"Je garde en moi le souvenir du public, cette communauté qui avait été créée. Tout le monde partageait le même sentiment, celui de pouvoir vivre ensemble. Il y aura donc un 50e anniversaire de Woodstock et aussi, au même moment, un musical à Broadway. Et puis, j'ai acheté un bâtiment à Woodstock, on va y lancer une université du rock. " Aujourd'hui, on le sait, rien de tout cela n'est arrivé. Lorsqu'on rencontre la figure publique du festival, Michael Lang (1) en mai 2016 dans une boulangerie bio de Woodstock - deux heures de voiture au nord de Manhattan - il affiche pourtant une zenitude raccord au décor bobo. La petite ville de l'Etat de New York est entrée dans l'histoire en donnant son nom au célébrissime Woodstock Music and Art Fair, tout en l'annulant dans la dernière ligne droite. Obligeant le festival, qui gardera son appellation d'origine, tenu du 15 au 17 août 1969, à filer à Bethel, septante kilomètres au sud-ouest. Sur les terres de Max Yasgur, fermier républicain soutenant la guerre du Vietnam. Les astrologues amateurs y verront un alignement déjà borgne des planètes, l'incarnation ultime du rêve hippie, rameutant 450 000 personnes, ne respectant d'ailleurs aucun scénario. Pas plus celui d'une entrée payante - 120 à 160 dollars actuels - ...