveau européen, s'enthousiasme David Pistoni, cofondateur de Zeleros. De Barcelone à Paris, un trajet prendrait 1 h 20. En comptant la phase progressive d'accélération, on arrive à un voyage effectué à 700 km/h en moyenne. L'accélération n'est pas un problème si elle se fait en vingt minutes plutôt qu'en deux. "

Dix entreprises sont aujourd'hui en lice dans la course à l'Hyperloop. Ces projets encore en phase expérimentale découlent tous de l'Hyperloop Alpha, le projet de recherche industrielle open source proposé par le célèbre entrepreneur-inventeur américain Elon Musk en 2013. De plus, l'arrivée de Virgin Hyperloop One, il y a deux ans, a insufflé une dose de crédibilité et d'expérience au secteur. Forte d'un savoir-faire dans l'industrie des transports aériens, la société du Britannique Richard Branson devenait alors la première compagnie à réaliser un test grandeur nature à Las Vegas. Depuis, la course aux essais et aux projets fait rage.

" Trois défis attendent l'Hyperloop, conclut David Pistoni. Un : comme dans le secteur aéronautique, la technologie - notamment le système de vide du tube - doit offrir une sécurité accrue. Vu qu'il y a moins d'air dans les conduits, il faut un bon système de refroidissement. Nous pouvons résoudre ces problèmes. Deux : le financement, en particulier pour la phase finale du projet, qui exigera une large infrastructure. Trois : l'acceptation politique et sociale du projet. Il faut savoir expliquer au plus grand nombre pourquoi ce sera meilleur pour la planète. "

2. Le récupérateur d'énergie par les vagues

Au même titre que le vent ou les rayons du soleil, le mouvement de la houle (les vagues) peut être utilisé pour créer de l'énergie. Financé à hauteur de 16,5 millions d'euros, CorPower Ocean figure parmi les 30 acteurs lancés dans le créneau. La start-up suédoise - en plein essor - a décroché l'EIT Venture Award pour son flotteur géant récupérant la propagation de la houle pour produire de l'électricité. Face au photovoltaïque et à l'éolien, cette technologie offre l'avantage de ne pas être dépendante des conditions climatiques et d'un effet d'intermittence. " Nous avons développé et breveté la Wave Spring Technology, qui calque les battements du coeur humain, expose Matthew Dickson, Technical Project Manager de CorPower Ocean. Elle amplifie d'abord le mouvement capté par la vague. Si la vague est trop grosse, le mécanisme s'éteint pour éviter de mettre en danger l'intégrité de sa structure. C'est une sécurité un peu comparable aux éoliennes dont les pales oscillent et s'arrêtent en cas de grand vent. " Et la start-up de souligner que ses flotteurs ont survécu à des vagues de onze mètres durant trois hivers d'affilée en Ecosse...

Des flotteurs géants pour transformer la houle en électricité. © DR

3. Le système d'irrigation agricole intelligent

La gestion intelligente de l'énergie (et de nos ressources naturelles) est un autre thème porteur. Cofondée par la Portugaise Sara Guimarães Gonçalves, la start-up Rigger a obtenu l'EIT Woman Award, qui promeut le rôle des femmes dans le domaine des technologies émergentes. Trigger.Systems, le système d'irrigation intelligent que la jeune agronome a mis au point, a permis, l'an passé, d'économiser 146 000 mètres cubes d'eau dans une commune portugaise. Dédié aux jardins, aux fermes et à l'agriculture, ce dispositif utilise des modèles mathématiques basés sur les prévisions météo et l'état des plantes. Arroser via cette technique de précision permettrait d'épargner jusqu'à 40 % des ressources agricoles en eau de notre planète.

4. Le modèle thermique ultraprécis

L'accent est mis aussi sur la réduction de la consommation d'énergie. A cet effet, la start-up allemande LeafTech conçoit un " double digital " de l'immeuble étudié pour engendrer son modèle thermique. En alimentant ce modèle avec, entre autres, des informations météorologiques, des données sur les habitudes de consommation et les dernières découvertes en matière d'économie, elle anticipe les besoins futurs en énergie et en confort. Ce projet a reçu, via son concepteur Michael Dittel, l'EIT Change Award, qui récompense en outre le meilleur diplômé d'un programme d'éducation de l'EIT Climate-KIC.

5. La pompe à insuline intelligente pour enfants

Déjà présente sur le marché de la santé avec DBLG1, une pompe à insuline intelligente, l'entreprise française Diabeloop s'est vu attribuer l'EIT Innovators Award pour D4kids : un dispositif automatisé de gestion du diabète de type 1 destiné à aider les enfants à profiter pleinement de la vie tout en facilitant la gestion de la maladie par les familles et le personnel soignant. Entre le capteur de glucose (un CGM) et la pompe à insuline placés sur le corps, un smartphone off line et totalement modifié abrite un algorithme calculant les doses à injecter. " D4kids propose une interface développée avec et pour des enfants en collaboration avec l'hôpital universitaire de Louvain avec qui nous allons faire des essais cliniques, déclare Marc Julien, cofondateur de Diabeloop. On a ajusté des programmes de repas et d'activités, sans oublier l'aspect physiologique, et on a ajouté une plateforme de surveillance en temps réel pour les parents. Le système sert aussi d'alarme. "

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