Tu quoque mi fili... Il y a du Brutus et du brutal chez Emmerson Mnangagwa, metteur en scène et probable bénéficiaire de la laborieuse éviction du satrape zimbabwéen Robert Mugabe, actée par sa démission forcée...

Tu quoque mi fili... Il y a du Brutus et du brutal chez Emmerson Mnangagwa, metteur en scène et probable bénéficiaire de la laborieuse éviction du satrape zimbabwéen Robert Mugabe, actée par sa démission forcée le mardi 21 novembre. Ecarté de la vice-présidence sur les instances de la First Lady, Grace, ivre de ses rêves de succession matrimoniale, il a trahi le lien filial tissé avec son mentor à l'époque de la lutte anticoloniale. Au jeu des métaphores animales, cet apparatchik de 75 ans s'apparente plus au " Crocodile " au cuir épais, surnom assumé, qu'au perdreau de l'année. Promu très tôt ministre de la Sécurité d'Etat, donc patron de la machine répressive, ce cador du renseignement jouera un rôle clé dans plus d'un épisode funeste : dès 1983, lors de l'écrasement de la rébellion des provinces du Matabeleland et des Midlands (20 000 tués) ; puis en 2008, lorsque " Comrade Bob ", vaincu dans les urnes, sauve son trône au prix de fraudes massives et d'intimidations sanglantes. Pour l'icône de l'élan démocratique, prière de repasser.